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2014-12-27 | Readers 345 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

« Cela révèle un grand manque de notre part »


 « Cela révèle un grand manque de notre part »

L’Etat libanais, nouvellement constitué (son indépendance datant de 1943),  loua des notables du Sud-Liban une école appelée « ad-Dirâr » pour y ouvrir une école et diffuser un enseignement « public ». Nous étions jeunes alors et nous vîmes l’ouverture de cette école d’un mauvais œil. Nous décidâmes un jour, un groupe de jeunes et moi, de lancer des pierres sur cette école et de détruire les vitres des fenêtres.

C’est que cette école avait une histoire. Elle avait été construite par les notables locaux, au temps de l’occupation française, pour contrer l’initiative prise, en 1938-1939, par Sayyed ‘Abd-al-Hussein Sharafeddine (un grand savant de Jabal ‘Âmel au sud du Liban (1870-1957)) de fonder à Tyr (Sûr) une école primaire gratuite, l’école Ja‘fariyyah. (Cette école engloba par la suite les cycles complémentaire puis secondaire).  Car Sayyed était soucieux de développer le niveau intellectuel et social de la population du sud du Liban tout en préservant son identité religieuse.

Les notables, gênés par l’apparition d’une telle école malgré leur prétention du droit au savoir pour tous, ouvrirent une école en face, l’école « ad-Dirâr », espérant qu’elle allait entraîner la fermeture de celle de Sayyed ‘Abd-al-Hussein Sharaf-ed-Dine. En fait, ce fut la leur qui dut fermer et celle de Sayyed Sharafeddine se maintint. Mais quand Sayyed Sharaf-ed-Dine ouvrit une seconde école « az-Zahrâ’ », les notables locaux employèrent d’autres moyens et arrivèrent cette fois-ci à la fermer. Sayyed Sharafeddine tenta de la sauver en l’installant dans sa propre maison mais dut la fermer un an plus tard, faute d’autorisation officielle.

Et voilà qu’aujourd’hui, l’Etat libanais voulait rouvrir l’école « ad-Dirâr » !

Mais quand Sayyed Abd-al-Hussein Sharafeddine apprit ce que nous avions fait, il vint à nous après la prière et nous fit des reproches, nous disant que ce n’était pas juste de se comporter ainsi. Le lendemain, je me rendis chez lui, comme à mon habitude. Cependant, je n’osai pas entrer chez lui, restant à sa porte, tout craintif. Quand il me vit, il m’appela et me fit asseoir affectueusement à côté de lui. Il m’offrit même du thé et m’expliqua sa position : « La présence de telles écoles sera profitable dans l’avenir pour nos enfants. Les écoles existantes ne suffisent pas pour répondre aux besoins de toute la population. Aussi, devons-nous veiller sur ce qui existe parce qu’en fin de compte le résultat va revenir à la nation, tôt ou tard. »

Je lui demandai s’il ne craignait pas de voir les enfants recevoir une éducation différente, de voir une nouvelle génération de jeunes qui nous paraîtra étrangère.

Il me répondit en résumé : « Sur ce point, le problème ne vient pas d’eux mais de nous. Je considère que cela révèle un grand manque de notre part, pas un signe de leur force. »

Raconté par le fils de Sayyed ‘Abd-al-Hussein Sharafeddine

d’après Bughat ar-Râghibîna, vol.2  p144

www.lumieres-spirituelles.net     No17  - Shawwâl  1431 – Sept.-Oct. 2010


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