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2015-02-04 | Readers 310 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’histoire de Sheikh Hassan


L’histoire de Sheikh Hassan

Un savant de Téhéran raconta qu’ un jour, un homme de la quarantaine vint le voir pour lui demander : « Je veux que vous m’enseigniez le livre « Jâmi‘ al-Muqadamât ». » « Je sentis quelque chose en moi qui me força à accepter sa demande malgré ma surcharge de travail et le fait que le livre en question était plutôt du niveau des débutants. Les cours eurent lieu tous les jours. Une relation de confiance s’établit entre lui et moi et il devint un habitué de la maison. Un jour, il me raconta son histoire :

 « Je vivais dans un village aux alentours de Mashhed. Mon père était le savant religieux de ce village. Il mourut alors que je n’avais pas encore 20 ans. Les gens du village se sont mis d’accord pour que je sois le savant du village après la mort de mon père. Ils me revêtirent de son turban et me chargèrent des tâches de savant du village.

A cette époque j’étais un jeune homme au début de sa vie. Je ne maîtrisais pas mes passions : mon amour propre et mon égoïsme ne me permettaient pas de leur dire que je n’étais pas digne de cela, que je n’étais pas un savant, même ! que j’étais ignorant de beaucoup de choses de la religion et des règles islamiques.

Je donnais des cours de dogme et des règles juridiques selon ce que désirait mon âme. Certaines règles que j’enseignais aux habitants du village ne correspondaient pas à la réalité, n’étaient pas justes. Je disposais de biens qui devaient revenir à l’Imam(qa) sans en prendre l’autorisation de l’Autorité de référence. Cette situation dura près de vingt ans. Jusqu’au jour où je me regardais dans un miroir. Je vis que les poils de ma barbe commençaient à blanchir et que les effets de l’âge apparaissaient sur mon visage. L’âme réprobatrice, la conscience se mit à me mettre en garde contre ce que je faisais. Je me suis mis à m’interroger moi-même : « Jusqu’à quand vas-tu rester à égarer les gens, à leur obstruer la voie vers la Vérité par un ordre (un domaine) que tu ignores, dont tu n’as aucune connaissance ? » Je m’assis et me mis à me blâmer et à pleurer de regrets pour ces jours passés vainement.

La nuit, je me rendis à la mosquée, montai à la tribune et dis aux gens du village : « J’ai passé un long temps à vous enseigner les règles de la législation, alors que je n’en savais rien, alors que je n’avais aucune expérience dans ce domaine. Il est probable que la majorité de vos actes soient faux. Je suis venu m’excuser devant vous pour tous mes manquements à vos droits. »

Au début, les gens du village ne me crurent pas, prenant mes paroles pour de l’humilité. Mais quand ils virent que j’étais sérieux dans mes paroles, ils se précipitèrent sur moi et se mirent à me donner des coups, à m’insulter. Puis ils m’expulsèrent du village.

Je me mis en route sans manger, sans savoir où aller, quand j’arrivai à Téhéran, une grande ville où je ne connaissais personne. Je me tournai vers Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté) et Lui dis : « Mon Dieu ! Ou bien Tu me prends à Toi et Tu me sauves de cette vie, ou bien Tu traces une voie devant moi qui me soit une issue. Je suis sorti de cette situation dans laquelle j’étais en prenant  Ta Voie. Prends-moi par la main vers ce qui convient. Fais de moi un de Tes compagnons. Pardonne-moi et fais-moi Miséricorde. »

Soudain, je vis une personne à côté de moi qui me rassura, me disant de gentilles paroles : « Ne sois pas triste, n’aie pas peur ! Dieu t’a pardonné. » Ensuite, il me dit d’aller le lendemain à tel endroit pour demander une chambre à telle personne, puis d’aller chez tel savant pour lui demander de m’instruire et il m’assura qu’il allait accepter. Il me donna une somme d’argent et me dit à la fin : « Chaque fois que tu es gêné, évoque-moi, je serais auprès de toi. » »

Et c’est ainsi que Sheikh Hassan arriva chez ce savant de Téhéran.

Le savant lui demanda s’il lui était possible de rencontrer cette personne. Sheikh Hassan lui dit qu’il la voyait tout le temps et qu’il le lui demanderait. Il s’en alla et s’absenta plusieurs jours. Quand il revint chez le savant de Téhéran, il lui dit : « J’ai dit à cette personne que tu voulais la voir. Elle m’a dit de te dire : « Dès que tu seras comme Sheikh Hassan, capable de maîtriser les passions de ton âme  et de te sacrifier pour la religion, je viendrai à toi et te visiterai. » Sheikh Hassan ajouta : « Il faut que tu m’excuses, mais le Détenteur du Temps(qa) m’a ordonné de ne plus assister à tes cours après cela. » 

Sheikh Hassan fit ses adieux, s’en alla et je ne le revis plus jamais. »

(d’un grand savant de Téhéran cité in al-Qusas al-‘irfâniyyah pp142-145)

www.lumieres-spirituelles.net     No39 – Sha'ban 1433 – juin-Juillet 2012


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