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2015-02-04 | Readers 383 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate an-Nâs (Les Gens) CXIV (8)


Sourate an-Nâs  (Les Gens) CXIV  (8)

بسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ (١) مَلِكِ النَّاسِ (٢)إِلَهِ النَّاسِ (٣)

Qul : a‘ûdhu bi-rabbi-n-nâsi, maliki-n-nâsi, ilâhi-n-nâsi,

Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des gens, (1) du Souverain des gens,(2)

 de la Divinité des gens,(3)

مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ (٤)

min sharri-l-wawâsi-l-khannâsi

contre le mal de celui qui suggère, le furtif, (4)

Reprenons..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Imthâl, de sayyed Ja‘far al-Murtadâ, dans son Tafsîr sourate an-Nâs, et sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», du commentaire du 25e Hadith de l’Imam Khomeynî(qs).)

 

Après voir vu la nécessité de chercher protection et immunité auprès de Dieu en évoquant trois de Ses Attributs, et su ce qu’était le mal, nous terminons l’étude de la signification des « suggestions » (al-waswasat).

الْوَسْوَاسِ « al-wawâsi- »   

« LES ETAPES DU « WASWAS »

Ce qui atteste que les « suggestions » sont des actes du « shaytân » et des insinuations de ce maudit, dans lesquelles ne se trouve aucune motivation religieuse ou incitation de la foi/croyance, malgré les prétentions de son détenteur, est que ces « suggestions » sont contraires aux règles de la Législation et aux propos rapportés des Gens de la Maison, les Infaillibles, les Purs.

 

Il est rapporté un propos de l’Imam as-Sâdeq(p) :

« J’évoquai, devant l’Imam as-Sâdeq(p), un homme qui était éprouvé par les petites ablutions (wudû’) et la prière et lui dis qu’il était un homme raisonnable. Abû ‘Abdallah répliqua : « Quelle raison a-t-il, alors qu’il obéit au « shaytân » !? » « Et comment obéit-il au « shaytân » ? lui demandai-je. Il(p) me répondit : « Demande-lui d’où vient ce qu’il fait. Il te dira : « des actes du « shaytân ». » » (Kâfî, vol.1, Kitâb al-‘aqil wa-l-jahl H10)

 

Ce propos rapporté illustre bien comment le « shaytân » agit. S’il ne peut égarer une personne à travers la corruption et la débauche, il parcourt alors la voie des actes d’adoration, des rites religieux pour invalider les actes qui doivent la rapprocher de Dieu et l’élever par eux vers Dieu Très-Elevé, et pour les rendre des moyens pour l’éloigner de la place de la Seigneurie (que soit Magnifiée Son Importance) et le rapprocher d’Iblis et de ses soldats. Ainsi, le « shaytân » commence par corrompre les actes de Bani Adam pour éloigner son cœur de Dieu Très-Elevé et en retirer Dieu Très-Elevé.

Il est probable qu’Iblis ne va pas se contenter de faire des suggestions au niveau des actes, mais qu’il va essayer de jouer avec les croyances de l’homme et lui suggérer de fausses idées au niveau des dogmes et de la religion pour l’éloigner de la Religion de Dieu, le faire douter de l’Origine er de la Résurrection et l’envoyer vers la misère éternelle.

Maintenant, voyons ce que signifie « al-waswâs » (avec le second « a » long) et ce qu’il représente.

 

« WASWÂS » :  AGENT, NOM D’ACTION OU QUALIFICATIF EMPHATIQUE ?

—Selon l’apparence, le mal est attribué à « celui qui suggère » (l’agent) plus qu’à la « suggestion » elle-même. En même temps l’agent n’est désigné que par l’action qui le caractérise, celle de suggérer. Il n’est pas nommé explicitement.

Sans doute parce que Dieu veut attirer notre attention sur l’action elle-même (la suggestion), sa dangerosité, ses particularités, sur la voie par où passe le mal, sur les moyens employés pour atteindre le for intérieur de l’individu plutôt que sur l’agent lui-même.

Sans doute aussi pour ne pas limiter l’agent à un seul acteur mais désigner tous ceux des djinns et des hommes qui agissent ainsi et il n’y a pas de différence dans le fait que l’origine de la « suggestion » soit l’âme, le for intérieur ou un intermédiaire de l’extérieur, des « shayâtîn » des djinns et des hommes.

Sans doute pour indiquer que le mal est attribué à celui qui le fait à cause de ce qu’il fait, (c’est-à-dire suggérer), et cela quel que soit celui qui le fait, sans spécifier un groupe à l’exclusion d’autres.

La qualification de « suggérer » est là pour indiquer la cause de la nécessité de demander refuge et protection, en tant que la sollicitation d’une protection est causée par l’arrivée du mal qui nous atteint à travers ces suggestions.

—Considérer « al-waswâsu » comme une forme emphatique (comme fa‘âl, « être la suggestion même » – forme qui serait en harmonie avec le mot suivant « khannâs » –) ou comme un nom d’action (masdar, la suggestion) comme certains savants le suggèrent ne change en rien le sens fondamental : celui de voir en l’action elle-même la cause du mal dont on doit prendre garde.

En effet, la forme emphatique est utilisée pour décrire quelqu’un, en vue de mettre en évidence cette qualification. La forme emphatique de « al-waswâsu » implique de faire davantage attention à cette créature.

Et peut-être que cela explique aussi l’attribution de la qualification de « mal » à cette créature de façon absolue, en tant que le mal vient d’elle à cause du fait qu’elle est devenue la « suggestion »-même, qu’elle est « pure suggestion. »

D’où la nécessité de chercher protection auprès de Dieu en nomment trois de Ses Attributs.

 

—De même le nom d’action est  habituellement utilisé pour décrire quelqu’un en vue de montrer que « celui qui suggère » est « celui qui suggère »-même, en soi, non pas comme un défaut par accident. Par exemple, on dit que Zayd est justice (‘adel) et non pas juste (‘âdel) pour montrer qu’il est la justice même tant il est juste, ou encore la justice s’est matérialisée en Zayd. Ainsi la « suggestion » s’est matérialisée en lui au point de devenir la « suggestion » même, au point que si l’on dit « suggestion », il nous vient tout de suite à l’esprit « celui qui suggère » (en l’occurrence le « shaytân »). Le « shaytân » est la suggestion-même. Comme si « celui qui suggère » est sorti de sa nature (d’être un djinn ou un être humain) pour devenir cette qualification-même.

الْخَنَّاسِ « al-khannâsi »   

« al-Khannâs » vient de « khunûs » qui a deux sens opposés :

-ce qui apparait après la dissimulation, c’est-à-dire la dissimulation précédant l’apparition.

-et le recul, la disparition après l’apparition, selon le sens qui apparait dans les propos rapportés : si le serviteur évoque Dieu Très-Elevé, le « shaytân » recule (bat en retraite) et disparait.

Quoiqu’il en soit, cette dissimulation peut :

-soit provenir de la nature même de « celui qui suggère » comme les propos rapportés l’indiquent. C’est le cas des djinns que les hommes ne peuvent pas voir. Dans le monde matériel, les djinns ont une sorte de dissimulation et l’apparition du « shaytân » se fait par l’apparition de ses suggestions qui expriment (sont expression de) son existence.

-soit se situer au niveau de l’acte de la « suggestion ». L’homme ne fait pas attention à ce qu’il lui arrive, au fait qu’il s’agit d’une « suggestion » du « shaytân ». Même ! il pense que ce qu’il fait vient de lui, de son propre choix, alors que c’est le « shaytân » qui suggère et insinue en lui.

 

En résumé, le « shaytân » est dissimulé au regard de l’homme et se met à lui suggérer. Cette suggestion est un signe, une indication de son existence, de sa présence et de son apparition avant que ne soit évoqué le Nom de Dieu par le serviteur. Si le serviteur L’évoque, le « shaytân » (ou « celui qui suggère ») bat en retraite et disparaît et ainsi de suite. A cause de la répétition de  ses tentatives et la multiplication de ses apparitions et disparitions, il est qualifié de « Khannâs ». La forme emphatique de « khannâs » indique ses nombreuses allées et venues entre la dissimulation et la disparition.

 

Ainsi, en un seul mot, Dieu nous indique deux particularités de « celui qui suggère » :

1-Il suggère de façon dissimulée – à la conscience de l’homme qui croit que ce sont ses propres pensées – et en dissimulant le faux sous un enrobage de vrai, le mensonge dans l’écorce de la vérité, le péché dans le vêtement de l’adoration, l’égarement derrière le voile de la guidance.

2-Il s’éclipse et se dissimule devant l’évocation de Dieu

www.lumieres-spirituelles.net     No33  - Safar 1433 – Déc.-Janvier 2012


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