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2014-12-27 | Readers 231 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Samarrâ’ encore et toujours


Samarrâ’ encore et toujours

Située à 125 km au nord de Bagdad, au bord du Tigre, la ville  de Samarrâ’ tient son nom de l’abréviation de l’arabe « sorra man ra’a » signifiant « se réjouit celui qui la voit ». Le calife-roi al-Mu‘tasem choisit cet endroit en  220h (~834 apJC) pour y construire un camp militaire fortifié pour y installer son armée forte de 70 000 soldats turcs, mal acceptés voire rejetés par les habitants de Bagdad. Cette caserne deviendra sa capitale l’année suivante. D’où le surnom donné aux deux Imams enterrés en cette ville : l’Imam Alî al-‘askarî(p) (le « militaire ») et l’Imam Hassan al-‘askarî(p), non pas parce que ces deux Imams étaient des militaires, mais parce qu’ils avaient été assignés à résidence dans cette ville qui était en fait une sorte de grande caserne militaire, majoritairement turque.

Ce fut le calife-roi al-Mutawakkil qui fit venir l’Imam ‘Alî al-Hâdî(p) à Samarrâ’ et l’y assigna en résidence vers l’année 233H (~848 apJC). L’Imam al-Hâdî(p) arriva avec son fils Hassan(p), alors nouveau-né qui vécut pratiquement toute sa vie à Samarrâ’.  Quand l’Imam ‘Alî al-Hâdî(p) tomba en martyr empoisonné par le calife-roi al-Mu’tazz en l’an 254H, une foule immense, en pleurs et en colère, marcha derrière sa dépouille. Voyant cela, le calife-roi prit peur et ordonna au cortège funéraire de faire demi-tour pour que la dépouille fût enterrée dans la maison de l’Imam(p). Quand son fils, l’Iman al-Hassan al-Askarî(p), tomba à son tour en martyr quelque six ans plus tard, assassiné par le calife-roi al-Mu‘tamid en l’an 260H,  il(p) fut enterré à côté de son père. Et cette partie de leur maison devint un mausolée visité par de très nombreux pèlerins venus par terre ou par le fleuve  malgré les pressions et la répression.

 En 944 apJC, un sanctuaire y fut construit. Il prit le nom de la « Mosquée d’or » pour ses 72 000 feuilles d’or qui recouvraient son immense coupole de 68m de haut et 20 m de diamètre ajoutée à l’édifice en 1905. En l’an 2006, une explosion détruisit cette fameuse coupole suivie d’une autre l’année suivante et jusqu’à maintenant la mosquée est en reconstruction. Heureusement, la coupole dorée au-dessus du sanctuaire est enfin revenue remplacer la coupole de béton entourée d’échafaudages qui resta de longues années. Scintillant de loin dans les rayons de soleil, elle semble déterminée à relever tous les défis !

En effet, alors que tous les autres sanctuaires connaissent un essor sans précédent en Irak, s’agrandissant sans cesse pour accueillir toujours plus de visiteurs, la mosquée de Samarrâ’ tarde à être reconstruite. Deux raisons principales sont mises en avant : des raisons de sécurité malgré le départ des soldats Américains, parce qu’elle est située dans une enclave hostile, et des raisons financières, les subventions promises de l’Union Européenne et de l’UNESCO tardant à venir. A moins qu’il n’y ait une troisième raison plus occulte, liée au fait que c’est là que l’Imam al-Mahdî(qa) résidait avant de disparaître il y a  quelque 1200 ans. Certains craindraient-ils sa réapparition au cas où le sanctuaire serait reconstruit ?

En attendant, les visiteurs, après avoir franchi un nombre incalculable de barrages militaires et de checkpoints, doivent prendre un long couloir entouré de parpaing en béton et entrecoupé de barrages et de fouilles, avant d’atteindre l’esplanade du sanctuaire. Ils ont tout  de même la satisfaction de voir quelques murs recouverts de milliers de facettes de miroir, effaçant les blessures encore présentes sur les murs. Et c’est avec émotion qu’ils peuvent maintenant réciter, le cœur meurtri, la ziyarat spécifique à chacun des Imams sur leurs saintes tombes reconstituées ou à l’une des six lucarnes ouvertes dans des panneaux en bois recouverts d’une draperie verte. Car, malgré toutes les difficultés, les dangers, l’isolement et l’environnement peu amical, les visiteurs continuent de visiter ce sanctuaire, se félicitent des quelques progrès qui apparaissent dans la reconstruction du sanctuaire ou qui peuvent être devinés derrière le faux plafond de la coupole côté intérieur d’où on peut entendre des ouvriers sculpter, incruster de petits miroirs, peigner. Ils contribuent, en fonction de leurs moyens à sa reconstruction, car ils ne peuvent oublier que ce sont grâce à ces lumières éclatantes(p) que la Lumière divine brille encore malgré toutes les tentatives des incroyants de l’éteindre et que le flambeau de la guidance dirige toujours les croyants vers la Vérité.

www.lumieres-spirituelles.net     No59  - Rabî’II 1435 –Février 2014

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