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2015-02-04 | Readers 370 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le verset d’al-Kursî 255/II (5)


Le verset d’al-Kursî  255/II (5)

بسم الله الرحمن الرحيم،

Bi-smi-llâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

 

 اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ  لَا تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌ  لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ مَنْ ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِنْدَهُ إِلَّا بِإِذْنِهِ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْوَلَا يُحِيطُونَ بِشَيْءٍ مِنْ عِلْمِهِ إِلَّا بِمَا شَاءَ

Allâhu lâ ilâha illâ huwa al-hayyu al-qayyumu  lâ ta’khudhuhu sinatunn wa lâ nawmunn lahu mâ fî-s-samâwâti wa mâ fî-l-ardi  man dhâ-l-ladhî yashfa‘u ‘indahu illâ bi-idhnihi, ya‘lamu mâ bayna aydîhim wa mâ khalfahum wa lâ yuhîtûna bi-shay’inn min ‘ilmihi illâ bimâ shâ’a

Dieu, point de divinité autre que Lui, le Vivant, le Sustentateur. La somnolence et le sommeil ne s’emparent pas de Lui. Sont à Lui ce qu’il y a dans les cieux et dans/sur la terre. Qui intervient auprès de Lui si ce n’est qu’avec Sa Permission ? Il sait ce qu’il y a devant eux et ce qu’il y a derrière eux,  alors qu’ils n’embrassent rien de Son Savoir sauf (de) ce qu’Il veut.

 

وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ

wasi‘a kursiyyuhu as-samâwâti wa-l-arda

Son Trône s’étend/comprend aux/les cieux et à la terre

وَلَا يَئُودُهُ حِفْظُهُمَا وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ (255)

wa lâ ya’ûduhu hifzhuhumâ wa huwa al-‘aliyyu al-‘azhîmu.

et leur protection ne Le fait pas ployer et Il est le Très-Haut, le Très-Grandiose.

وَسِعَ        « wasi‘a »

« Wasi‘a » : L’idée fondamentale : l’extension dans la compréhension (ihâtat), ( la contrainte, la gêne) embrasser tout , comprendre et par suite  s’étendre à ..

كُرْسِيُّهُ    « kursiyyuhu »

« Kursî-hu » désigne en général un siège ou un trône (sur lequel on s’asseoit), puis de manière plus générale, toute sorte de « support » sur lequel repose une chose.

Et le pronom personnel rattaché (ou suffixe) « hu », à la troisième personne du singulier, renvoie à Dieu, au Nom de Dieu (« Allâhu ») du début du verset ou à « Sustentateur » (« al-Qayyûmu »), comme vu précédemment.

وَلَا يَئُودُهُ     « wa lâ ya’ûduhu »

« ya’ûduhu » vient de « âda » avec le sens de « épuiser » (qqun), ou « exténuer », « harasser », « accabler », « éreinter », d’où l’idée de plier, tordre, ployer, d’où le choix pour la traduction « faire ployer ».

Et le pronom personnel rattaché ou suffixe « hu » (à la troisième personne, masculin singulier) renvoie à Dieu (« Allâhu » ou « al-Qayyûmu »), ou au trône (« kursî »).

Déjà au début du verset, il a été évoqué que la fatigue et le sommeil n’avaient pas de prise sur Dieu.

حِفْظُهُمَا     « hifzhuhumâ »

« Hifzhuhumâ » vient de Hafizha : Garder, conserver, préserver d’où « hifzhunn »  attention, vigilance, garde, conservation. Il renvoit à l’Attribut de « Sustentation » (qayyûmiyyah) de Dieu mentionné au début du verset.

Et « humâ », pronom personnel attaché (suffixe), duel, renvoie aux cieux et à la terre. On peut remarquer que le pluriel des cieux n’a pas été considéré avec la terre, mais l’espèce « ciel » et l’espèce « terre », comme si pour chaque ciel correspond une terre.

وَهُوَ الْعَلِيُّ  الْعَظِيمُ   « wa huwa al-‘aliyyu al-‘azhîmu »

« Huwa » pronom personnel détaché, troisième personne du singulier, « al-ghâ’eb », l’ « inconnu ». Il renvoie à Dieu (« Allâhu ») au début du verset. Il indique Son Essence que nous ne pouvons pas connaître.

« al-‘Aliyyu », un des Beaux Noms de Dieu : le « Très-Haut ».

« al-‘Azhîmu », un des Beaux Noms de Dieu : le « Très-Grandiose », l’ « Immense ». Ce Nom est utilisé dans le Coran soit pour décrire la Grandeur de Dieu, soit pour décrire Son terrible Châtiment (cf. les versets 7,49,114 de la sourate La Vache II). Sans doute pour montrer Sa Grandeur et la Crainte Révérencielle qu’Il doit nous inspirer. Et l’article « al- » pour ces deux Noms indique la restriction (al-hasr). Il est le Seul Très-Haut, le Seul Très-Grandiose.

Reprenons..(en nous aidant de l’interprétation de ce verset de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles d’Ibn ‘Arabî et de Sadr Muta’lahîna, ainsi que des indications présentes dans la traduction du Coran de Yehia Alawi (Christian Bonaud), Voilà le Livre.)

كُرْسِيُّهُ    « kursiyyuhu »

Ce mot « al-kursî» qui a donné son nom au verset, prête à beaucoup d’interprétations. Sans doute s’y trouve une allusion à la royauté (al-mulk). On dit le « trône » du roi. Et dans l’extension du trône, il y a la domination, la maîtrise de la station de l’Autorité divine, l’Autorité divine s’étendant aux cieux et à la terre. Le « trône » serait une indication de la station Seigneuriale par laquelle se  dressent les cieux et la terre, et par laquelle ils sont gérés et connus. Cela implique donc une connaissance, un niveau de savoir. Et le fait que le trône comprend, embrasse toute chose, implique que la sauvegarde de ce qu’il y a dans les cieux et la terre se fait de par Son Essence. C’est pourquoi, elle ne Le fait pas ployer.

-Un jour, quelqu’un demanda à l’Imam as-Sadeq(p) si c’est le « trône » qui contient les cieux et la terre ou au contraire, ce sont ces derniers qui contiennent le « trône » (sans doute, cette personne avait une vision matérielle des choses). L’Imam(p) répondit : « Toute chose est dans le trône ».

-Un des compagnons de l’Imam as-Sadeq(p) l’interrogea sur la signification de ce mot. L’Imam(p) répondit : « Son Savoir ». Sayyed TabâTabâ’i déduit de ce propos rapporté (et d’un autre rapporté également de l’Imam as-Sâdeq(p) disant que l’Arche est le savoir dont personne ne mesure sa grandeur), que le trône est un niveau du Savoir Divin et que dans l’existence, il y a un niveau de savoir qui n’est pas limité. C’est-à-dire, qu’il y a, au-dessus de ce monde dont nous faisons partie, un autre monde où les existants sont des « choses » non-limitées dans leur existence, par des limites corporelles.

-Il est rapporté de l’Imam as-Sadeq(p) : « Ils sont tous les deux [le « trône » et l’« arche », l’« arche » étant distinct du « trône »], deux des plus grandes portes des Mystères et tous les deux sont de l’ordre des Mystères, et tous les deux sont liés dans le Mystère (« al-ghayb »), parce que le Trône (al-kursî) est la porte externe, apparente du Mystère duquel [apparaît] le prélude de la création et duquel toutes les choses s’élèvent, et l’Arche est la porte intérieure. Ainsi tous les deux sont dans le savoir deux portes liées parce que la royauté de l’Arche est égale à celle du Trône, mais son savoir est plus dissimulé, plus profond que celui du Trône. » (in Tawhîd d’as-Sadûq, Bâb al-‘Arsh).

-Et il est rapporté de l’Imam as-Sâdeq(p) dans al-Ihtijâj : « Dieu a créé toute chose dans le creux du Trône sauf son ‘Arche car elle est plus grandiose pour être embrassée par le Trône. »

Ainsi, le Trône et l’Arche indiquent deux niveaux du Savoir (divin) : l’Arche renvoyant au niveau du savoir qui n’a pas de limite, ni de mesure du point de vue de la Perfection de l’Existence, et  le Trône au niveau du savoir mesuré, limité (plus proche de notre savoir corporel) selon les circonstances du savoir. Et ces deux ne font qu’un en tant qu’unité de l’apparence avec son intérieur.

وَلَا يَئُودُهُ  حِفْظُهُمَا   « wa lâ ya’ûduhu hifzhuhumâ»

La protection des cieux et de la terre ne Le fait pas ployer parce que leur existence est en Lui, par Lui.

Il est à rapprocher à ce qui a été dit au début du verset à propos de Sa Sustentation : la somnolence et le sommeil n’ont pas de prise sur Lui (Très-Elevé). Et selon l’apparence, d’après Sayyed TabâTabâ’i, le pronom personnel suffixe renvoie au « Trône ». De même, il est possible qu’il soit rapporté à Dieu (« Allâhu » ou « al-Qayyûmu »). La différence réside dans le niveau de manifestation de Dieu auquel on se réfère.

   وَهُوَ الْعَلِيُّ     « wa huwa al-‘aliyyu al-‘azhîmu »

« al-‘Aliyyu » : à la Haute Importance, que rien ne surpasse, et qui surpasse, toute chose ; qui domine toute chose et en Qui disparaît toute chose.  Et lier son cœur à ce Nom, c’est reconnaître le besoin de Lui pour atteindre Sa Proximité. Il n’y a pas de degré plus élevé que l’on pourrait atteindre en dehors de Lui.

الْعَظِيمُ    « al-‘azhîmu »

« al-‘Azhîmu » Aucune créature ne peut imaginer Sa Grandeur. La Grandeur Absolue est en Lui et à personne d’autre et toute grandeur prend de Lui et revient à Lui et à Lui seul. Les articles de détermination indiquent la restriction, l’exclusivité. Seul  Dieu est le plus Elevé, le plus Grandiose, en tant que l’Elévation et la grandeur relèvent de la Perfection et la Vérité de la Perfection est uniquement à Dieu.

Lier son cœur à ce Nom, c’est reconnaître le besoin de Lui pour être grandiose auprès de Lui et non auprès de l’univers, sauf pour transmettre un ordre de Dieu. Dans ce cas, il faut recevoir (l’Ordre de Dieu) avec respect et renforcer Sa grandeur dans les cœurs de ceux qui écoutent. Dans ce cas, le besoin de Lui, en Lui, est pour magnifier Dieu dans l’Univers auprès des gens, non dans le but de se magnifier soi-même.

www.lumieres-spirituelles.net     No24  - Jamâdî I  1432 – Avril 2011


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