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2015-02-04 | Readers 309 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

1- La question de la « wilâyah al-faqîh »


Quand une question de dogme ou de droit devient un point d’actualité politique :

1- La question de la « wilâyah al-faqîh »

Ce furent d’abord les attaques des ennemis de l’Islam contre la Nation islamique d’Iran qui mirent la question de la « wilayah al-faqih » à l’ordre du jour. Puis les évènements qui bouleversèrent la région durant cette année. Ils mirent en évidence de nouveaux besoins et de nouvelles exigences d’ordre conceptuel et organisationnel, notamment face aux offensives des

super-puissances (américaine en tête) et dans la perspective de la disparition pas si lointaine de l’entité sioniste. Aussi, est-il devenu important de parler de la question et de ne pas laisser les ennemis de l’Islam en donner une fausse image alors qu’elle représente un atout pour les forces islamiques, même, pour toutes les forces démocratiques !

Qu’est-ce que la « wilâyah al-faqîh » ?

C’est-à-dire littéralement le « tutorat du savant », du plus savant en religion, qui a connaissance de la Religion de Dieu, du Droit, des circonstances du temps et du lieu, en plus d’autres qualités de foi et de morale. Il n’est en aucun cas une dictature d’une personne sur un Etat. Il exprime un type de relation particulier entre les croyants et le plus savant, le plus pieux, le plus sage et le plus compétent d’entre eux, pendant l’occultation de l’Imam(qa).

D’où vient cette notion ?

Pour les Shiites, la « wilâyah al-faqîh » est dans le prolongement de leur croyance au Prophète Mohammed(s) et aux Imams(p) de sa descendance après lui(s). Pendant l’occultation de l’Imam du Temps(qa), le « walî al-faqîh » joue le rôle de son adjoint (nâ’ib) ou de son représentant (khalîfah) sur terre, parce que la terre ne se vide pas d’Argument de Dieu (« Hujjat-Allâh »).

L’obédience à lui est du même ordre que celle aux Imams Infaillibles(p). La « wilâyah al-faqîh » maintient la permanence de l’Imamat de l’Imam occulté(qa) sur terre et s’inscrit dans le cadre du Projet divin du perfectionnement de l’homme (et de toute la terre) dans ce monde matériel vers l’Au-delà, dans son retour à Dieu.

Elle est expression de la Bienveillance de Dieu et de Sa Miséricorde envers Ses adorateurs/serviteurs.

Elle correspond au besoin de renouveler ou de moderniser la législation (la sharî‘a) qui prend sa source dans le Coran et la Sunna et qui concerne l’ensemble des aspects de la vie. Elle aide ainsi à résoudre le problème résidant dans la juste compréhension de l’Islam dans les affaires de ce monde (au niveau de l’individu et de la société), en fonction des nouvelles conditions du temps et du lieu. Elle permet de mettre en évidence la relation de la spiritualité et de la politique, le sens de l’existence de l’homme et de sa mission « divine » en tant que « lieu-tenant » de Dieu sur terre.

C’est l’Imam al-Khomeynî(qs) qui raviva cette notion et il l’évoqua dans trois de ces ouvrages rédigés tardivement(1).

La « wilâyah al-faqîh » est-elle spécifique aux Shi’ites ?

Non, des savants musulmans des Shaféites et des Hanbalites la reconnaissent aussi comme étant un principe religieux islamique. Tous les savants sunnites et shiites sont d’accord pour dire qu’un gouvernement guidé par une personne réunissant toutes les qualités exigées pour le « walî alfaqîh » est le meilleur des gouvernements.

Quelles sont les qualités exigées du «walî al-faqîh»?

« Celui des juristes-savants qui est protecteur pour lui-même, veillant à sa religion, contrecarrant ses passions, obéissant aux Ordres de son Maître, alors aux gens communs de le suivre.» (L’Imam al-Askarî(p))

Il doit être savant (en Religion et des affaires de son temps (comme l’économie, la politique, les besoins de la société, etc.)

mujtahid » (c’est-à-dire être un homme de loi capable de promulguer des décrets religieux à partir de la Shari‘a, d’avoir un avis de jurisprudence, selon les conditions de

temps et d’espace)

-juste, sage et courageux pour pouvoir gérer les affaires de l’Etat et prendre les décisions nécessaires

-en plus des qualités de foi et de morale comme la piété, l’ascétisme (ne pas être accroché à ce monde).

Quel est son rôle ?

Le « walî al-faqîh » a un rôle imminent dans la construction de l’Etat, de la République Islamique, dans la sauvegarde des principes de la Révolution. Il guide, organise les affaires sans rien imposer.

Sur le plan intérieur, il veille à l’application des principes de l’Islam, au respect des droits (matériels et spirituels) des individus et de la société, à la réalisation de la foi, de la justice, de la liberté, de la noblesse, du bonheur des gens, à la sauvegarde de l’identité du peuple, de son unité et de sa participation à la construction de l’Etat (notamment au sein de la constitution).

Au niveau extérieur, il veille à l’établissement de bonnes relations avec tout le monde, en vue de répandre la paix et l’équité, de défendre les opprimés (la cause palestinienne occupant une place centrale dans le cadre de sa lutte contre l’injustice), de réaliser l’unité des Musulmans tout en sauvegardant les particularités de chacun.

Il incite à l’éveil islamique, aux innovations (sans suivre l’Occident) dans tous les domaines (que ce soit au niveau économique, scientifique, artistique etc..) (avec un suivi précis de ce qui est fait) en vue de préparer la sortie de l’Imam al-Hujjah(qa).

Ainsi, il n’est pas seulement un conseiller, mais un « superviseur » qui empêche les déviations ou les abus, qui règle les différends, un chef qui est amené à prendre des décisions, notamment dans des situations de défi.

Quel est son rapport avec le gouvernement ? Comment est-il choisi ?

Son rôle de superviseur, de chef ne l’empêche pas de suivre les lois comme tout autre citoyen du pays. Il n’est pas au-dessus des lois et il doit rendre des comptes au Conseil des Experts de la Direction qui l’a choisi.

Est-ce que son jugement (hukum) s’applique aux seuls shi’ites ?

Il s’applique à tous les Musulmans, même aux autres grands savants, même à tout être libre ! La raison n’indique-t-elle pas qu’il est préférable de ne prendre qu’un seul chef et de  choisir le plus savant, le plus compétent, celui qui rassemble les meilleures qualités, notamment dans des situations de défi ?

 (1)Risâla fî-l-ijtihâd wa-t-taqlîd, Hokûmat-e eslâmî

 

Comment la « wilâyah al-faqih » (le « tutorat du plus savant ») est devenue un point d’actualité :

Au début elle ne concernait que les Shi’ites et encore une minorité, ceux les premiers qui ont suivi les indications lumineuses de l’imam Khomeynî(qs). Puis elle s’est posée au niveau d’un Etat dans la  construction de la République Islamique Iranienne.

Puis elle est sortie de ce cadre pour s’imposer à une échelle plus large shi’ite pour qui cette question était dans le prolongement de leurs croyances, pendant l’occultation de l’Imam de leur temps(qa) et était un moyen pour résoudre leurs problèmes. Nous pensons notamment au Liban après l’occupation du pays par les forces d’occupation israéliennes en 1982 et l’émergence de la résistance « islamique » qui arrivera, moins de vingt ans plus tard, à chasser de la majorité du territoire libanais cette armée d’occupation (une des plus fortes au monde disait-on) dans l’humiliation. Cette relation aura été fructueuse !

Puis il y a eu le 11 septembre 2001 ! Tournant décisif dans la politique américano-sioniste qui lança sa contre-offensive directement, ouvertement, sur le terrain de l’Islam au niveau des mots et des actes. On entendit parler de l’ « Axe du mal » en même temps que les troupes occidentales, américaines en tête, débarquèrent dans la région : occupation de l’Afghanistan fin 2001 puis de l’Iraq en mars 2003, ingérences directes dans les affaires des pays de la région.

Les élections présidentielles en juillet 2009 en Iran ont servi de prétexte aux médias occidentaux soumis au diktat américano-sioniste, pour diffuser leurs mensonges et crier à la « dictature » en Iran et pour s’attaquer non seulement à la personne du président de la République élu mais aussi au « walî al-faqîh », l’imam Khâmine’î. Au Liban, les coups sont dirigés contre le Hezbollah, (parti devenu incontournable sur l’échiquier politique du pays) et son allégeance à la « wilâyah al-faqîh ».

Et puis il y a eu la victoire de 2006 au Liban, celle de 2009 à Gaza, l’enlisement des troupes américano-sionistes-occidentales en Irak et en Afghanistan, et l’émergence de mouvements révolutionnaires, populaires en Tunisie, Egypte, Bahreïn, Yémen, Libye pour ne citer qu’eux. De nouvelles préoccupations, de nouvelles exigences apparurent.

En même temps, la République Islamique d’Iran est passée de la construction et de la consolidation de l’Etat islamique au développement d’un exemple de civilisation islamique. Les ennemis de l’Islam, les premiers, ont vu où se trouvait le point fort de leurs adversaires et le danger qu’il pouvait représenter pour eux, alors qu’il était souvent ignoré et parfois récrié par les concernés. Ils sont passés à l’attaque sur ce terrain alors que la question était timidement abordée dans certains milieux.

Après la 22e commémoration de la mort de l’Imam Khomeynî(qs) depuis début juin 2011 et la tenue d’une conférence internationale sur ce point les 6 et 7 juin 2011 au Liban, le moment est venu d’en parler ouvertement !

www.lumieres-spirituelles.net     No27  - Sha’ban  1432 – Juillet 2011


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