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2015-02-04 | Readers 394 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Vers un Moyen-Orient islamique malgré l’aversion des associationnistes ?


Vers un Moyen-Orient islamique

malgré l’aversion des associationnistes ?

Depuis son apparition, le soulèvement des peuples arabes musulmans s’est étendu à d’autres pays arabes, en même temps qu’il a pris une tournure dramatique dans certains des pays.

La Libye s’est engagée dans un avenir compliqué et incertain avec l’intervention directe des puissances occidentales (la France ayant « pris la tête de la croisade »), après que suffisamment de temps fut laissé à Kadhafi pour imposer une guerre impitoyable à son peuple (qui réclamait des réformes par la voie pacifique) et écraser son mouvement démocratique avec son artillerie lourde et l’aviation.

Au Yémen, le pouvoir s’est engagé dans une répression ouverte contre son peuple, après avoir essayé de le diviser, en faisant durant la seule journée du vendredi, 18 mars 2011, plus de 52 martyrs et des centaines de blessés alors qu’il avait choisi de présenter leurs revendications de façon pacifique malgré une tradition (même un point d’honneur) d’arborer les armes. Au Bahreïn, comme nous allons le voir, le pouvoir monarque n’hésitera pas à faire appel à l’armée des pays voisins pour réprimer dans le sang une contestation interne pacifique alors qu’il n’était pas en danger.

Quant aux pays occidentaux :

-d’un côté ils essayent d’apparaître comme les défenseurs du droit des peuples à la démocratie et à la liberté

-et de l’autre, quand ces mouvements démocratiques ne servent pas leurs intérêts, ils font tout pour les transformer en de guerres civiles, ou séparatistes ou confessionnelles. En même temps, ils  arment et entraînent ces despotes arabes qu’ils ont eux-mêmes fabriqués, et se préparent  même à une occupation directe (comme éventuellement en Libye), en vue de garder la main mise sur les ressources pétrolières et pouvoir exercer un contrôle sur les futurs gouvernements (tunisien et égyptien) à l’instar de l’Iraq et de l’Afghanistan. Sans oublier de mentionner leur soutien inconditionnel à l’entité sioniste dans sa politique d’usurpation et de répression du peuple palestinien – au point que la défense du peuple palestinien est devenu le critère de sincérité du soutien à tout

mouvement démocratique arabe –.

Mais grâce à la résistance, la détermination, la foi, la patience et la conscience de ces peuples en lutte pacifiquement pour de légitimes revendications, ces complots seront déjoués et une issue démocratique sera trouvée. Les sacrifices sont énormes, mais une nouvelle page d’humanité, de solidarité, d’unité entre les peuples arabes musulmans est en train de s’écrire avec le sang des martyrs, amenant une victoire certaine aux peuples de la région contre les Iniques occidentaux et leurs vassaux. « Quand le peuple veut la vie, force est pour le destin d’y répondre ! »

Tout comme les Tunisiens et les Egyptiens, la jeunesse bahreïnie, suivie par l’ensemble de la population, est descendue pacifiquement, le 14/2/2011, dans les rues de différents villages de l’archipel, puis de la capitale Manama, pour revendiquer plus de liberté, plus d’égalité, plus de justice sociale et économique et une participation aux décisions politiques du pays, dans le cadre d’une « monarchie constitutionnelle » où le 1er ministre serait élu par le peuple. Des revendications « ni shi’ites, ni sunnites, juste bahreïnies ». La place centrale de la ville, dite de la Perle, est occupée à l’instar de la place Tahrir au Caire.

En première réaction, le gouvernement envoie ses « forces anti-émeutes » pour déloger les protestataires de la place, sans sommation, à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et à fragmentations, faisant quatre nouveaux martyrs, des centaines de blessés et des dizaines de disparus. Les funérailles des martyrs se transforment en manifestations de protestation malgré les tirs de la police, et exigeant la démission du 1er ministre (oncle du roi, à ce poste depuis l’indépendance en 1971). Les Etats-Unis, craignant une déstabilisation de la région, appellent à la retenue. La police se retire de la place, tout de suite réoccupée par les protestataires le 19/2/11. L’opposition maintient ses revendications et ses manifestations, de plus en plus massives jour après jour, répondant au feu par des fleurs.

Le roi du Bahreïn fait de petites concessions. En même temps, il se rend plusieurs fois en Arabie Saoudite pour y chercher de l’aide, et reçoit plusieurs responsables américains (pas moins que l’amiral Mullen, Robert Gates et Feltman).

Le vendredi 11 mars, les marches pacifiques de l’opposition sont violemment réprimées par la police. Apparaissent des « voyous » du régime, armés de bâtons, de couteaux et de pistolets qui font des provocations et agressent les manifestants, tentant de transformer ce mouvement revendicatif en un conflit confessionnel (sunnite/shi’ite). En vain. Mais le nombre des blessés se compte par centaines.

L’entrée de plus de 1000 soldats saoudiens de la force commune du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) au Bahreïn, le 14 mars 2011, alors que le pays n’était pas en danger, « transforme la crise intérieure bahreïnie en une crise régionale » et place l’Arabie Saoudite sous les feux directs de la  condamnation. Alors que l’opposition dénonce « une occupation flagrante, un complot contre le peuple de Bahreïn désarmé et une violation des accords et des conventions internationales », les Etats-Unis approuvent tacitement l’ingérence des forces étrangères arabes et la confessionnalisation du conflit, tant ils craignent que l’instauration d’une démocratie à Bahreïn fasse tache d’huile dans les pétromonarchies voisines et vienne ébranler l’Arabie Saoudite, principal (pour ne pas dire le dernier) allié et relais des Etats-Unis dans la région.

Le lendemain, le roi proclame l’état d’urgence pour trois mois et charge le commandant des forces armées de rétablir l’ordre en faisant appel à l’armée, aux forces de police, aux unités de la garde nationale et à « toute autre force, si cela s’avère nécessaire. » Le 1er ministre turc, Rageb Erdogan met en garde contre « un nouveau Karbala à Bahreïn ».

Les agressions de la police et des « bandes armées » se multiplient dans tout le pays, utilisant armes à feu, tanks et même hélicoptères de guerre Apache, augmentant le nombre des victimes dans les rangs des opposants. Le mercredi matin, la place de la Perle est prise d’assaut et le quartier financier dégagé. L’opération de « nettoyage » par les « forces spéciales » se poursuit dans les rues, jusque dans les hôpitaux, dans les maisons.

Des gens cagoulés armés (des sbires de la famille royale) cassent de voitures, tuent intentionnellement des policiers pour en accuser les manifestants. Le couvre-feu est décrété, tout rassemblement, toute marche sont interdits dans tout le pays. Six personnalités de l’opposition sont arrêtées. Les jours suivants, plusieurs villages sont agressés. Le nombre des victimes, des disparitions et des arrestations augmentent.

Mais tout cela n’entame pas la détermination des opposants qui continuent de réclamer les réformes et exigent le départ des troupes d’occupation saoudiennes ainsi que la démission du 1er ministre.

Jusqu’à quand va durer cette opération de force ? Alors que la monarchie parle de faire venir d’avantages de forces extérieures et continue à réprimer les opposants, certains pays arabes, avec la Turquie et l’Iran, tentent de trouver une issue négociée à la crise bahreïnie et mettre un terme à l’effusion de sang et à l’occupation saoudienne à Bahreïn.

La lutte, la patience, la sagesse, le courage, la détermination et la foi de l’opposition Bahreïnie, le sang versé lui permettront de venir à bout des oppresseurs et les tyrans, de mettre à nu le vrai visage de ces « démocrates » occidentaux et lui accorderont la victoire.

 

Bahreïn

-Archipel entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, en face de l’Iran. Un pont de 25km le relie à l’Arabie Saoudite.

-741 km2

-600 000 ha  (+ ~autant d’immigrés)

-82 % musulmane  ( dont 70 % shi’ite)

- Après épuisement des ressources pétrolières, reconversion dans le bancaire, la formation et le culturel +Aide financière Saoudienne (25% du budget).

-chômage jusqu’à 15-20 % (surtout jeunes).

-Archipel pris à la Perse à la fin du XVIIIe siècle par les Khalifa (venus d’Arabie).

-Instauration d’une monarchie sunnite (sur une population locale arabe shiite) avec le Royaume Uni.

-Indépendance (du Rme Uni) en 1971. -Les Khalifa font venir les Etats-Unis (siège de la 5e flotte américaine).

-Années 1980-90 contestations politiques et sociales

-2001, rétablissement d’un Parlement élu

-mais maintien de la discrimination contre les shiites pourtant majoritaires, considérés comme des citoyens de 2de zone et naturalisation massive d’étrangers (sunnites).

Spécificités :

-sa police et son armée confiées à des étrangers (Jordanie, Maroc, Pakistan, Inde) ultra-loyaux  au roi, formées par la Grande Bretagne puis la France.

-au cœur des pétromonarchies arabes disposant des ressources pétrolières et d’énormes capitaux (pétrodollars) face à l’Iran.

-au cœur de la population shiite du golfe (30% de la population au Koweït, 10 à 15% en Arabie saoudite dans une région jadis intégrée au Bahreïn, recelant l’essentiel des réserves du pétrole saoudien, + 400 000 Iraniens naturalisés résidant aux E.A.U.).

- hébergeant la Ve Flotte américaine + centres d’écoutes et de surveillance américains et français.

www.lumieres-spirituelles.net     No24  - Jamâdî I  1432 – Avril 2011

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