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  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
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  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
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  22. Entretiens
  23. Éditorial
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2014-12-27 | Readers 641 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’islam chi’ite Croyances et idéologies de Yann Richard


collection « orientalisme »

L’islam chi’ite Croyances et idéologies

de Yann Richard  Ed. Fayard( + de détails ) (07/01/1991 & 1998)( + de détails )

Tout en ayant vécu un temps en Iran (à l’époque du Shah), Yann Richard est resté un témoin extérieur des évènements qui ont traversé le pays. Ce livre est une présentation du shi‘isme duodécimain ou imamite qu’il a côtoyé et connu auprès de certains milieux iraniens pro-occidentaux ou se réclamant d’un shi’isme « moderne » pro-occidental du temps du Shah. Aussi se contentera-t-il de mentionner au passage les scissions qui ont apparu au sein du mouvement shi‘ite (les zaydites, alawites et  ismaéliens..) à la différence des autres orientalistes.

Reprenant cependant leur démarche, il ne s’attardera pas sur le dogme du shi’isme, ni sur ses fondements. Il survolera rapidement la vie des Imams(p), privilégiant l’approche « historico-sociologique comparative moderne » qui escamote le rôle joué par les Imams infaillibles(p) en tant que Lieu-tenants de Dieu sur terre après celui du Messager de Dieu(s), leurs tâches et leurs objectifs effectifs.

Dans les chapitres suivants, après avoir fait un détour vers le « soufisme chiite » et la philosophie hellénisante, il défendra la thèse selon laquelle il existerait un hypothétique mysticisme shi’isme (dont il serait le défenseur) qui aurait été dévoyé au cours des temps en Iran.

Le chapitre « Un destin lié à l’Iran » donne les étapes de cette déviation. « Rappelons les faits historiques et la manière dont ils ont été transformés par la tradition. (…)  Contrairement à la croyance chiite courante, le mouvement politico-religieux que nous connaissons de nos jours sous le nom de shi’isme imamite, serait apparu à la fin du IXe  siècle, après la disparition du 12e Imam en 874 et non pas immédiatement à la mort du Prophète. »(p37) (…) Et il se propose « d’évoquer ici l’iranisation du shiisme sous deux aspects : politique avec la formation d’un clergé et la radicalisation du discours religieux ; culturel, avec le développement de rites puissamment émotifs pour célébrer le martyre des Imams. »(p104)

Dans ce cas-là, quelle est la position des Shiites hors d’Iran ? C’est l’objet du chapitre suivant qui nous emmène en Irak, en Péninsule arabique, au Liban, en Afghanistan et dans le sous-continent indo-pakistanais.

Et avant de nous présenter ses conclusions, l’auteur nous entraine (en donnant des détails) vers le mariage temporaire pratiqué par les Shi’ites, repoussoir traditionnel utilisé pour déprécier le shi‘isme actuel présenté comme n’ayant rien de révolutionnaire et de plus coupé de sa spiritualité originelle.

En conclusion, il émet des suggestions sur l’avenir du shi’isme qui déterminerait la démarche à suivre pour tout orientaliste aimant « l’essence spécifique du shi’isme » : d’une part affirmer la spiritualité originelle du shi’isme a-historique dont les représentants seraient passés dans la clandestinité et qui maintiendraient dans leur pureté les traditions des Imams  (qui sont-ils ?) et de l’autre « dénoncer cet « autre shi’isme », devenu « idéologie d’une révolution », ancré dans l’histoire, militant, –« non plus désincarné ou résigné comme celui qu’étudiait Corbin » – soumis à la contingence des évènements, ayant perdu son rang de croyance universelle, et sa qualité intrinsèque d’une spiritualité réservée à des initiés. »(voir p269)

Derrière des problèmes de vocabulaire (idéologie/vision du monde/ doctrine/programme), l’auteur se demande s’il n’y a pas une « transformation du message religieux en un système de pensée et d’action, en une doctrine fermée, réduite à sa fonction utilitaire » ? déclarant avec amertume ou incompréhension : « Même si la dimension transcendante de la religion n’est pas niée, la place laissée à la méditation, à l’adoration, à la prière personnelle, à la relation personnelle à Dieu est forcément réduite par l’importance donnée à la dimension sociale, à l’efficacité collective du religieux. »(cf. p248 à 250)

Ce livre appartient assurément à ce courant orientaliste qui s’est développé après la Révolution Islamique d’Iran en 1979, qui n’a pas compris la montée du shi’isme actuel en Iran et au Liban ou qui œuvre intentionnellement à lui retirer toute légitimité, à dénaturer sa réalité et à détourner de fait les gens de l’Islam.

www.lumieres-spirituelles.net     No62  - Rajab 1435 – Mai 2014

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