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2015-02-04 | Readers 507 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-Falaq (la fission) CXIII (3)


Sourate al-Falaq (la fission) CXIII  (3)

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ (١)

Qul : a‘ûdhu bi-rabbi-l-falaqi,

Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de la fission (1)

مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ (٢)

min sharri mâ khalaqa

contre le mal de ce qu’Il a créé, (2)

وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ (٣)

wa min sharri ghâsiqinn idhâ waqaba

contre le mal de tout ce qui enveloppe d’obscurité quand elle s’introduit, (3)

Nous avons vu précédemment l’interprétation des deux premiers versets. Nous allons découvrir, dans ce troisième verset, les caractéristiques du mal de la création contre lequel nous devons chercher refuge auprès de notre Seigneur. Le premier mal cité de façon spécifique est « le mal de tout ce qui enveloppe d’obscurité quand elle s’introduit ».

وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ « wa min sharri ghâsiqinn idhâ waqaba »   

« wa min sharri » Répétition du mot « sharr » introduit par la même particule « min » et la conjonction de coordination « wa ».

 « ghâsiqinn » de « ghasaqa » qui a pour sens fondamental unique : l’obscurité descendante, enveloppante (matérielle ou morale).

D’où la première obscurité de la nuit, c’est-à-dire quand la nuit est devenue obscure après la disparition du crépuscule (de la lumière qui reste encore après le coucher du soleil).

Certains savants ont situé cette grande obscurité vers le milieu de la nuit et l’ont considérée comme marquant la fin du moment de la prière impartie au maghreb.

« ghâsiqinn » nom de l’agent, masculin singulier indéterminé, indiquant celui qui fait l’action de façon absolue, quel qu’il soit : toute chose qui descend et enveloppe d’obscurité : matériellement comme l’obscurité à la tombée de la nuit et moralement comme les impuretés ou obscurités qui s’abattent sur le cœur et qui mènent à l’égarement, à la déviation, à l’incroyance, de façon absolue ou même l’injustice et l’oppression d’un despote.

 « idhâ » : particule introduisant

-soit une subordonnée de temps suivi d’un verbe au temps du passé = lorsque

-soit une conditionnelle exprimant une éventualité = si.

Il est plus probable qu’il s’agisse ici d’une subordonnée de temps qui donne une limitation soit à « ghâsiqinn », soit au « mal de toute chose qui descend et enveloppe d’obscurité », soit à la demande de protection.

« waqaba » : de  « waqab » qui indique le creux, la cavité.

Ensuite est venue la forme verbale pour : « entrer dans un trou », « s’introduire dans une cavité » (pour s’y cacher). Parmi ses corroborations (masâdîq) : l’entrée de la lune dans l’ombre de la terre (éclipse), l’entrée dans l’obscurité avec la tombée de la nuit.

Reprenons..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, et sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm».)

En reprenant ce qui a été dit précédemment, on pourrait dire qu’après avoir évoqué le mal de façon absolue, Dieu demande à tout Musulman (par l’intermédiaire de son Prophète(s)) de chercher protection auprès de Lui, de façon plus spécifique, contre le mal de la tombée de la nuit quand elle devient obscure. Comme s’il y avait un lien entre le mal et la nuit, le malfaiteur profitant de l’obscurité de la nuit pour faire son méfait, la nuit le dissimulant par son obscurité et la victime étant plus faible durant la nuit pour affronter les attaques du mal.

Cela voudrait dire que l’on recherche la protection du Seigneur de l’aube naissante contre le mal de la tombée de la nuit quand elle devient obscure.

Or la nuit est souvent évoquée dans le Coran comme étant une source de repos, de quiétude. De plus, la plupart des crimes à grande échelle ont lieu en plein jour !

Aussi, dans la mesure où « al-falaq » peut être compris de façon plus générale que « l’aube naissante », faire appel au Seigneur d’« al-falaq » pourrait vouloir dire de ne pas seulement faire appel à Dieu en tant que « Seigneur de l’aube naissante » mais de façon plus générale en tant que « Seigneur de ce qui fend en général » c’est-à-dire «qui fend les ténèbres du néant pour faire apparaître la lumière de l’Existence, de toute existence ».

Et le mal dont Dieu veut nous mettre en garde ne se limite pas à l’obscurité de la nuit mais à toute obscurité qui descend et qui enveloppe (en prenant argument sur le fait que « ghâsiqinn » est au singulier indéfini : quel qu’il soit, tout.., de façon absolue) – notamment celle qui entre dans le cœur du serviteur et l’enveloppe au point d’empêcher le passage de la lumière, même ! que la lumière, quel que soit son niveau, ne sorte de son cœur ! Le serviteur se trouve coupé de la Manifestation des Lumières de Dieu et des profondeurs des mondes. Et aussi le mal qui peut venir des despotes, des Etats qui exploitent les gens à couvert, qui agissent de façon cachée, voilant leurs agissements sous de belles paroles.

Ainsi, il est d’abord évoqué le « Seigneur d’al-falaq » qui est une indication que l’éducation des créatures qui viennent à l’existence par fission, fendage, scission, séparation, sont dès le début sous Son Regard et Son Pouvoir.

Vient ensuite, la demande de protection auprès de Lui contre le mal de ces créatures, c’est-à-dire des maux causés par leurs mauvaises actions et leurs mauvaises intentions qui ont une influence sur l’organisation de la vie et qui entraînent nécessairement une défaillance de l’ordre apparemment ou en profondeur.

Ainsi, en se plaçant du point de vue de l’éducation et du cheminement du cheminant spirituel vers Dieu, on peut constater qu’il ya :

 -d’abord une indication que la fission (ou fendage, scission, séparation) et l’apparition du premier niveau de l’éducation, même ! que la fission (ou fendage, scission, séparation) à tous ses niveaux, sont dans les mains du Seigneur le Très-Elevé. D’où la nécessité de se tourner vers Lui pour Lui demander Son Aide et Sa Protection contre les obstacles.

-puis l’indication des obstacles généraux auxquels l’homme est affronté en provenance de l’extérieur, de la création selon des différents aspects, matériels ou moraux.

-enfin l’indication de l’arrivée d’obstacles plus précis et plus percutants dans le cœur dans la mesure où disparaît la guidance et que le lien entre le serviteur et son Seigneur se coupe, qu’ils soient provoqués de l’extérieur, de mauvaises intentions ou des actes.

Ainsi l’arrivée de l’obscurité est le point de départ de tout mal. Viennent ensuite deux autres corroborations des obstacles que le cheminant vers Dieu est amener à affronter et que nous verrons la prochaine fois.

www.lumieres-spirituelles.net     No39 – Sha'ban 1433 – juin-Juillet 2012

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