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2015-02-04 | Readers 283 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Thérèse d’Avila (1515-1582)


Thérèse d’Avila

(1515-1582)

Thérèse d'Avila étaitune grande religieuse catholique espagnole au 16ème siècle, connue pour ses extases. En plus de son talent à réformer les couvents, elle s'imposa comme un maître de la spiritualité chrétienne, fait remarquable à cette époque pour une femme.

Thérèse d'Ávilanaquit à Gotarrendura (province de Avila, Castilla), en Espagne en 1515 dans une famille issue de Juifs convertis séfarades de Tolède du côté de son père et de la petite noblesse castillane du côté de sa mère. Influencée par les histoires édifiantes de la vie des saints, elle souhaita vivre le martyre en allant avec son frère Rodrigue dans les « terres des infidèles » et à défaut se faire ermite. Avec l’adolescence, ses envies changeant et sa mère étant morte, son père l’envoie au couvent de Santa María de Gracia à Avila en 1531.

Cependant ce n’est qu’après une grave maladie et la lecture des "Epîtres de St Jérôme" qu’elle se décida, en 1534, à embrasser la vie religieuse, malgré le refus de son père. Sa santé continua à se détériorer après son entrée au couvent, souffrant de troubles non définis, d'évanouissements, sans doute de  crises d'épilepsie et de cardiopathie, sa patience et sa foi furent rudement mises à l’épreuve. Cependant, ce ne fut qu’après avoir recouvré la santé qu’elle reprit goût aux relations mondaines au point d’abandonner la prière.

En 1542, après avoir vu, selon ses dires, Jésus dans le parloir, le visage courroucé, couvert de plaies, lui reprochant ses relations mondaines, elle cessa ses fréquentations et décida de consacrer sa vie au Christ. Elle prit le nom de Thérèse de Jésus et découvrit dans la prière silencieuse (ou « oraison ») le lieu de l'amitié et de l'intimité avec le Christ. Suivant l’enseignement des Jésuites, elle se fit remarquer pour son intense piété et dévotion, ses exercices religieux devenant de plus en  plus stricts.

Elle avait plus de quarante trois ans quand elle vécut sa première extase. Un soir, absorbée en son amour, elle fut saisie par une inondation de joie (une « extase ») et eut sa première apparition ainsi qu’une vision de l'enfer. Ses visions se succédèrent sans interruption pendant deux ans et demi (1559-1561). Simultanément, embrasée d'un violent désir de voir Dieu, elle se sentait mourir. Cet état singulier fut à l'origine d'une fête particulière dans l'ordre du Carmel, la fête de la « Transverbération » du cœur de Sainte Thérèse. Elle prétendit voir Dieu, la Vierge, Jésus ressuscité, les saints et les anges dans toute leur splendeur et elle recevait d'en-haut des inspirations mises à profit pour discipliner sa vie intérieure.

En 1560, elle fit le vœu de toujours aspirer à la plus grande perfection et mit en œuvre son projet de réforme de l'Ordre du Carmel, en fondant, avec l’aide de ses frère et sœur, à Ávila un monastère observant strictement la règle de l'Ordre, incluant l'obligation de pauvreté, de solitude et de silence. A partir de 1562, pas moins de dix-sept monastères furent construits (avec l’aide de Jean de la Croix) pour accueillir « les carmes déchaussés ».

Elle rédigea une autobiographie  qu’elle réécrira par la suite. Animée par son enthousiasme, Thérèse sut rendre par écrit sa foi à travers des poèmes aux vers faciles, son style ardent et passionné reflétant cet idéal d'amour embrassé par le choix de la vie monastique. Elle laissa, en plus d’une autobiographie, plusieurs écrits traitant de spiritualité, notamment :  « Chemins de perfection » (des conseils à suivre pour les moniales du couvent d’Avila) ; « Pensées sur l’amour de Dieu » ; « Le Château intérieur » (une description des sept degrés que l’âme doit franchir pour parvenir à l’« union » avec Dieu) ; « Les Fondations »  (un récit de son action), auxquels il faut ajouter une importante correspondance.

Une « inondation de lumière » :

« L'ineffable la pénétrait, ne faisait plus qu'un avec elle; parfois, elle chancelait sous sa violence; cet amour l'envahissait à flot égal comme une mer qui sans cesse gagne le rivage, ne lui laissait plus rien d'elle-même; quelque chose en elle se dissolvait délicieusement jusque dans sa propre matière; elle sentait une projection [venant de l’ascendant] toute puissante l'enserrer à jamais sans pouvoir s'y soustraire; l'impulsion de la Volonté divine chassait sa propre volonté; elle ne pouvait que lui offrir sa soumission et sa passivité radieuse. Il lui arrivait de connaître un tel délice, et une telle crainte que ce délice cessât, qu'elle versait malgré elle des larmes et que la gorge étranglait ; elle ne savait plus si elle souffrait ou si elle défaillait de joie. Alors l'amour qui l'embrassait semblait prêt à rompre les liens de son corps ; elle sentait une douleur si vive qu'elle en gémissait et en même temps si délicieuse qu'elle eut voulu ne jamais la voir finir. »

 

L’« oraison » :  il y a différents degrés dans l’oraison. D’abord la prière vocale, puis l'oraison mentale qui repose sur la méditation (notamment sur  la passion du Christ),  l’oraison de quiétude ou l’oraison d’union qui est la contemplation pure. Les yeux de l’âme s’ouvrent alors et dans ces moments là, la présence de Dieu est perçue en elle, pouvant aller jusqu’à « l’union » ; viennent les visions « imaginaires » qui consistent en images intérieures. Comme celle du « corps glorieux du Seigneur » « une blancheur suave et une splendeur infuse qui est un délice infini pour la vue et qui ne fatigue pas; c'est une lumière si différente de celle d'ici-bas;  une image vivante, pas un homme mort, mais le Christ vivant. »

www.lumieres-spirituelles.net     No41 – Shawwal 1433 – Septembre 2012


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