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2015-02-04 | Readers 461 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate an-Nâs (Les Gens) CXIV (11)


Sourate an-Nâs  (Les Gens) CXIV  (11)

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ (١) مَلِكِ النَّاسِ (٢)إِلَهِ النَّاسِ (٣)

Qul : a‘ûdhu bi-rabbi-n-nâsi, maliki-n-nâsi, ilâhi-n-nâsi,

Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des gens, (1) du Souverain des gens,(2) de la Divinité des gens,(3)

مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ (٤)

min sharri-l-wawâsi-l-khannâsi

contre le mal de celui qui suggère, le furtif, (4)

الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ (٥)

al-ladhî yuwaswisu fî sudûri-n-nâsi

qui suggère dans les poitrines des gens, (5)

مِنَ الْجِنَّةِ وَ النَّاسِ (٦)

mina-l-jinnati wa-n-nâsi.

des djinns et des gens. » (6)

Reprenons..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Ja‘far al-Murtadâ, dans son Tafsîr sourate an-Nâs, et sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm».

 

Après voir vu la nécessité de chercher protection et immunité auprès de Dieu en évoquant trois de Ses Attributs, contre les « suggestions » (al-waswasat), nous avons découvert certaines particularités de « celui qui suggère », notamment qu’il fait partie des djinns et des hommes. Nous continuons ici notre étude sur les djinns.

الْجِنَّةِ « al-jinnati »

ET LE « SHAYTÂN » ?

Le mot « shaytân » vient de « shatana » qui est la déviation de la vérité et de la droiture, la déformation.

« Shaytân » : est la corroboration (misdâq) par excellence de la déviation loin de la vérité, de la droiture, de la proximité de Dieu. Il est le nom de tout querelleur, de tout arrogant (contre la vérité) des djinns et des hommes. Ce mot a d’abord été utilisé pour les djinns de façon absolue, puis pour les hommes, dans le contexte d’hostilité, d’oppression, d’agression. Ainsi on parle d’Iblis comme du « shaytân » quand on constate en lui l’hostilité, l’agressivité, la rancune. Le mot « shaytân » n’est pas un nom propre.

La « shaytânah » n’existe pas dans le monde de la Raison parce qu’il n’y existe aucune limite extérieure. Dans ce monde, il n’y a qu’anéantissement (fanâ) dans la Soumission/assujettissement à Dieu ;

Elle n’existe pas non  plus dans le monde immatériel (malakût) supérieur, parce qu’il est exempt des limites de la corporisation, de l’épaisseur matérielle.

Par contre, elle peut se réaliser dans le monde immatériel (malakût) inférieur où il existe des limites..

Tant qu’il n’a pas atteint le rang du monde immatériel (malakût) supérieur, l’homme est exposé à l’égarement et aux faux-pas.

Les soldats d’Iblis (des djinns et des hommes qui ont atteint le degré de « shaytâniyyah ») sont ceux qui se mettent à tromper le genre humain. Le « shaytan » n’a aucun pouvoir sur l’individu, il ne lui impose pas de faire le mal. Simplement, il lui présente l’idée et l’enjolive. Mais si l’homme cherche la protection auprès de Dieu sincèrement, cette idée n’a aucun effet sur lui. C’est pourquoi Dieu dit que les ruses du « shaytân » sont faibles, tout en mettant en garde contre lui parce qu’il est l’ennemi déclaré de l’homme, qui s’est fixé pour tâche de le détourner nuit et jour loin de Dieu.

Le « shaytân » reste avec l’homme durant toute sa vie : « Quand un bébé nait pour le genre humain, Iblis l’accompagne d’un « shaytân » et Dieu l’accompagne d’un ange. Alors le « shaytân » se juche sur l’oreille gauche de son cœur alors que l’Ange se dresse sur celle de droite et les deux l’appellent. » (de l’Imam Hassan al-‘Askarî, Bihâr, vol.63 p140)

POURQUOI DIEU A CRÉÉ LE SHAYTÂN ?

S’il n’y avait pas le mal, la corruption, la fatigue, le manque, la faiblesse, la désobéissance dans ce monde, il n’y aurait pas le bien, la santé, le repos, la perfection, la force, le bonheur, l’obéissance, la récompense. Il apparait que l’existence du « shaytân » appelant au mal et à la désobéissance fait partie des piliers de l’organisation du monde humain qui marche selon le libre-choix, et qui a pour objectif le bonheur du genre. {Il [Iblis] n’avait aucun pouvoir sur eux si ce n’est pour que Nous distinguions ceux qui croient en l’Au-delà  de ceux d’entre eux qui sont dans le doute, et ton Seigneur est Gardien de toute chose. }(21/34 Sabâ’) 

مِنَ الْجِنَّةِ وَ النَّاسِ « mina-l-jinnati wa-n-nâsi »   

-Maintenant revenons à nos questions posées au début, concernant ce verset.

1)Pourquoi le mot « jinnat » et non pas « jinn » ?

« jinnat » désigne l’unité, l’élément non pas le genre des djinns. Ainsi le propos ne se porte pas sur le genre des djinns tout comme il ne se porte pas sur le genre humain en général, mais concerne chacune des unités, chacun des éléments de parmi ceux qui choisissent la voie de s’égarer et d’égarer les autres.

Egarer les autres, « suggérer » et revenir à la charge après ou avant de disparaître ne sont pas dans la nature du genre des djinns et des hommes (en soi) mais proviennent d’un choix volontaire d’éléments de ceux-ci (les djinns) et de ceux-là (les hommes).

-2)Pourquoi les djinns sont  cités avant les hommes ?

Peut-être parce que ces particularités (le fait de suggérer, de disparaître et d’apparaître) conviennent à la dissimulation, au voilement qui caractérisent plus les djinns que les hommes.

-3)A quoi renvoie la préposition « min » ?

A quoi renvoie la préposition « min », à « celui qui suggère » ou au verbe « suggère » ?

La majorité des savants disent que ce verset est rattaché à « celui qui suggère » (al-waswâs) et l’explicite. Comme on dit une bague en (min) or. « Celui qui suggère » serait de la sorte des djinns et des humains.

Ainsi « celui qui suggère » ne renvoie pas à un groupe déterminé ou à une partie limitée mais tout un chacun de parmi les djinns et les hommes qui agit selon ce qui a été décrit dans la sourate.

QUEL RAPPORT L’HOMME DOIT AVOIR AVEC LE SHAYTÂN?

Quand une personne est touchée par le mal des suggestions de « celui qui suggère », Dieu lui demande de chercher refuge auprès de Lui en faisant appel à trois de Ses Attributs (la Seigneurie, la Souveraineté, la Divinité). Le « shaytân » (qu’il soit des djinns ou des hommes) s’éclipsera alors. Dieu Tout-Puissant dit dans Son noble Livre : {Car il [le « shaytân »] n’a aucun pouvoir sur ceux qui croient et qui comptent sur leur Seigneur. }(99/16 L’Abeille) 

Et comme le « shaytân » revient sans cesse à l’assaut, Dieu nous demande de sans cesse chercher refuge auprès de Lui, jusqu’à ce que progressivement cela devienne une aptitude ancrée en nous. Et c’est cela l’objectif : revenir sans cesse à Dieu et toujours compter sur Lui.

(Dans la rubrique « Santé morale », nous aborderons dans les détails le traitement à suivre pour une telle maladie du cœur, allant du savoir, de la réflexion et de ne pas en tenir compte (notamment dans les actes d’adoration) à la remise totale à Dieu.)

Quant aux rapports entre les hommes et les djinns, ils sont des créatures de Dieu mais comme vivant dans leur monde comme deux mondes parallèles. La majorité des Autorités religieuses de référence juridique interdisent toute interaction entre les hommes et les djinns.

Ainsi se termine l’étude de la sourate an-Nâs qui tourne autour du thème de la guidance et de l’égarement, de la croyance et de l’incroyance, alors que la sourate al-Falaq, révélée à La Mecque avec elle et que nous verrons la prochaine fois, vise les questions de la vie quotidienne des gens.

www.lumieres-spirituelles.net     No36  - Jumâdî I 1433 – Avril 2012


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