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2015-01-04 | Readers 386 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

La Russie de Poutine .. un allié de poids ?


La Russiede Poutine.. un alliédepoids?

Après l’effondrement de l’Union Soviétique en 1992 – la fin de la guerre froide – la Russie avait pratiquement disparu de la scène politique internationale. Les Etats-Unis avaient réussi à imposer leur hégémonie sur le monde, l’étendant jusque dans les régions qui étaient sous obédience soviétique, et même chinoise, sous le couvert de «mondialisation» et d’ «ouverture des frontières». Depuis, les choses ont changé et l’on voit la Russie intervenir dans l’ordre mondial et tenir tête aux menaces américaines. Comment doit-on considérer cette offensive russe sur le plan diplomatique et politique(1) ?

Apparemment, les changements en Russie sont liés à l’arrivée au pouvoir d’un homme de l’ex-KGB, Poutine, qui s’est avéré être un homme d’Etat, réaliste et de stratégie, avisé et de caractère, qui a su impulser de nouvelles lignes politiques (tant sur le plan intérieur qu’extérieur) à la Russie affaiblie après la fin de l’URSS.

uDe l’avis de commentateurs spécialisés dans la question, il s’est attelé à :

wneutraliser les attentats terroristes greffés au mouvement autonomiste Tchétchène et stipendiés de l’extérieur (notamment de l’Arabie Saoudite) (liquidant, certes, de façon radicale, la question de la Tchétchénie) ;

wà rétablir une démographie dynamique et positive (alors que la Russie perdait un million d’habitants tous les ans) ;

wà relever le revenu annuel moyen russe et à baisser le taux de pauvreté et du chômage ;

wà raviver les valeurs morales, nationalistes et religieuses ;

wen même temps qu’à moderniser l’armée et à la préparer au combat.

uMais c’est au moment de la question de la Syrie que la voix de la Russie s’est faite à nouveau entendre avec force dans le monde.. Non seulement, elle a bloqué toutes les velléités militaires américano-européo-sionistes contre la Syrie en utilisant son droit de véto au Conseil de sécurité, mais elle a réussi à prendre l’initiative et à imposer aux Etats-Unis, en septembre 2013, une résolution proposée par elle sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien, leur coupant l’herbe sous le pied (et à son vassal français), alors qu’ils voulaient utiliser le prétexte de pseudo-attaques chimiques par le pouvoir syrien, pour intervenir militairement en Syrie.

Avec cet accord russo-américain qualifié d’ « historique » et de « sans précédent », Poutine a réussi à se placer sur un pied d’égalité avec Obama aux yeux du monde entier.

Il est clair que la Russie a su tirer profit de la situation de résistance développée par la Syrie et ses alliés (notamment l’Iran et certaines parties libanaises) face aux offensives américano-européo-sionistes et aux agressions terroristes «takfiries», pour affirmer sa position et s’imposer sur le plan international. Une alliance stratégique s’est établie, de fait, entre ces deux pays par convergence d’intérêts.

Concours de circonstances réunies en Syrie qui a permis à la Russie de jouer ce rôle, ou vrai tournant dans la politique russe vis à vis de l’Europe et des Etats Unis ? Le conflit de l’Ukraineva nous aider à trouver une réponse à cette question.

uConstatant la faiblesse de l’Europe occidentale vassalisée par les Américano-sionistes et convaincu de la nécessité de sauvegarder son orientation euro-asiatique, la Russie ne pouvait pas laisser passer le coup d’Etat  pro-occidental (américain) qui renversa le président ukrainien Lanoukovytch en février 2014 et qui allait lui faire perdre un allié de poids dans la région ainsi que son seul point d’accès aux mers chaudes de par sa base militaire de Sébastopol, située dans la péninsule de Crimée. Profitant du soutien des populations russophones de l’Ukraine et du résultat du référendum pour l’indépendance organisé en Crimée, en mars 2014, (qui allait aboutir à sa sécession puis à son rattachement à la fédération de la Russie), la Russie montra une détermination sans faille, n’hésitant pas à faire un déploiement de force..

uLes sanctions, brandies par les puissances occidentales contre la Russie sous prétexte de la crise ukrainienne, n’y ont rien fait. Au contraire, elles lui ont donné une occasion de plus de montrer sa fermeté.

Poutine y répliqua :

len imposant un embargo sur les denrées alimentaires provenant des Etats-Unis, d’Australie, du Canada et d’Europe ;

len établissant de juteux contrats avec la Turquie, pourtant membre de l’OTAN ;

len accélérant la mise en place d’une stratégie de rechange. Il a ainsi transformé les BRICS(2) et l’organisation de Coopération de Shanghai(3) en de puissants rassemblements financiers, internationaux(4), indépendants et concurrents des Etats-Unis.

En même temps, il multiplia les accords commerciaux (et même de mégacontrats comme avec la Chine), en utilisant – fait notable – les monnaies locales sans passer par le dollar, menaçant ainsi l’hégémonie du dollar dans le monde.

Il défia ainsi la politique d’embargo imposée par les Etats-Unis sur la Russie, embargo d’ailleurs établi aux dépens des intérêts européens.

Sur le plan intérieur, Il tente de contrer la chute du rouble du fait de la baisse du coût de pétrole

par des facilités financières afin d’éviter la fuite des capitaux, favoriser les investissements en Russie et lutter contre les spéculateurs. Y réussira-t-il ?

La Russie ne cherche pas à tourner le dos à l’Europe ni aux Etats-Unis, mais à s’affirmer comme grande puissance indépendante avec laquelle on traite d’égal à égal. En fin stratège, elle utilise les moindres contradictions dans les camps adverses pour renforcer sa position internationale et avancer ses pions. Ainsi, on voit la Russie développer des relations politiques, diplomatiques, économiques, militaires, aussi bien avec les pays d’Amérique latine, d’Afrique qu’avec ceux situés à ses frontières, côté européen, asiatique (en plein développement) et méridional (Moyen- Orient, Caucase) et établir des alliances de «partenariat stratégique» avec certains d’entre eux.

La Russie apparait, à l’heure actuelle, comme un acteur

s’imposant sur la scène internationale, tentant de construire de nouveaux équilibres internationaux, s’efforçant de trouver des solutions politiques à des conflits régionaux, déterminée à combattre les mouvements terroristes «takfiris» tels que Daesh. .

Jusqu’où la Russie est-elle prête à aller ? Il est trop tôt pour le savoir. Un point de repère : ses positions par rapport à l’Iran, devenu une puissance régionale incontournable. Malgré l’embargo imposé à l’Iran, la Russie a continué à conclure des accords commerciaux et pétroliers avec lui, a participé à la construction de centrales nucléaires civiles en Iran et œuvre, aujourd’hui, à une issue politique aux négociations nucléaires en cours, malgré les fortes pressions américano-sionistes.

La Russie a pu rompre l’hégémonie américano-sioniste et favoriser la naissance d’un monde multipolaire.

L’extension de l’OTAN vers l’est malgré ses engagements

Pour voiler ses échecs, l’Occident s’invective sur des prétentions guerrières de Poutine. Pourtant à regarder de près, qui a développé, ces dernières années, une politique menaçante envers l’autre ?

Après la chute du mur de Berlin (9.11.1989), les Etats-Unis s’étaient  engagés, par la voix de leur Secrétaire d’Etat d’alors, James Baker, le 8.2.1990, en vue de la réunification des deux Allemagne (qui aura lieu le 3.10.1990), de ne pas étendre la juridiction de l’OTAN « d’un pouce à l’est ».

Or, en 1999, l’Otan a bombardé la Yougoslavie pendant trois mois et est intervenue militairement au Kosovo, provoquant l’éclatement de la Yougoslavie en 6 Etats.

Durant cette même année, la République Tchèque(1), la Pologne(2) et la Hongrie(3) (trois anciens satellites de l’URSS) ont été intégrées au dispositif militaire de l’OTAN.

En 2004, ce fut le tour de l’Estonie(4), de la Lettonie(5), de la Lituanie(6), de la Slovaquie(7), de la Slovénie(8), de la Roumanie(9) et de la Bulgarie(10), puis en 2009 à celui de la Croatie(11) et de l’Albanie(12).

La Géorgie et l’Ukraine qui avaient décliné ou différé leur adhésion ont connu différents coups d’Etat pro-occidentaux..

Tout cela sans aborder la question de l’élargissement des capacités de combat du système américain mondial dit de « défense anti-missile » qui dépasse de loin le niveau nécessaire pour neutraliser le danger d’une éventuelle attaque balistique du côté russe.

(1)Nous nous interrogeons ici que sur l’état de la Russie, sans prendre en considération la situation de déclin des Etats-Unis .

(2)BRICS : les puissances émergentes Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud

(3)Organisation de Shanghai regroupant la Russie et ses pays frontaliers : Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan

(4)avec le lancement mi-juillet de leur propre banque internationale de développement

www.lumieres-spirituelles.net     No70 - Rabî‘I  1436 – Déc.-Janvier  2015

 

DÉCOUVRIR LES RÈGLES DIVINES N°70

Croit-elle que les «fruits» prêtés par Dieu sont éternels ?

A la réunion de l’OPEP, du 27/11/ 2014, l’Arabie Saoudite a imposé, malgré l’opposition de certains pays dont l’Iran, le maintien de la production qui entraînera immanquablement une chute des cours du pétrole. Pourquoi?

Selon certains commentateurs, l’Arabie Saoudite se serait engagée dans un bras de fer avec les Etats Unis pour bloquer leur production de pétrole de schiste (plus coûteuse) – cause de la surproduction avec la baisse de la demande devant le ralentissement de l’économie mondiale. Si c’était le cas, pourquoi n’entend-on pas de protestations autoritaires ni ne voit-on d’interventions impérieuses des Etats-Unis à son encontre ?

Est-ce un hasard que les pays les plus touchés par cette politique soient la Russie, l’Iran, le Venezuela, le Nigeria, l’Algérie, pays connus pour leur indocilité à la politique américaine ou saoudienne ?

N’est-il pas bizarre qu’alors que cinq pays producteurs de pétrole (la Libye, l’Iraq, le Nigeria, la Syrie et l’Iran) ne peuvent pas approvisionner les marchés internationaux (pour des raisons de blocus ou de «terrorisme»), le prix du baril baisse, paradoxalement, sous la barre des 60 dollars ?

Que les pays importateurs de pétrole (européens, américains, asiatiques ou arabes (comme l’Egypte, la Tunisie, la Jordanie, le Maroc)), profitent de cette baisse, la facture énergétique étant moindre, personne ne sera fâché.

Que les compagnies pétrolières voient leurs énormes bénéfices baisser, personne ne le déplorera.

Sauf que cette baisse va hypothéquer les possibilités de nouvelles prospections de pétrole ou d’autres sources d’énergie moins polluantes, ou moins compétitives.

{Et quand Ibrahim dit : « Mon Seigneur, fais de cette cité un lieu sûr et pourvois en fruits ceux qui, parmi ses habitants, croiront en Dieu et au Jour Dernier. »

Il dit : « Et celui qui ne croira pas, alors Je lui ferai jouir un peu puis Je le contraindrai au châtiment du Feu. Quelle mauvaise fin ! »} (126/2 La Vache)

L’Arabie Saoudite (avec les Etats-Unis) chercherait-elle à utiliser le pétrole comme une arme à des fins politiques, géostratégiques pour affaiblir ses ennemis ou rivaux et maintenir son diktat ?

Pense-t-elle que ses réserves financières lui suffiront pour ne pas subir les contrecoups d’une telle politique hasardeuse et qu’elle restera en dehors des tensions qu’elle alimente ainsi dans la région et dans le monde ?

Se croit-elle à l’abri des risques de cette partie de poker provoquant inflation ou déflation selon les secteurs, du fait de la baisse des cours du pétrole et de la hausse des prix du dollar(1), ajoutées aux inconnues des bourses mondiales (où l’enjeu se situe au niveau de la prise de risque et du volume des capitaux qui y spéculent, qui peut faire perdre ou gagner des millions de dollars) ?

Ou encore, se sent-elle protégée des effets d’une bulle spéculative dont les spécialistes parlent de plus en plus à propos de l’exploitation du gaz de schiste américain ?

Enfin, pense-t-elle que ses ressources pétrolières – ces «fruits» dont Dieu a fait don à la région en l’honneur du Prophète Ibrahim(p) et de sa descendance – sont illimitées ou qu’elle en gardera éternellement le contrôle ?

 

(1)Lorsque vous achetez du pétrole, vous achetez tout d’abord sur le marché des devises les dollars qui vont vous permettre de régler la facture. C’est ce système que l’on nomme « pétrodollar » et qui permet à la monnaie américaine d’avoir la mainmise sur le système monétaire international.

De même, si vous avez moins d’argent pour importer des marchandises, elles se font rares et deviennent plus chères..

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