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2015-02-04 | Readers 334 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Halte au « Nettoyage ethnique » des Musulmans Rohingyas en Birmanie !


Halte au « Nettoyage ethnique »

des Musulmans Rohingyas

en Birmanie !

Alors que vient de s’achever le 16e congrès du Mouvement des Non-alignés à Téhéran, ouvrant des perspectives de dialogue pour régler les conflits locaux ou régionaux et même internationaux loin ou en dehors des ingérences des grandes puissances et de leurs agents, sur la base du principe de la justice et de l’amitié, un « nettoyage ethnique » est en train de s’effectuer à l’encontre de la communauté musulmane Rohingyas au Nord-Ouest de la Birmanie.

Des violences intercommunautaires entre l’ethnie bouddhiste et celle musulmane Rohingya, éclatèrent, le 3 juin 2012, dans l’Etat Rakhine (ex-Arakan), au nord-ouest de la Birmanie, après le lynchage de dix Musulmans Rohingyas par une foule de Bouddhistes en colère qui voulait venger le viol d’une femme dont elle accusait les Rohingyas d’en être l’auteur.

En réponse, les Rohingyas mirent à sac des villages d’Arakan bouddhistes avant d’être à leur tour assaillis, torturés, violés, massacrés en masse, chassés de leurs terres qui furent incendiées ainsi que leurs villages et leurs mosquées.

Des centaines de Rohingyas qui tentèrent de fuir les violences vers le Bangladesh en bateau furent refoulés par les autorités bengalies. Les forces de sécurité birmanes furent accusées d’avoir prêté main-forte aux Bouddhistes durant les pogroms anti-musulmans. L’état d’urgence fut proclamé le 10 juin.

Selon un bilan fourni par le ministère des Affaires Etrangères le 21/6/12, 77 personnes furent tuées et 109 blessées durant ces violences tandis que 5 000 habitations furent détruites par le feu et 858 personnes arrêtées. Quelque 50.000 civils s’enfuirent. Des informations en provenance de cette région donnent à penser que le bilan est bien plus lourd que ces chiffres officiels. Aussi, devant l’impossibilité de vérifier sur le terrain, des chiffres les plus divers sont avancés jusqu’à 50 000. Le chiffre le plus probable s’approcherait du millier entre les tués et les disparus.

Un massacre d’un millier de Musulmans Rohingyas en toute impunité, sous un silence médiatique total, à un moment où l’on entend beaucoup parler de la Birmanie, et où la femme de l’opposition, Aung San Suu Kyi prononce, à Olso en Norvège, le 16/6/12, son discours pour l’acceptation de son prix Nobel de la paix, décerné il y a 21 ans ??!!

Le 12/7/12, le président birman Then Sein déclare au commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Gutterez (préoccupé par l’afflux de ces réfugiés que personne ne veut accueillir), que les « Rohingyas ne font pas partie de notre système » [ethnique] et qu’il est « impossible d’accepter [leur présence], préconisant de les installer (les 800 000) dans des camps de réfugiés [selon la logique sioniste] au Bangladesh (ce que ce dernier refuse catégoriquement), ou ailleurs. Les intentions du régime bouddhiste birman ne peuvent être plus claires : éradiquer les Musulmans Rohingyas de la Birmanie. Un feu vert donné aux Bouddhistes pour le nettoyage ethnique !

Que ces massacres aient été provoqués ou non, que le régime birman ait profité de l’ouverture occidentale et de leur silence assuré, pour régler de vieux conflits/contentieux, ou pour exacerber les fibres nationalistes, voire racistes, birmanes bouddhistes afin de se maintenir au pouvoir ou pour embarrasser la chef de l’opposition, Aung San Suu Kyi, en la poussant à faire des déclarations impopulaires, suscitant des divisions au sein de son parti autour de cette question, n’empêche pas qu’ils révèlent une dangereuse façon de régler des conflits inter-communautaires !

De plus, le silence face à un tel massacre et l’absence de condamnation occidentale en disent long sur leurs velléités de respecter les droits de l’Homme.

Et que dire des autorités spirituelles bouddhistes, qui se sont contentées de publier sur leur site,deux mois après, un timide communiqué du Dalaï Lama déplorant les violences ethniques !!!

Le 1/8/12, l’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse les forces de sécurité birmanes de «meurtres, viols et arrestation de masses » à l’encontre de la minorité musulmane des Rohingyas. «Le gouvernement [birman] aurait pu arrêter ça ».

L’imam Ali Khâmine’î dénonça ces massacres et affirma, le 24-07-2012, que « le silence des pays occidentaux face aux massacres et aux persécutions des Musulmans en Birmanie (Myanmar) a dévoilé la fausseté des prétentions de ces pays sur le respect des droits de l’homme », cherchant à sensibiliser la communauté internationale, au moins musulmane, sur ce génocide.

Le 8 août suivant, le chef de la diplomatie turque se rendit en Birmanie pour y distribuer des aides aux Rohingyas et l’Arabie Saoudite dénonça, à son tour, le « nettoyage ethnique » en cours en Birmanie.

Et les persécutions se poursuivent !

La communauté bouddhiste de l’Etat Rakhine (ex-Arakan) empêche l’acheminement des denrées alimentaires et produits de première nécessité vers les villages Rohingyas, appuyée en cela par les autorités militaires. Et elle continue de mener des attaques contre les mosquées et écoles religieuses Rohingyas en vue de les détruire (comme en témoignent les évènements qui se sont déroulés dans le village de Tha Yae Kine, le 21/8/12).

Birmanie ou Myanmar

-678 500 km2

-54M6 habitants (2/3 Birmans, 1/3 :130 minorités ethniques (avec langues et cultures propres, occupant la ½ du territoire)

-Bouddhisme (teinté d’animisme (les « nats » =djinns)75 à 83 %) ; Islam (4 à 20% : Indiens, Persans, Indo-Birmans, Arabes, Panthays (Musulmans chinois originaires du Yunnan ) et Rohingyas) ; christianisme (4% , surtout Protestants)

-population rurale

-un peu pétrole (BP), gaz (Total)

-Commerce surtout avec Chine et Thaïlande

-Le 1er empire birman apparut au XIe siècle apJC

-Fin XVIIIe siècle, annexion de l’Arakan à l’Ouest et d’autres régions à l’Est = frontières de l’actuel Birman

-1824-1826 1ère agression britannique contre l’empire Birman qui s’empare des récentes conquêtes birmanes

dont l’Arakan

-1852 2e agression britannique qui s’empare de la Basse-Birmanie

-1886 3e agression britannique qui s’empare de toute la Birmanie qui devient une colonie britannique au sein de

l’Empire britannique des Indes jusqu’en 1937

-1937 la Birmanie devient une colonie à part

-Pendant la seconde guerre mondiale, elle est le lieu de combats entre les « Alliés » et le Japon

-1945-1948 administration autonome pour l’Arakan

-4/1/1948, indépendance de la Birmanie (le leader du mouvement d’indépendance le général Aung Shan (père de Aung San Suu Kyi) tué le 19/7/1947

-1962 coup d’Etat militaire aux couleurs « socialistes »

-Persécutions des minorités et migrations massives

-2010 début d’une politique d’ouverture vers l’Occident de la junte militaire

-2011 mise en place d’un pouvoir civil.

Les Rohingyas

-des descendants lointains de commerçants et de soldats arabes, mongols, turcs, bengalis, perses, -convertis à l’Islam au XVe siècle,

-vivant à Arakan (ou Rakhin) au sud ouest de la Birmanie (qui était un Etat vassal du Bengale)

-ayant un dialecte proche du bengali parlé à Chittagong, dans le sud-ouest du Bangladesh

-=1/2 des habitants de l’Arakan (avec ~800 000 à l’intérieur et ~1M à l’extérieur du fait des persécutions  Bangladesh (~200 à 400 000), Moyen-Orient (~500 000 dont ~250 000 en Arabie Saoudite), Indonésie, Malaisie,

Thaïlande (~plusieurs milliers)..)

-Victimes de la politique de division, de manipulation et de fanatisation des colons britanniques, ils sont ostracisés

et persécutés dès l’indépendance et deviennent rapidement les exutoires de la politique dictatoriale nationaliste, raciste de la junte militaire birmane.

-1978 nouvelles vagues de persécution contre eux par l’armée birmane. 200 000 Rohingyas fuient au Bangladesh

qui ne les veulent pas. Ils seront rapatriés par le Haut Commissariat des Réfugiés.

-1982 Loi (toujours en vigueur) dépouillant la plupart des Rohingyas de leur nationalité birmane, devenant

officiellement apatrides.

-S’en suivent confiscations de terres, interdictions de séjour, de déplacement et de mariage (sans l’accord de l’Etat birman), travaux forcés, notamment pour la construction d’un mur grillage haut de 5m entre le Birman et le Bangladesh pour empêcher leur retour.

-1991-1992 Nouvelles opérations d’éradication des Rohingyas (bombardements, massacres, viols..)

-Nouvel exode de 250 000 Rohingyas (refoulés par le Bangladesh, et la Thaïlande. Beaucoup meurent noyés

en mer ou exécutés par les polices frontalières).

-2012 mai-juin nouvelle vague d’épuration ethnique.

www.lumieres-spirituelles.net     No42 Dhû al-Qa‘deh 1433 – Sept.-Octobre  2012


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