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2015-02-04 | Readers 239 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Un « éveil arabe » aussi.. ..en Arabie Saoudite ?


Un « éveil arabe » aussi.. ..

en Arabie Saoudite ?

En 2011, la région orientale de l’Arabie Saoudite, riche en pétrole et en gaz, connut son  « printemps » et fut secouée par des troubles épisodiques pour protester contre la répression et la détérioration de la situation sociale. Quatre personnes furent tuées et des centaines autres arrêtées dont plus d’une soixantaine sont encore détenues. Depuis le début de cette année 2012, les manifestations sont devenues quasi-hebdomadaires, le vendredi et la nuit le précédant, à AL-QATÎF et dans d’autres villes comme al-‘Awâmiyyah.

LA RÉVOLTE DANS LA RÉGION D’AL-QATÎF

Ce furent d’abord des processions religieuses qui se transformèrent en protestations contre la politique de répression qui s’abattit sur les manifestants et la population locale, majoritairement shiite : barrages de contrôle des forces de sécurité saoudiennes dressés sur les routes d’accès à la région orientale (ash-sharqiyyah) pour étouffer la population, provoquer des affrontements, procéder à des arrestations ; tirs à balles réelles de la part de la police saoudienne face à des gens désarmés manifestant pacifiquement ; arrestations, détentions qui se prolongent, et pratique de la torture.

Les revendications des manifestants sont simples : libération des détenus (« politiques ») et arrêt des discriminations confessionnelles et de leur marginalisation administrative et fonctionnelle.

Après le martyre de deux Saoudiens tués par les forces de l’ordre le 10 février 2012, plus de cent mille Saoudiens pour la seule localité de Qatîf participent à leurs funérailles. Les mots d’ordre se précisent : des réformes politiques et des libertés religieuses (comme la liberté de construire des mosquées et des hussayniyyahs et de publier leurs propres publications religieuses) sont exigées. De même, le soutien au peuple du Bahreïn subissant la répression du régime et de l’Arabie Saoudite est exprimé.

La répression accrue des autorités saoudiennes provoque la radicalisation de certains qui commencent à réclamer le départ de la famille d’as-Saoud et la chute du régime.

Le 23 février 2012, des dizaines de savants shi’ites de l’Est de l’Arabie Saoudite condamnent le recours des autorités aux « balles réelles » face aux mouvements de contestation, et protestent contre les propos tenus deux jours plus tôt par une source sécuritaire saoudienne qualifiant le mouvement contestataire de Qatîf de « nouveau terrorisme ».

LA RÉVOLTE NE S’ARRÊTE PAS À CETTE RÉGION

C’est que le problème ne concerne pas qu’une région ou une minorité (shi’ite ou ismaélienne au sud du pays) mais l’ensemble de la population saoudienne. Bien que l’Arabie Saoudite soit un des pays les plus riches au monde, 40% des Saoudiens de 20 à 24 ans sont sans emploi et 22% de la population vivent dans la pauvreté.

La croissance économique a profité à l’élite des affaires – surtout à celle liée à la famille régnante – mais ne fournit pas d’emplois aux milliers de diplômés qui sortent de l’Université. En même temps, une succession de scandales (notamment au niveau de trafics d’armes et d’alcool) révèle un degré élevé de corruption et de despotisme au sein des institutions étatiques.

Les Saoudiens (hommes ou femmes, musulmans, confessions confondues) demandent du travail, un logement, l’éducation pour tous.. et aspirent à une participation à la vie économique et politique du pays, alors que la famille royale traite le peuple et le pays comme étant sa propriété privée.

Ils demandent une assemblée consultative (ou un parlement) élue en lieu et place de l’actuel Conseil Consultatif composé de 120 membres nommés par le roi. Et c’est vouloir se cacher la vérité que de croire que cette contestation naissante se limite à un mouvement de femmes cherchant à s’émanciper de la tutelle masculine (dont l’Occident se plait à faire l’écho).

La seule réponse que ces nouveaux contestataires obtiennent des autorités saoudiennes est la répression, l’emprisonnement, les gaz toxiques. Un magazine saoudien « al-Hijaz » (de l’opposition sunnite) révèle le 14 février 2012 la présence de 20 000 détenus (des réformateurs, des militants, des professeurs universitaires, des militants des droits de l’homme) dans les prisons saoudiennes pour des délis d’opinion (ou politiques ou de conscience).

Un exemple, Mohammed Saleh al-Bajâdî, membre d’une ONG sur la défense des droits civiques, détenu depuis le 21 mars 2011 pour avoir dénoncé la mort sous la torture d’un Yéménite et soutenu des familles de prisonniers politiques. Il a entamé une grève de la faim un an après pour protester contre sa détention sans jugement. Tout le pays a manifesté en solidarité avec lui, quelle que soit la confession ou la région.

Un autre exemple, le mouvement estudiantin. Il commence par une protestation de la part d’étudiantes contre l’abandon et l’état délabré de leur université à Abha au sud du pays. La répression brutale des autorités saoudiennes causant la mort d’une étudiante et une cinquantaine de blessées déclenche une vague de protestations au sein de plusieurs universités, le 13 mars dernier, qui s’étend à d’autres villes (notamment à Riyad et à Djedda), malgré les tentatives du régime saoudien d’exploiter les manifestations à l’Est du pays (dans la région de Qatîf, majoritairement shiite) pour « alerter la majorité sunnite du danger shi’ite ».

Un autre phénomène lourd de sens est apparu en Arabie Saoudite : le suicide des jeunes.

La cause vient en premier lieu du chômage. Les jeunes ne trouvent pas de travail, même après des années d’études, alors que le pays regorge de richesses et que les gens de la famille royale font venir des gens de l’extérieur.

ALORS, QUEL AVENIR ?

Il est difficile de l’imaginer mais ce qui est certain c’est que le sang coulé dans la lutte contre l’injustice et pour la Vérité n’est pas versé pour rien. Jusqu’à où ira la contestation ? Jusqu’à quand la famille saoudienne arrivera à surmonter ses divisions internes et à maintenir son diktat sur le peuple saoudien et sur la nation arabe avec sa petite sœur al-Qatar ?

Et qu’adviendrait-il des Etats-Unis si le mouvement de contestation prenait de l’ampleur au point d’arriver à renverser la famille as-Saoud ? Une révision de leur stratégie dans la région ? vers le retrait ou vers l’offensive ? vers la recherche de compromis avec les grandes puissances mondiales et régionales ou au contraire vers la fuite en avant en précipitant une attaque contre l’Iran ?

En tout cas, ces mouvements annoncent la fin d’une certaine hégémonie politique et idéologique américaine dans la région, même ! dans le monde ; et peut-être le début de la fin de leur mainmise et de leur monopole sur le pétrole et le gaz.

La région d’al-Qatîf

Al-Qatîf est à la fois un des plus vieux ports du Golfe Persique, une ville et une oasis de la province orientale (« ash-Sharqiyya ») d’Arabie Saoudite, non loin de Bahreïn, avec 474 573 ha.

Elle formait avec al-Hasa et les îles le royaume de Bahreïn.

Cette région est la plus grande concentration shi’ite en Arabie saoudite.

et la plus riche en  plus riche en pétrole et en gaz. Depuis Octobre 2004 elle en est devenue le plus important centre d’exploitation, de transformation et de transport.

Arabie Saoudite

+ de 2 M de km2, entouré par la Jordanie, l’Irak, le Koweit, le Qatar, les Emirats Arabes Unis, l’Oman, le Yémen et est bordé par la mer Rouge d’un côté et le Golfe Persique de l’autre.

La Ka’abah se trouve à La Mecque et le tombeau du Messager de Dieu(s) à Médine.

A la fin de son protectorat, la Grande Bretagne fonda, le 23 septembre 1932, l’Arabie Saoudite et assit la famille as-Saoud au pouvoir.

La découverte du pétrole en mars 1938 donna un essor au pays et le plaça sous la tutelle directe américaine.

Y est établie une monarchie de type absolu, aux couleurs islamiques, n’admettant aucune religion ou confession autre que le wahhabisme.

La dernière fatwa décrétée par le Grand Mufti d’Arabie Saoudite, le 15 mars dernier, ordonne « la destruction de toutes les églises de la région ».

Le pays a d’énormes richesses en pétrole, gaz et pétrodollars

et est connu pour ses ingérences dans les affaires intérieures des pays de la région et sa course à l’armement.

www.lumieres-spirituelles.net     No37  - Jamâdî II  1433 – Avril-Mai 2012


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