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2015-02-04 | Readers 335 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate an-Nâs (Les Gens) CXIV (9)


Sourate an-Nâs  (Les Gens) CXIV  (9)

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ (١) مَلِكِ النَّاسِ (٢)إِلَهِ النَّاسِ (٣)

Qul : a‘ûdhu bi-rabbi-n-nâsi, maliki-n-nâsi, ilâhi-n-nâsi,

Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des gens, (1) du Souverain des gens,(2) de la Divinité des gens,(3)

مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ (٤)

min sharri-l-wawâsi-l-khannâsi

contre le mal de celui qui suggère, le furtif, (4)

الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ (٥)

al-ladhî yuwaswisu fî sudûri-n-nâsi

qui suggère dans les poitrines des gens, (5)

Reprenons..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Ja‘far al-Murtadâ, dans son Tafsîr sourate an-Nâs, et sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm».)

 

Après avoir vu la nécessité de chercher une protection, une immunité auprès de Dieu en évoquant trois de Ses Attributs, contre les « suggestions » (al-waswasat), nous continuons à découvrir les particularités de ces « suggestions ».

الَّذِي يُوَسْوِسُ « al-ladhî yuwaswisu »   

Ce cinquième verset est une proposition relative qui vient compléter le verset précédent, en décrivant « celui qui suggère » par son acte. C’est-à-dire après le pronom relatif, vient le même mot « waswas » sous sa forme verbale au temps présent.

La répétition de ce mot sous sa forme verbale est sans doute pour confirmer que l’acte à l’origine de cette qualification (le fait de suggérer de celui qui suggère) est un acte accompli de libre choix, volontairement, avec détermination et même planification. C’est un acte prémédité.

L’emploi du présent (mudâra‘) est sans doute pour montrer que la suggestion est un mouvement, un acte qui prend sa source et a lieu dans la réalité extérieure, et qui se réalise dans l’existence de l’individu, et pour insister sur la permanence de l’accomplissement d’un tel acte maintenant et dans l’avenir.

فِي صُدُورِ النَّاسِ «sudûri-n-nâsi »   

Où agit « celui qui suggère » ? Dans les poitrines (sudûr) des gens.

« Sudûr » pluriel de « sadr », venant de « sadara » : ce qui en sort.

Et « sadr » est le coffre du cœur. C’est là qu’arrive le sang de l’ensemble des organes par les veines et de là que sort le sang pour l’ensemble des extrémités des corps. Ainsi la poitrine est la corroboration (misdâq) de l’étape des sources (sudûr) ou du ressourcement. Il en est de même sur le plan spirituel, le cœur étant le centre de la vie spirituelle et la poitrine le contenant.

Le cœur est le centre de la poitrine et la poitrine est un niveau étendu secondaire, éclairé du cœur. Ils sont à des niveaux différents et on ne leur attribue pas les mêmes attributs. A propos du cœur, on parle de foi, de tranquillité, de crainte soumise, de salubrité (salîm), de dureté, de déviation, d’aveuglement, de scellement, alors qu’à propos de la poitrine, on parle de dissimulation, et aussi d’apparition, de rendre secret, d’élargissement, d’extension ou de rétrécissement. On pourrait comparer la poitrine et le cœur à une niche et une lampe, dans la niche se trouve la lampe.

Le cœur est une manifestation de la force et de la vie, et une telle force se loge dans la poitrine, {..afin que Dieu éprouve ce qu’il y a dans vos poitrines et purifie ce qu’il y a dans vos cœurs, et Dieu sait ce que détiennent vos poitrines.}(154/3 La famille de ‘Imrân) (c’est-à-dire les vérités les plus ancrées, les plus profondes, les plus cachées). La poitrine vient après le cœur, elle manifeste ce qu’il y a dans le cœur.

POURQUOI LES SUGGESTIONS INTERVIENNENT AU NIVEAU DE LA POITRINE ?

Parce que ce à quoi s’accrochent les « suggestions » est le principe, l’origine de la connaissance de l’homme. Et l’origine de la connaissance de l’homme est l’âme, qui amène au cœur. C’est pourquoi, selon Sayyed Tabâtabâ’i, ce qui est visé par ce mot (as-sudûr), ce sont les âmes.

Les poitrines sont prises par « ceux qui suggèrent » comme lieu de leurs suggestions, parce que la connaissance est rapportée en fonction de sa diffusion vers le cœur, le cœur se trouvant dans la poitrine. Alors {s’aveuglent les cœurs qui sont dans les poitrines.}(46/22 Le Hajj)

D’autres versets du noble Coran insistent sur le fait que le cœur qui se situe dans la poitrine est le centre des connaissances de l’homme :

{Ils ont des cœurs qui ne réfléchissent pas.}(179/7 al-A‘raf),

{Les regards ne deviennent pas aveugles, mais les cœurs le deviennent dans les poitrines.}(46/22 Le Hajj),

« La lumière (le savoir) que Dieu projette dans le cœur de qui Il veut. » (de l’Imam as-Sâdeq(p))

Ainsi, « celui qui suggère »  ne suggère pas d’une suggestion extérieure, entendue ou pas, exaucée ou pas, en restant à l’extérieur, mais il pénètre dans la poitrine et entre à l’intérieur de l’existence de l’individu qui se trouve touché en son for intérieur, en un lieu central, au milieu de sa poitrine.

Pour se protéger soi-même contre ces suggestions, Dieu demande de faire appel à la Protection du Tout-Puissant et de chercher refuge auprès de Lui.

POURQUOI LE COMPLÉMENT DU NOM « DES GENS » ?

Pourquoi doit-on dire « dans les poitrines des gens » alors que la demande de protection et la recherche du refuge se sont faites à la première personne du singulier ?

Sans doute parce que ce n’est pas un ordre singulier spécifique à une personne mais général concernant l’ensemble des gens, mais touchant chaque membre de la communauté humaine, individu par individu.

C’est-à-dire tout le monde est touché par cette épreuve des « suggestions » incessantes maléfiques au niveau des poitrines. Ces suggestions peuvent mettre en péril tous les gens, individu par individu (d’où la demande de protection individuelle) et empêcher leur cheminement vers Dieu, dans la voie de leur perfectionnement. Seuls ceux qui n’oublient pas de chercher refuge auprès de Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté), sont épargnés. Voilà la véritable assurance, l’immunité protectrice mais aussi la voie du rapprochement et du retour à Dieu. Et cela a des effets tant au niveau de l’individu et que de la société.

www.lumieres-spirituelles.net     No34  - Rabî‘ I 1433 – Février 2012


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