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2014-12-27 | Readers 672 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Kûkai Kôbô-Daïshi (774-835apJC)


Kûkai Kôbô-Daïshi  (774-835apJC)

Issu d’une famille prospère de l’île japonaise de Shikoku, le moine Kûkai Kôbô-Daïshi introduisit, au IXe siècle, le bouddhisme ésotérique au Japon et fonda l’école bouddhiste Shingon qui mêle plusieurs doctrines, philosophies, divinités, rituels religieux et techniques de méditations venant de sources très variées.

Kûkai Kôbô-Daïshi, naquit en 774apJC et se rendit à la capitale Kyoto, auprès de son oncle (un savant renommé, précepteur à la cour), à l'âge de 15 ans, pour étudier les belles lettres chinoises et les textes du Confucianisme. Mais tôt, il s'intéressa au Bouddhisme (il étudia les textes anciens de Nara) et quitta tout pour mener une vivre d’ascète aux sommets des montagnes ou dans des grottes au bord de l'océan et approfondir sa foi par la pratique religieuse.  

Il devint disciple du maître Gonzō qui l'initia au rituel de Gōmonji jusqu’au jour où il vit l'étoile de Vénus de l'aube descendre sur lui et entrer dans sa bouche, lui apportant l' « Illumination ». C’est alors (en 797) qu’il écrivit le « Sangō Shiiki », où il compare les mérites respectifs du Confucius, du Taoïsme et du Bouddhisme, tout en marquant une préférence pour ce dernier, étant plus apte à résoudre les problèmes de fond de la vie humaine et à faciliter l’accès à la Vérité éternelle par sa doctrine du karma et de la réincarnation.

Un jour, il fit un rêve l'invitant à se rendre au temple de Kumedera. Il y découvrit un texte (le Dainichi-kyô) qu’il n’arriva pas à comprendre. Aussi, après avoir été officiellement ordonné moine et pris le nom de « Kukaî » (« Océan de vacuité »), décida-t-il, en 804, d'aller en Chine, à Chang’an, ville réputée pour ses grands maîtres spirituels venus de tous les horizons. Il y apprit le sanscrit, se fit remarquer pour la beauté de ses calligraphies. En mai 805, il rencontra, Keika-Ajari (Huiguo), le disciple de Fūkū-Sanzō (Amoghavajra), le plus grand maître de l'ésotérisme chinois, qui l'initia aux cérémonies de consécration « Kanjō », lui donna en quelques mois tous ses enseignements et lui fournit les mandalas et les objets nécessaires à la pratique des rituels avant de mourir. Kûkai reçut le titre de Henjō-Kongō (« le diamant qui illumine tout »).  

En août 806, il retourna au Japon et quatre ans plus tard, sur ordre de l'empereur, il commença à diffuser son enseignement au temple de Takaosanji au Nord de Kyoto, fondant ainsi l’école Shingon qui a pour objectif d’« assurer la paix du pays par la prière, sauver tous les êtres en chassant les malheurs et en apportant les bonheurs, devenir Bouddha, dans cette vie, avec ce corps, ce qui signifie vivre dans la vérité ».

En 816, il put construire un monastère sur le mont Kôyasan, situé à 850 m d'altitude, entouré de huit montagnes, (évoquant pour lui le Royaume de la Matrice, le lotus à huit pétales où siège le Bouddha) pour les prières (Shingon)(1) et la méditation(2). En même temps, il ouvrit une école d'enseignement populaire en 828 près d’un des deux grands temples de la capitale Tōji, dont il reçut la charge 4 ans plus tard. Il fit de ce temple le siège du Shingon et le consacra à la protection spirituelle du pays.

Il mourut le le 21 Mars 835, à l’âge de soixante deux ans et reçut, en 921, le titre de Kōbō-Daishi, (« le Grand Instructeur qui a répandu la loi »). Son tombeau ainsi que son île natale sont jusqu’à maintenant des lieux de pèlerinage favoris des Japonais.

On lui attribue une activité sociale intense, des exploits vertueux (voire même des miracles) et une littérature considérable qui inspira toute la civilisation japonaise. Parmi ses œuvres :

1)Benkenmitsunikyo-ron (en (816) où il démontre la supériorité du  Bouddhisme ésotérique sur l’exotérique, par l'expérience de la méditation qu’il prône.

2)Sanbu sho « Les trois livres » qui comprend  le Sokushinjō- butsu-gui  (« Enseignement pour devenir Bouddha dans cette vie avec ce corps », impliquant l'intégration et non le rejet des différents aspects de l'existence mondaine ; le Shoji Jisso Gi  (« La signification du mot, du son et de la réalité ») ; le Unji Gi (« La signification ésotérique de la syllabe (Bija) « OM », la dernière lettre de l’alphabet sanscrit ») (819)

3)Joujoushin-ron ou Himitsu Mandala Jugu Shinron : « Les dix niveaux de développement de l’esprit », ou      « Les dix stades de la prise de conscience du mandala secret » ou « Révélations avec étonnement étape par étape » en 830. Dans cet ouvrage, Kûkai élargit sa compréhension des autres écoles et religions, considérant que toutes les philosophies spirituelles de l'Asie (du confucianisme à l' hindouisme) sont l'expression d'une prise de conscience religieuse de la réalité que symbolise le mandala, le rôle du bouddhisme ésotérisme (en tant que philosophie universelle), étant de révéler le fondement commun de l'expérience religieuse de toutes les écoles.

 

 (1)« les prières (ou shingon) symbolisent l’illumination intérieure des Bouddhas et dépassent la compréhension des hommes. Méditer profondément sur eux et les répéter sincèrement aident à dissiper l’ignorance en nous. Chaque mot d’un shingon contient une multitude de vérités grâce auxquelles nous pouvons devenir Bouddha dans cette vie avec ce corps ».

(2)Selon Kukai, la méditation est l'unification du corps méditant avec le mouvement de l'univers, avec les mains, la bouche et l'esprit.

 

 

L’école bouddhiste SHINGON

Appelée également « Bouddhisme ésotérique Shingon » ou « Mikkyô » (« enseignement secret » en japonais) a été fondée au début de la période  Heian au VIIIe siècle au Japon par le moine Kûkai Kôbô-Daïshi.  Se revendiquant de la tradition bouddhiste Mahâyana, elle mêle plusieurs doctrines, philosophies, divinités, rituels religieux, et des techniques de méditation venant de sources très variées dont Hindoues (voir les sutras fondamentaux du Shingon de Mahâvairocana (Dainichi-kyô en japonais) et de Vajrasekhara (Kongôchô-kyô en japonais) : « L'homme doit connaître son propre cœur tel qu'il est. Celui qui connaît l'origine de son propre cœur tel qu'il est, connaît le cœur des Bouddhas. Celui qui connaît le cœur des Bouddhas peut connaître le cœur de tous les êtres. Il peut connaître la Vérité de l'Univers et devenir un avec lui. Il peut devenir Bouddha dans cette vie avec ce corps. C'est l'état ou les trois sources du karma, du corps, de la parole, et de la pensée des hommes, deviennent un avec les Trois Mystères, du corps, de la parole, et du cœur du Bouddha. Si l'homme cherche la Sagesse du Bouddha, et maintient constamment sa pensée en lui, il peut réaliser rapidement l'état de Bouddha avec ce corps né de ses parents »).

www.lumieres-spirituelles.net     No19  - Dhû al-Hujjah  1431 – Nov.-Déc. 2010


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