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2014-12-27 | Readers 233 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Dja Tchekhawa Yéshé Dordjé (1101-1175)


Dja Tchekhawa Yéshé Dordjé

(1101-1175) 

Dja Tchekhawa Yéshé Dordjé (1101-1175) Moine bouddhiste  de la lignée Kadampa, qui participa à l’enracine-ment du bouddhisme tibétain  au XIIe siècle. L’essence de son enseignement était  l’altruisme.

Dja Tchekhawa Yeshe Dordje naquit dans le sud du Tibet en 1101 dans une famille bouddhiste, au début de la véritable implantation du bouddhisme dans cette région. Les monastères y étaient rares et peu nombreux les maîtres spirituels. A l’âge de 16 ans, il ressentit un besoin ardent de fonder sa pratique spirituelle sur une discipline simple, sans aucune concession à la mondanité. Il partit sur les routes, en quête d’un maître répondant à ses exigences intérieures, à la rencontre de maîtres de la lignée Kadampa, les héritiers d’Atisha(1).

Il entendit un texte court qui fut pour lui fondateur de sa démarche, « Les huit stances de l’entraînement de l’esprit », rédigé par Langri Thangpa (1054-1123) dont un passage fit l’effet d’une véritable révélation : « Quand les autres, animés par la jalousie, me traiteront mal (…), je m’exercerai à prendre sur moi la défaite et à leur offrir la victoire. » Ces quelques mots, synthétisant une conduite entièrement altruiste, allant à rebours de la marche ordinaire du monde, résonnèrent profondément en lui. Il partit pour Lhassa dans l’espoir de rencontrer l’auteur  de ces phrases, Langri Thangpa.

Mais il arriva trop tard : le maître était déjà mort.  Il rencontra un de ses disciples directs Guéshé Sharawa (1070-1141) à qui il demanda d’emblée quelle utilité spirituelle pouvait avoir ce texte qui insistait tant sur le don de soi. Sharawa lui répondit sans détours : « Si tu acceptes le Bouddha [comme maître] comment arriver au but sans entrainer ton esprit et soutenir un tel point de vue ? »

Dja Tchékhawa avait 29 ans lors de leur rencontre et Sharawa  passa les 12 dernières années de sa vie à lui enseigner ces « huit stances », déclinant jour après jour chacun de leurs aspects. Notamment l’éthique qui induit le respect de soi-même et d’autrui et les grandes qualités qui, conduites à la perfection, sont autant de portes menant progressivement à l’Eveil intérieur (don, discipline, patience, persévérance, méditation et sagesse). Jamais cet enseignement n’avait été enseigné de façon aussi extensive et complète.

A la mort de son maître, Yéshé Dordjé continua ses pérégrinations et sa réputation s’étendit sur le haut plateau tibétain. Il composa quelques courts ouvrages pour ses disciples qui devenaient de plus en plus nombreux, comme « L’entraînement de l’esprit en sept points ». Cet ouvrage est une brève synthèse des transmissions de Sharawa en sept étapes que l’on peut résumer ainsi : une incitation à débuter par des pratiques préliminaires en vue d’asseoir la motivation ; puis une incitation à développer cette motivation, en associant son éveil spirituel à celui d’autrui et en l’intégrant dans la vie quotidienne ; la poursuite avec des moyens pour évaluer ses progrès ; un rappel des engagements pris lorsque l’on se consacre au bien d’autrui ; et pour clore, quelques derniers conseils complémentaires.

L’essence de son enseignement était que la motivation de tous les actes, qu’il s’agisse d’actions physiques, de paroles ou de pensées, devait être altruiste.

Il pratiquait en permanence un yoga simple  lui permettant d’appliquer au quotidien l’essence de son enseignement. Sa technique, « prendre et donner », consistait d’absorber la souffrance d’autrui à chaque inspiration, et de donner lumière, paix et soulagement à chaque expiration. On raconte qu’il guérit même des lépreux par cette pratique.

Il fit bâtir un modeste monastère à Tchékha, au nord-ouest de Lhassa et mourut dans la plus grande simplicité en 1175.

Son ultime chant mystique repris depuis par toutes les traditions bouddhistes du Tibet fut : « J’ai laissé derrière moi mon pays, mes proches et ma famille, j’ai développé la vertu libre de toute attache. Dans la demeure de mon maître, j’ai pratiqué les vertus de l’écoute, de la réflexion et de la méditation ; maintenant, bien que je meure, je n’ai aucun regret. Je n’ai pas vénéré mes proches comme des divinités, je me suis vêtu de haillons et suis resté à une place inférieure, je n’ai pas fait montre de déplaisir pour mes compagnons, je n’ai ni recherché la gloire, ni amassé de richesses ; maintenant, bien que je meure, je n’ai aucun regret. »

(1)Atisha (953-1054) était un maître indien qui raviva la transmission du bouddhisme sur le haut plateau tibétain. Il insistait sur une éthique solide et sur une motivation altruiste essentielle pour ouvrir le cœur à la réalité ultime de l’esprit. Il fut à l’origine de la lignée de maîtres à disciples de Kadampa.

www.lumieres-spirituelles.net     No59  - Rabî’II 1435 –Février 2014  


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