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2014-12-27 | Readers 272 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Mâ Ananda Moyî (1896-1982)


Ananda Moyî

(1896-1982)

Une mystique orientale hindoue contemporaine hors du commun ou un « avatar » pour les Hindouistes

Mâ Ananda Moyî, de son vrai nom Nirmalâ Sundari Devî, naquit le  30 avril 1896 à Kheora en Inde, (aujourd'hui au Bangladesh), dans une pauvre famille de vishnouites fervents (adorateurs de l’« Etre Suprême » Vishnou) et mourut le 27 août 1982. Ses proches l'avaient surnommée « Anandamayi » (toute joie).  Les habitants du village, hindous ou musulmans, comprirent qu'elle était sans exclusive présente à tous, à tout. Elle est considérée comme une des plus grandes saintes que l'Inde n’ait connue au XXe siècle et même comme un « avatar » (une incarnation de la divinité Vishnou selon les croyances hindoues) par les Hindouistes tant elle était prodigieuse.

Sa mère écrivait des poèmes mystiques et composait de la musique alors que son père avait été un ascète avant de fonder une famille. On la maria à l’âge de 12 ans à un certain Bholanâth. Sa famille et lui-même, impressionnés par l'état méditatif dans lequel pouvait entrer Nirmala, comprirent qu'ils avaient affaire à une mystique exceptionnelle. Bholanâth (le mari), dès lors, devint le premier disciple de sa femme.

De 1918 à 1923, elle décida de mener une vie d’ascète, « jouer le rôle d'une ascète » comme elle disait. Traditionnellement, l'ascète passe par un apprentissage des techniques spirituelles comme les mantras (formule sacrée) ou le yoga. Mais elle, sans les avoir appris, avait commencé à réciter les mantras et à prendre des postures de yoga en méditation. Le 3 août 1922, elle se donna à elle-même l’initiation. Cette auto-initiation fut suivie de phénomènes d'extases durant jusqu'à près de douze heures, pendant lesquels son corps devint froid comme de la glace, puis au sortir de son état de conscience supérieure (samadhi), tout son être parut submergé de joie. Elle ne ressentit plus la faim, le sommeil ou la douleur.

Dès ses vingt quatre ans, elle commença à se déplacer partout en Inde, attirant des foules de plus en plus denses. Elle n'a pas eu à proprement parlé de disciple, mais des foules de gens étaient emportés dans son tourbillon.

Au cours des années 1924-32, son état de constante exaltation spirituelle attirait sur elle toute l'attention publique. Pour toute formation scolaire, elle n’avait été à l'école primaire que durant deux ans. Elle n'avait « jamais acquis de connaissance des Écritures sacrées et aucune pratique spirituelle ne lui avait jamais été enseignée. » Cependant, elle semblait connaître toutes les voies. S'intéressant à des choses très humaines, elle en était cependant suprêmement détachée. Ce détachement allait de pair avec l'intérêt qu'elle manifestait pour toutes les entreprises humaines. Aucun aspect des affaires humaines ne lui était indifférent. Elle transformait les activités les plus banales en les auréolant de beauté.

Il est impossible de dire qui elle était ou ce qu'elle était, car on ne peut trouver nul autre exemple qui présenterait cette palette extraordinaire de traits caractéristiques. Sri Anandamayi Ma tint une place unique dans le milieu culturel de l’Inde contemporaine. Elle se considérait elle-même à la fois chrétienne, musulmane, hindoue, « tout ce que vous voudrez ».

Elle disait d'elle même : « Ce corps est une marionnette, il joue ce que vous lui faites jouer. Ce corps répond aussi au cri fervent de ceux qui ne l'ont jamais rencontré.. Qui suis-je ? S'il y avait la moindre conscience de moi, je pourrais dire qui je suis. Comme ce n'est pas le cas, vous pouvez choisir de dire ce que vous voulez. » Et elle précisait : « Où pourrait-il y avoir transmission de maître à élève ? Il n'y a pas de corps pour cela ; ni physique, ni autre que physique. Il est dit : « Il n'y a que l'un sans second ». Dans le « Soi », il ne peut y avoir de second. La notion de deux n'apparaît que dans les opérations mentales. En réalité « sans pieds Il marche, sans yeux Il voit ».

Mâ s'est offerte à quantités d'approches de « Dieu », l'approche « sans Dieu » ayant aussi sa place à ses yeux (en tant que néant). Ma ne préconisa pas une voie idéale pour atteindre un but donné d'avance. Elle encourageait chacun sur sa voie. Ultimement, elle dira : « Une direction donnée permet d'atteindre un but donné. Tout le reste par ailleurs est hors d'atteinte. Mais quand la différence s'évanouit entre ce qui s'atteint et ce qui est hors d'atteinte, alors cela se révèle ». En faisant tourner ses mains devant son visage, Ma répétait souvent : « Ja ho jahaye ! » (Que ce qui doit être soit !). Ma disait : « Le monde (Sangsara) est un cirque où le clown (Sang) joue pour servir la réalité essentielle (sara) ».  

Un jour Ma Anandamayi déclara : « Pour être accompli, ni le monde avec ses paires opposées, ni le corps n'existent. Sans monde peut-il y avoir un corps ? Qui dit que le corps existe ? Où est le nom ? Où est la forme ? Supposer que l'être accompli voit quoi que ce soit hors de lui est hors-sujet. A qui peut-il demander : «Donne... donne !» »?  « Le « Je veux » est précisé-ment ce qui nous fait choir dans la réalité du corps. De plus, sans monde, sans corps, il n'y a forcément aucune action. Soyons clairs ; après la réalisation de Cela, il n'y a pas de corps, pas de monde, pas d'action – pas la moindre amorce de corps, de monde, et d'action – il n'y a pas de «il n'y a pas»"... Utiliser les mots ou pas. Garder le silence ou pas. Tout revient au même. Tout est Cela ». 

 « C'est Lui, en vérité, qui se manifeste Lui-même dans toutes les humeurs et dans toutes les formes : qui que ce soit que vous puissiez haïr, vous ne haïssez que votre propre Seigneur. Il est dans l'univers entier, dans tous les modes d'être, dans toutes les formes. Tous les noms sont Ses noms, toutes les formes Ses formes, toutes les qualités Ses qualités et tous les modes d'existence en vérité sont Lui. »

 « La qualification d'être humain signifie aspirer à la réalisation de Dieu. La vocation de l'humain est de trouver Dieu. »

www.lumieres-spirituelles.net     No61  - Jamâdî II 1435 – Avril  2014


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