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2015-02-04 | Readers 340 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

La famine en Afrique une fatalité ?


La famine en Afrique une fatalité ?

L’année 2011 a fait apparaître les grandes lignes d’une nouvelle politique très agressive des puissances occidentales contre l’Afrique en vue de mettre la main sur les richesses de son sous-sol (pétrole, métaux précieux..) et de s’accaparer de ses terres agricoles dans une perspective de stratégie de contrôle du monde et de rivalités entre les grandes puissances. Sur le terrain, elle s’est manifestée de façon notoire par :

—l’éclatement de violents conflits meurtriers aux différentes couleurs (confessionnelles, régionales, ethniques, tribales, voire politiques) pouvant aller jusqu’à la sécession (comme au Soudan), au fractionnement de l’Etat (comme en Somalie), au renversement de régime par des forces étrangères (comme en Libye et en Côte d’Ivoire) ou au maintien de dictatures (comme au Zimbabwe), remettant en cause le partage de l’Afrique établi à Berlin en 1885 ;

—le développement de la famine pouvant prendre des formes catastrophiques comme en Somalie(1). Parmi les pays islamiques, l’Afrique reste le continent le plus touché par la famine malgré toutes ses richesses. Des institutions internationales comme la FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) ont été créées pour soi-disant « aider à construire un monde libéré de la faim ». Pour expliquer ce fléau, on nous parle d’un « réchauffement de la planète provoquant des sécheresses », d’un « surpeuplement », d’un « inévitable tribut du progrès » ou de la « fatalité ». Mais qu’en est-il en réalité ?

Ces dernières années, six phénomènes majeurs sont apparus en Afrique, aux implications très graves pour les populations locales :

1L’entrée en bourse des denrées alimentaires.

Après la crise des subprimes en 2007-2008, les grands investisseurs (fonds de pension, banques d’investissement, fonds de placement…) ont déplacé leur spéculation vers les marchés boursiers où

se négocient les contrats sur les denrées alimentaires (comme le blé, le riz, le maïs), les introduisant

dans la tempête de la spéculation financière(2) mondiale, entrainant :

une flambée des prix, rendant inaccessibles les denrées alimentaires aux populations affamées ;

une accélération de l’appauvrissement des pauvres jusqu’à l’ « affamement » et de l’enrichissement des riches ;

2Un changement radical de la  politique agricole avec :

d’un côté :

l’accaparement des terres par une minorité réduite de très grands propriétaires, remplaçant les cultures vivrières par des cultures fourragères, d’oléagineux considérées plus rentables ;

le développement de mono-cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, palmier à l’huile, fleurs…) devenues une production alimentaire agro-industrielle pratiquant la culture intensive usant pesticides, engrais issus de la pétro-chimie ;

l’introduction des géants de l’agro-industrie tels le semencier américain Monsanto, l’Allemand Bayer (pour les pesticides et les engrais sans lesquels l’agriculture productiviste n’existerait pas), qui détiennent désormais les clefs de la production agricole mondiale.

et de l’autre :

le désinvestissement dans le secteur agricole des aides octroyées par les pays riches au développement des pays dits défavorisés ;

la réduction des surfaces destinées aux cultures vivrières et aux agricultures familiales ;

l’abandon de l’autosuffisance en céréales (suppression des systèmes de stabilisation des prix et des subventions aux produits de base et abandon des silos à grains et des stocks de réserve qui servaient en cas d’insuffisance) ;

la suppression des organismes de crédit public aux paysans, les mettant à la merci des prêteurs ou banques privés pratiquant des taux usuriers, provoquant leur surendettement massif ;

l’augmentation des importations de nourriture, accélérant la faillite des producteurs locaux, la dépendance de l’économie locale des évolutions des marchés mondiaux et la mainmise de l’agriculture

intensive industrielle ;

la dépossession des petits paysans chassés de leur terre et la diminution drastique des ressources des populations locales, privées d’emploi, totalement démunies ;

l’épuisement des terres et des ressources en eau..

3Le développement de la production d’agro-carburants par des multinationales

Les denrées alimentaires ne sont plus cultivées pour nourrir mais pour être exportées à des fins énergétiques. Ce qui contribue aussi à l’augmentation des prix et aux autres faits décrits plus haut.

4L’accaparement de vastes terres prospères par des pays étrangers.

Depuis 2008, plus de 50 millions d’hectares de terres prospères ont été arrachées à l’Afrique par des « investisseurs » étrangers privés ou d’Etat (comme la Chine, l’Arabie Saoudite, la Corée du sud..) pour nourrir leurs propres populations. (Comme à Madagascar, au Mozambique, au Soudan, en Ouganda..)

5La surexploitation des  forêts et des richesses  minières sous-terraines entraînant :

l’expropriation, l’expulsion et l’exode des populations locales totalement démunies ;

la désertification de ces terres exploitées et leur pollution.

6La transformation de certaines  régions de ces pays  en dépotoirs des déchets occidentaux

(comme au Nigéria , en Somalie en Côte d’Ivoire, …) Tout cela a contribué à l’appauvrissement accru de ces pays (malgré les richesses humaines et naturelles considérables) et l’augmentation de leur dépendance vis-à-vis des grandes puissances étrangères. Où est le progrès ?

C’est l’échec de la politique capitaliste matérialiste à la recherche de continuels profits de ce monde pourtant éphémères.

Où est la solution ?   Certainement :

„en prenant conscience de ces nouveaux complots en cours ;

„en défendant l’indépendance face aux ingérences occidentales ;

„en se réappropriant et en sauvegardant les richesses du pays pour le bien-être du peuple ;

„en dénonçant la politique criminelle américano-sioniste et de leurs alliés, ainsi que ces structures internationales qui ne sont là que pour défendre leurs intérêts ;

„en ne tombant pas dans les pièges des divisions internes, des positions fanatiques, quelles qu’elles soient.

{Il n’y a point de bête sur terre dont la subsistance n’incombe à Dieu.}(6/11 Hûd)

Les acteurs  de ce nouveau  complot..

Vous les trouverez auprès de :

Âla Banque mondiale et du FMI (Fond Monétaire International), à la recherche de nouvelles proies pour leurs transactions spéculatives. Sous couvert d’aides financières, ils poussent les gouvernements locaux au surendettement à travers de mégaprojets, avec des taux de remboursement de plus en plus

élevés.

Âdes sociétés multinationales (comme Monsanto, Bayer..) qui, bénéficiant de l’aide de ces structures financières, mettent la main sur ces économies locales devenues vulnérables ;

Âune élite locale corrompue, prête à brader son pays pour s’enrichir, détournant pour elle-même de grosses quantités d’argent, avec l’accord tacite ou  actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI.

.. et les moyens utilisés :

Ils sont à rechercher auprès de :

Âdes structures intermédiaires qui facilitent ces transactions (et même le blanchissement d’argent) où l’on trouve nombre d’hommes d’affaires de l’entité sioniste.

Âl’intervention directe de certains pays

•sous formes d’aides et une immigration intense comme la Chine (qui, un jour, ira jusqu’à justifier une présence armée pour sécuriser « ses terres » et « ses citoyens »)

•sous forme d’ingérences militaires (formations et armement de groupes armés, fomentation de conflits armés internes (comme au Nigéria), vente d’armes, interventions directes (comme en Côte d’Ivoire et en Libye), constitution d’une alliance militaire AFRICOM).

 (1)Cf. Lumières Spirituelles N°29 Shawwâl  1432 - Septembre 2011

(2)Spéculer, au sens large, c’est faire un ensemble  d’hypothèses sur les conséquences de ce qui se passe aujourd’hui et en déduire une prédiction sur ce qui arrivera demain. Au sens strict de la spéculation financière, spéculer est exactement la même chose, hormis que vous pariez de l’argent sur votre prédiction en achetant des produits sur les marchés financiers.

www.lumieres-spirituelles.net     No35  - Rabî‘II 1433 – Fev.-Mars 2012


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