1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
2015-01-04 | Readers 475 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-A‘lâ (le Très-Haut) 87 (6)


Sourate al-A‘lâ  (le Très-Haut) 87  (6)

الأعلىسورة

بسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الْأَعْلَى(1)الَّذِي خَلَقَ فَسَوَّى(2) وَالَّذِي قَدَّرَ فَهَدَى(3)وَالَّذِي أَخْرَجَ الْمَرْعَى(4)فَجَعَلَهُ غُثَاءً أَحْوَى(5)سَنُقْرِؤُكَ فَلَا تَنسَى(6)إِلَّا مَا شَاء اللَّهُ إِنَّهُ يَعْلَمُ الْجَهْرَ وَمَا يَخْفَى(7)وَنُيَسِّرُكَ لِلْيُسْرَى(8)فَذَكِّرْ إِن نَّفَعَتِ الذِّكْرَى(9)

Sabbihi-sma rabbika al-a‘lâ al-ladhî khalaqa fa-sawwâ wa-l-ladhî qaddara fa-hadâ wa-l-ladhî akhraja-l-mar‘â fa-ja‘alahu ghuthâ’ann ahwâ. Sanuqri’uka fa-lâ tansâ illâ mâ shâ’a-llâhu innahu ya‘lamu-l-jahra wa mâ yakhfâ wa nuyassiruka li-l-yusrâ fa-dhakkir in-nafa‘ati-dh-dhikrâ

Glorifie le Nom de ton Seigneur le Très-Haut, (1) Qui a créé et agencé harmonieusement, (2) Qui a donné la mesure et guidé, (3) et Qui a fait pousser le pâturage (4) puis l’a rendu du foin sombre ! (5) Nous allons te faire réciter [le Coran]de sorte que tu n’oublieras pas (6) sauf ce que Dieu veut car Il connait ce qui est apparent et ce qui est caché (7) et Nous te faciliterons pour la voie la plus facile,(8) alors rappelle car le rappel est utile.(9)

سَيَذَّكَّرُ مَن يَخْشَى(10)وَيَتَجَنَّبُهَا الْأَشْقَى(11)الَّذِي يَصْلَى النَّارَ الْكُبْرَى(12)ثُمَّ لَا يَمُوتُ فِيهَا وَلَا يَحْيَى(13)

Sayadhdhakkaru man yakhshâ wa yatajannabuhâ al-ashqâ al-ladhî yaslâ-n-nâra al-kubrâ thumma lâ yamûtu fîhâ wa lâ yah

Celui qui craint [Dieu] s’ [en]rappellera(10)  et s’en écartera le très misérable(11) qui tombera dans le grand feu(12) où il ne mourra pas ni ne vivra.(13)

Reprise de la sourate verset après verset en nous aidant des interprétations de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân » et de la compilation traduite par sh. Ishak Vazirhoussen, « Tafsir é Hoda ».

La sourate est essentiellement divisée en deux parties : la première dans laquelle Dieu parle directement à Son Prophète et où Il lui demande de Le glorifier et de diffuser Son Message qu’Il va lui révéler, et la seconde que nous allons aborder maintenant verset par verset, et qui porte sur deux comportements différents concernant le Rappel, en tant que le rappel concerne aussi la création (les créatures), puis sur un conseil général et des mises en garde.

سَيَذَّكَّرُ مَن يَخْشَى(10)         Sayadhdhakkaru man yakhshâ

-« Sa-yadhdhakkaru » : 2e forme dérivée du verbe « dhakara » (se rappeler, se souvenir de) à la 3e personne du sing. au temps présent (mudârâ‘) avec la particule « sa » attachée au début du verbe pour indiquer le futur = rappeler, faire ressouvenir, avertir..

man » : pronom relatif utilisé habituellement pour les personnes.

yakhshâ » : le verbe « khashiya » à la 3e p.s. au temps du présent (mudârâ‘) = craindre, redouter, appréhender.

Le Rappel [de Dieu] est profitable à celui qui craint Dieu, qui a le cœur tendre, humble, dont la nature première (fitra) est saine, prête à l’accepter. Il aura alors des effets sur lui du fait de sa lumière et de sa pureté. Parce qu’il y a dans son cœur la crainte de Dieu et la peur de Son Châtiment, il se rappellera Dieu et L’évoquera. Et ce Rappel lui sera bénéfique.

وَيَتَجَنَّبُهَا الْأَشْقَى(11)     wa yatajannabuhâ al-ashqâ

yatajannabu-hâ » : 5e forme dérivée du verbe « janaba » (écarter, mettre de côté, à part) = fuir, éviter, se garder de. C’est-à-dire celui qui évite le rappel de son Seigneur, s’en écarte, se met à distance de Lui, se garde de Lui. Et «  » renvoie au rappel (dhikrâ)

al-ashqâ » : superlatif du mot « shaqiyunn » (malheureux, misérable, infortuné) = le très, le plus misérable, qui n’a aucune crainte de Dieu dans son cœur, le récalcitrant, l’obstiné dans son hostilité à Dieu.

Ici « al-ashqâ » apparaît en opposition aux pieux, à ceux qui craignent Dieu, alors que d’habitude, il est opposé aux bienheureux. Peut-être que cette opposition veux montrer que le fondement du bonheur de l’individu est construit sur la crainte de Dieu, sur la piété, sur le sens des responsabilités.. et le malheur sur le contraire, l’absence de crainte de Dieu..

Celui qui n’est pas disposé à le faire, qui a le cœur distant, qui ne craint pas Dieu, qui a recouvert de voiles les qualités de son âme, s’écartera du Rappel. Est-ce à dire que le Rappel n’aura pas d’effet sur lui ? Le verset ne le dit pas explicitement mais on le suppose à travers l’attitude du misérable qui s’en écarte. Est-il cependant profitable ? Certains disent oui dans la mesure où se dressera à son encontre l’Argument total de Dieu. Mais pour le misérable, il ne lui sera d’aucune utilité.

Si l’être humain n’a pas perdu l’esprit de la crainte de Dieu, la peur de ce dont il faut avoir peur, le Rappel lui sera profitable. Mais s’il n’a plus en lui l’esprit de demander la Vérité (Dieu) – et cela est un des degrés de la piété – alors les conseils divins ne lui seront d’aucune utilité. Il fera partie de ceux qui sont évoqués dans les versets suivants 12 et 13.

Ainsi, deux comportements se définissent dans ces deux versets, divisant les gens en trois catégories : ceux qui craignent Dieu (les savants, sages, gnostiques) ; les récalcitrants obstinés et les autres que le doute arrête. Le Rappel profite à la première catégorie et éventuellement à la troisième. Quant à la deuxième, il achève l’Argument de Dieu à son encontre.

الَّذِي يَصْلَى النَّارَ الْكُبْرَى(12)         al-ladhî yaslâ-n-nâra al-kubrâ

al-ladhî » : pronom relatif habituellement utilisé pour les personnes.

yas» : verbe « salâ » à la 3e p. m. s. au présent (mudârâ‘) = toucher, atteindre le feu, approcher du feu.

an-nâra al-kubrâ » : « an-nâra » = le feu et « al-kubrâ » adjectif féminin de « kabîr » au superlatif  = le feu le plus grand. Qu’est-ce que le « Feu le plus grand » ?

ŸCertains disent qu’il est décrit ainsi pour indiquer le feu de l’Enfer par opposition au feu de ce monde.

ŸD’autres que c’est la descente aux plus bas degrés de l’Enfer, où les tortures sont les plus terribles, parce qu’ils sont les plus misérables des gens, les plus entêtés contre Dieu (qu’Il soit Glorifié).

Les douzième et treizième versets sont directement rattachés au onzième verset : ils relatent ce qui va arriver à ces misérables. Ils atteindront le feu le plus grand qui est le feu du voilement du Seigneur par l’associationnisme, la prise de position avec autres que Lui. C’est le Feu de la coercition dans la station des Attributs, le Feu de la Colère et du Courroux dans la station des Actes, le Feu de l’Enfer des Effets dans les quatre stations, celles du monde ici-bas (mulk), du monde immatériel (malakût), de celui des pures intelligences (jabarût) enfin celui de Dieu (lâhût). Alors comme est grand son feu !

ثُمَّ لَا يَمُوتُ فِيهَا وَلَا يَحْيَى(13)          thumma lâ yamûtu fîhâ wa lâ yah

thumma » : particule pour indiquer une succession de faits = ensuite

lâ yamûtu fîhâ  » : du verbe « mâta » à la 3e p. du sing. au présent (mudârâ‘) précédé de la particule de négation pour les verbes au présent = ne meurt pas.  Le «  » dans « fîhâ » renvoie au Feu.

lâ yah» : du verbe « hayya » (vivre, exister, être en vie) = il ne vit pas

Et que sont les châtiments de l’Au-delà par rapport aux épreuves de ce monde ? Pas de mesure de comparaison ! Le fait de nier la mort ou la vie en cet endroit est pour indiquer qu’il n’y a pas de salut de la fin des tortures par la mort ou par la vie bienheureuse.

Il n’y meurt pas à cause de l’impossibilité de son anéantissement et n’y vivra pas en Vérité à cause de sa perdition spirituelle. C’est-à-dire il sera en permanence torturé, de façon éternelle, dans un état où il désirera la mort pour en finir. Chaque fois qu’il sera brûlé, sur le point de mourir, il reviendra à la vie pour y être à nouveau torturé. Il n’est pas mort de façon absolue ni vivant de façon absolue. Pas de vie pour espérer, pas de mort pour oublier.

www.lumieres-spirituelles.net     No70 - Rabî‘I  1436 – Déc.-Janvier  2015


Articles précédents:

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)