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2014-12-27 | Readers 330 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

3-La pratique du bouddhisme en Birmanie à l’heure actuelle


3-La pratique du bouddhisme en Birmanie à l’heure actuelle

Le bouddhisme theravada est pratiqué par environ 85 % de la population de la Birmanie/Myanmar. C’est autour de lui que les différentes ethnies (Bamar, Rakhine, Shan, Mon) et les Chinois se sont unifiés.

D’après des témoignages locaux il est moins une spiritualité de détachement et de compassion envers les autres (comme le préconisent les textes bouddhistes) qu’une pratique populaire mélangeant croyances antérieures au Bouddhisme (notamment en des esprits ou djinns appelés  « nats »), superstitions, fatalisme religieux, sectarisme nationaliste et actes très attachés à l’apparence extérieure et aux résultats en ce monde avant d’être pour après la mort.

Il est aussi crainte et vénération envers  ceux qui se sont imposés au pouvoir dans la société birmane sous le couvert de religiosité bouddhiste : le roi, la caste au pouvoir, l’armée et les membres de la Sangha (le clergé des moines qui s’élèveraient à un demi-million pour une population forte de plus de 55 millions d’habitants, très jaloux à sauver ses privilèges).

Ainsi, le pays s’est couvert de temples et de pagodes, d’images de Bouddha (les plus belles au monde, dit-on) et de monastères grâce aux donations faites par les Birmans, espérant ainsi effacer leurs mauvaises actions  et améliorer leur renaissance future, selon la doctrine du Kanna (ou Karma) ou de la rétribution automatique des actes (« Tout acte porte un fruit »).

Dans ces temples, un culte est aussi rendu aux esprits « nats » (qui occupent une grande place dans la vie des gens et gèrent leur vie quotidienne), sous forme de cérémonies propitiatoires ou de rituels magiques pour faire appel à leur bienveillance ou se protéger de leur malveillance. Partout, il y a des fêtes et des cérémonies fleuries, cortèges, offrandes et donations ostentatoires et les gens s’adressent à eux en les nommant « seigneur », réservant le terme de « maître » à Bouddha.

Le second aspect est l’importance accordée à la Sangha (le clergé bouddhique).

La formule rituelle prononcée plusieurs fois par jour par un Birman – Bouddha ; la Loi ; la communauté des bonzes (en birman : Pheya, Teya, Sangha) – constitue ce qu’on appelle le « Triple Refuge », vers lequel tous les croyants sont invités à se tourner. Parmi les implications de cette formule, on peut retenir trois éléments : l’invocation de la figure du Bouddha, celle des textes sacrés écrits – mais dans une langue inaccessible et il ne viendrait à l’idée de personne de contester un texte pali, quelque obscur et suranné qu’il puisse paraître – et celle de la communauté monastique qui est révérée comme institution et à travers chacun de ses membres.

La Sangha occupe une place de choix dans la société birmane. Le bonze n’est pas que conseiller religieux mais aussi médecin, astrologue, savant (religieux et profane). Il est celui qui a accès à l’enseignement du Maître dans le texte en pali (considéré comme la « langue de culture par excellence » par les Birmans) et aussi aux connaissances ésotériques. Il n’est pas considéré comme un individu, un acteur social à part entière mais plutôt comme une fonction, comme le représentant d’une institution qui le place au-dessus du social. Il est omniprésent dans le paysage urbain et rural,en robe safran ou rouge, donnant l’impression que la Birmanie est le pays du bouddhisme par excellence. Ainsi, la Sangha, longtemps unique détentrice et dispensatrice du savoir, exerce une influence considérable sur les gens et règne sur les cœurs, les esprits, les intelligences, et aussi... sur les finances des familles, depuis des siècles.

Et le roi est perçu comme celui qui est promis au niveau de l’ « Eveil » (Boddhi), à la limite du sacré. Il s’appuie sur le bouddhisme et les croyances des gens pour légitimer son maintien au pouvoir, le bouddhisme theravada devenant un élément de la politique conservatrice du roi et des dirigeants militaires du pays et un instrument utilisé, en cas de besoin, pour détourner les aspirations populaires.

En effet, le dernier aspect de la foi Birmane est qu’elle s’assimile à l’appartenance à un groupe social partageant la même culture ou idéologie et non à un même courant philosophique ou éthique ou spirituel  à défendre.

Si le dogme bouddhiste theravada n’est pas en soi porteur de violence ni de haine raciale ou religieuse, les croyances populaires birmanes, depuis le début de son entrée en Birmanie, elles, n’ont pas été immunisées contre les dérives ponctuelles (ou institutionnelles), contre l’instrumentalisation, voire la manipulation, de leurs superstitions (qui entrent pourtant en conflit avec les enseignements mêmes dont elles se revendiquent), de leurs peurs et de leurs symboles irrationnels.

www.lumieres-spirituelles.net     No64  - Ramadan 1435 – Juillet  2014


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