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2015-02-08 | Readers 285 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le jeune enfant et la connaissance de Dieu


Par [la Grâce de] Son  Nom

A l’occasion du jour anniversaire de la naissance de Sayyida Fâtima az-Zahrâ’(p), décrété « Jour mondial de la Femme » par l’imam Khomeynî(qs), la Revue Lumières Spirituelles publie deux pages spécifiques concernant la femme.

Le jeune enfant et la connaissance de Dieu

Interview avec docteur Ghada  Huballah(1) sur la question de l’enfant (en bas âge) et de sa connaissance de Dieu

1-Quand l’enfant commence-t-il à se poser des questions sur le Créateur, sur l’origine de la terre et des hommes ?

L’Enfant nait avec la foi en Dieu dans ce qu’on appelle la « fitra » ou la « nature fondamentale, première de l’être humain. Il commence par se poser des questions d’abord sur son entourage proche, ses parents, ses frères et sœurs puis petit à petit sur l'émergence de l'univers, son évolution. Malgré son raisonnement  limité, il est prêt à accepter l'idée d’un Créateur puisqu’il cherche à savoir d’où vient ce qui l’entoure, qui l’a créé. Donc, il pose des questions sur ce Créateur à ses  parents.

Il y a un propos rapporté des  Imams(p) qui divisent en trois périodes l’âge de l’enfant.  La première (l’objet de notre discussion) commence depuis la naissance de l’enfant jusqu'à la fin de ses sept ans (hégiriens, donc environ 6ans) : c'est l'étape de la construction psychologique de l’enfant sur laquelle les colonnes de la santé mentale, morale sont édifiées.

Les savants, qu'ils soient théologiens ou psychologues, insistent sur l’importance d’inculquer  des valeurs religieuses à l'enfant dès son jeune âge, car ces valeurs donnent espoir dans la vie et lui apprennent à compter sur Dieu ou plus précisément sur les raisons qu’il comprendra plus tard et qui peuvent tout changer.

Cela  exige des parents une attention particulière dans l'éducation des enfants pour  les préparer à être des agents actifs dans l'environnement social. 

2-Quand faut-il commencer à décrire Dieu à l’enfant et comment, en sachant que l’enfant a tendance à personnifier toute chose ? Y a-t-il des outils pédagogiques qui peuvent aider l’enfant à comprendre ces notions abstraites ?

A ce stade l’éducation doit être progressive et conforme à l'âge mental de l’enfant, à son degré de maturité linguistique et mentale.  

L’Imam Muhammad al-Baqer(p) dit, à ce sujet :  « Quand un enfant atteint  ses trois ans* faites lui dire sept fois : « Lâ ilâha illâ-llâh » (Il n’y a de divinité que Dieu);

-à ses trois ans et sept mois et vingt jours*, faites lui dire sept fois : « Muhammed rasûl-Allâhi » (Muhammed est le Messager de Dieu) ;

-à ses quatre ans*, faites lui dire sept fois « Sallâ Allâhu ‘alâ Muhammed wa ahl baytihi » (Dieu prie sur Muhammad et sur les gens de sa maison) ;

-à ses cinq ans*, faites lui reconnaitre sa droite de sa gauche puis dirigez son visage vers la Qibla et dites-lui dit : « Prosterne-toi » ;

-à ses sept ans*, dites-lui de laver son  visage et ses mains puis dites-lui de prier ;

neuf ans*, apprenez-lui les petites ablutions et entrainez-le à cela ; ordonnez-lui  de prier et entrainez-le à cela. S’il a appris à faire les petites ablutions et la prière, alors Dieu Tout-Puissant lui pardonne ainsi qu’à ses parents, avec la Volonté de Dieu. »  (cité in Man lâ yahduruhu al-faqîh de sh. Sadûq vol.1 p281 H863)

La  psychologie approuve cette approche qui convient à l’enfant dès ses 3 ans, car, à cet âge,  l'enfant apprend des mots et les assemble de manière cohérente. Il acquiert la possibilité d'exprimer sa compréhension sur beaucoup de choses. À la fin de sa troisième année,  il devient capable d'utiliser des mots selon les règles grammaticales. L'approfondissement de la foi en Dieu est essentiel dans l'éducation des enfants.

3-Quelles sont les leçons qui accompagnent la connaissance du Créateur, que l’on doit inculquer à l’enfant au même moment (comme les bonnes œuvres, le paradis, l’enfer ??)

L'enfant à son premier stade est le copieur parfait de ses parents en tout, y compris dans la foi en Dieu. De trois à six  ans, il aime  imiter ses parents. En psychologie, cela s’appelle une « identification à l’idéal des parents ».   Et ce qui caractérise  l'enfant à ce stade c’est qu’il est très friand de la permanence des relations d'amour, d'affection, de tendresse et de douceur.

Aussi, il convient aux parents d’insister sur les  qualités de Beauté (Jammâl) de Dieu comme la Miséricorde, l'Amour, le Don et le Pardon dans la mesure du possible avec une minimisation des attributs de punition et de vengeance (les qualités de Majesté (Jalâl) de Dieu).

L'image que  l'enfant doit avoir dans son esprit sur  Dieu doit être une image positive, attirante, attrayante afin que l'attachement à Dieu se réalise en toute beauté : Il est le Beau, le Donateur, le Bon.

Par exemple : Si nous voulons donner une image  du Jour du Jugement, il est préférable de se concentrer sur le Paradis et décrire ce dernier comme un Paradis d’enfants avec plein de bonbons, de chocolats, de jeux pour enfants. Par contre, si les parents décrivent l’enfer et ses feux l’enfant pourra avoir une image négative voire traumatisante du monde de l’Au-delà et en avoir peur. 

Il faut aussi insister  sur l'amour du Prophète et les gens de sa maison.

Le Messager de Dieu(s) dit : « Eduquez vos enfants à trois qualités : l'amour pour votre Prophète, l'amour pour les gens de  sa maison, la lecture du Coran. »  (Kanz al ommal vol.16  p456 H45409)

Afin que l’enfant puisse ressentir des  sentiments d’amour et des émotions envers Ahl-Beit(p), les parents doivent se concentrer à mettre en valeur les traits qui ont caractérisé les gens de la maison à travers leurs récits et leur histoire, en racontant leur vie comme une histoire.

Et la meilleure façon de nourrir cet amour est de mettre en évidence les attitudes et les comportements des gens d’Ahlbeit dans leur société, de parler de leurs souffrances, de leurs sacrifices, de ce qu'ils ont souffert de privations et d'abus. Cela provoquera chez l'enfant une envie de les aimer, de sympathiser avec eux et de rejeter ceux des païens et les pervers qui leur ont fait du mal.

Pour ce qui est de la lecture du Coran à ce jeune âge, il est important qu’il l’entende et commence à retenir les versets par cœur, car à un bas âge, l’enfant est plus enclin à réciter et à retenir par cœur les versets qu’à un âge plus grand. Il faut l’encourager à lire le Coran, en lisant avec et en choisissant de préférence les versets qui racontent une histoire.

4-Y a-t-il des détails qui risqueraient d’effrayer l’enfant et qu’il vaudrait mieux éviter d’évoquer ?

Oui ! comme je l’ai dit, il est préférable d’éviter de décrire l’enfer pour un enfant de ce jeune âge ou de présenter Dieu comme un punisseur terrible qui peut lui faire du mal. Car, la description de l’Enfer et de ses feux par les parents à l’enfant, pourra l’effrayer et imprégner en lui une image traumatisante du monde de l’Au-delà où la Miséricorde et la Beauté n’existent pas.   

5-Que faire lorsque l’enfant se trouve dans un entourage social où il existe d’autres croyances que la sienne et qu’il commence à demander pourquoi les autres enfants ne font pas comme lui ?

Il faut que les parents sachent que quand leur enfant commence à remarquer la différence de l’Autre cela signifie qu’il commence à comparer. Alors deux dangers peuvent apparaître, celui de refuser d’accepter l’autre et celui de vouloir s’assimiler à l’autre.

En terme psychologique, quand nous refusons d’accepter la différence de l’autre cela signifie que nous avons peur que l’autre nous change ou nous remette en question.  Par rapport à la religion et aux croyances, cela signifie que cette foi que nous avons en nous est faiblement structurée (ce qui est normal à cet âge). Alors, soit on cherche à se défendre et la chose la plus facile à faire est de refuser l’autre dans un premier temps puis de vouloir l’éliminer d’une façon ou d’une autre dans un deuxième temps pour certains ; soit adopter la religion ou les croyances des autres parce que  plus facile ou pour être accepté par les autres. Beaucoup d’enfants musulmans peuvent par exemple penser que le christianisme comprend moins de lois que l’Islam et se demander alors pourquoi il doit prier cinq fois par jour alors que l’autre prie quand il veut, ou pourquoi il doit jeûner ou ne manger que du halal, pourquoi elle doit se couvrir les cheveux alors que ses copines portent des vêtements à la mode etc.

Et c’est là qu’interviennent les parents. Il s’agit pour eux :

Ÿd’abord de donner confiance en l’enfant, en ses croyances, de lui montrer même la beauté de ses croyances en lui apportant des réponses convaincantes en fonction de son âge, quand il pose des questions ;

Ÿpuis de lui apprendre ce que signifie la tolérance en Islam, accepter les autres qui sont différents de lui, en lui donnant des exemples tirés de la vie du Prophète(s) et d’Ahl al-Beit ;

Ÿet s’il pose des questions sur les croyances des autres, lui donner la vision selon l’Islam, en tenant compte de son âge et de ce qu’il peut comprendre. Il faut que l’enfant comprenne que l’Islam ne rejette personne et qu’il considère la différence comme une source de richesses qui permet de mieux nous connaître, sans être obligé de la rejeter ou de l’assimiler. Et cela, en l’illustrant avec des versets coraniques, des hadiths du Prophète et d’Ahl al-Beit, avec leur histoire etc. Dieu a créé les peuples différents pour qu’ils se connaissent et s’enrichissent.

ŸEt si l’enfant se sent rejeté des autres à cause de sa religion, là encore les parents doivent dédramatiser ce genre de situation dans un premier temps puis lui expliquer les raisons de ce rejet et non pas le justifier, en donnant des exemples de la vie de notre prophète Mohammed et d’Ahl al-Beit(p). Or, l’une des raisons qui calme un enfant rejeté c’est de lui expliquer que l’autre a peut-être peur de sa religion parce qu’il ne la connait pas, ainsi on éveille chez l’enfant le sentiment de compassion envers l’autre et non l’animosité.

Ainsi la première règle à suivre dans la bonne éducation de nos enfants réside dans le choix même de l’environnement dans lequel nous voulons que nos enfants grandissent. Si le bon choix est fait je pense que 50% de l’éducation religieuse de notre enfant est assurée..

Dans L'épitre des droits (Risâlat al-Huqâq) de l’Imam Sajjad(p), les droits de l’enfant sont évoqués : « Que l’on soit tolérant avec lui, qu’on lui assure une culture, une éducation, qu’on le couvre, lui pardonne, le soutienne. »

 

(1)chercheuse en questions islamiques                                          

*date hégirienne : pour chaque année, il faut retirer 10 jours environ.

www.lumieres-spirituelles.net     No61  - Jamâdî II 1435 – Avril  2014


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