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2015-02-04 | Readers 233 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Une « fitnah » planifiée par l’Occident entre sunnites et shi’ites dans le monde musulman ?


Une « fitnah » planifiée par l’Occident entre sunnites et shi’ites

dans le monde musulman ?

Pourquoi s’aiguise un peu partout dans le monde musulman une crise dans les relations sunnites-shi‘ites ? Pourquoi des pays qui ne connaissaient pas de tels conflits sont désormais exposés à l’expansion de cette tension ? Pourquoi la situation de la communauté shi‘ite dans le monde musulman devient-elle de plus en plus précaire (à part des exceptions) et sujette à des exactions de la part de la communauté sunnite ou plus exactement de mouvements extrémistes sunnites ? Conflits confessionnels, communautaires, territoriaux ou autre chose ?

L’apparition de deux phénomènes principaux dans la région, ces dernières années – la victoire de la Révolution Islamique d’Iran et l’émergence de mouvements terroristes (wahhabites, salafistes , « qaïdistes » ou « takfiris ») stipendiés par l’argent fou du pétrole et instrumentalisés par les Etats-Unis et les ennemis de l’Islam –, a-t-elle un rapport avec le développement de ces tensions ? Quel est l’intérêt pour les uns ou pour les autres de telles divisions ? Qui a intérêt à diviser la Nation musulmane et ainsi à l’affaiblir ?

Quel est le secret de la mise en garde contre la « fitnah » et de l’appel à la préservation de l’unité des rangs des Musulmans, dans le noble Coran et la sunna du dernier Messager de Dieu, le Prophète Mohammed(s), face aux incroyants, aux véritables ennemis de Dieu et de Sa Religion ?

Le dialogue et la tolérance ne sont-ils pas l’apanage de l’Islam, et les sources de la richesse et de la victoire ? Alors, où en est le dialogue entre les différentes composantes islamiques, officielles ou non ? Y a-t-il des parties qui refusent le dialogue ?

Y a-t-il une question qui rassemble l’ensemble des Musulmans, qui a besoin de cette unité pour être résolue et qui est en même temps un critère, une ligne de démarcation sur la sincérité des intentions ?

Avant de répondre à ces questions, nous allons faire un tour du monde et voir la situation de la communauté shi‘ite dans les différents pays où elle se trouve. En premier lieu, l’Indonésie, le pays rassemblant le plus grand nombre de Musulmans dans le monde.

Précarité des Shi‘ites considérés comme des « hérétiques »

en Indonésie

Depuis quelques années, la communauté shi‘ite en Indonésie est la cible d’actes d’intimidation,  d’agressions, d’exactions de la part de formations fanatiques sunnites. Le mobile avancé : les convertir au sunnisme (même par la force !).

˜Ainsi (à titre d’exemple), le 29 décembre 2011, les quelque 335 habitants shi‘ites du village de Nangkrenang, situé à Sampang, sur l’île de Madura dans la province de Java-Est, sont attaqués par près de 500 personnes enragées, dont certaines munies d’armes tranchantes. Leurs maisons sont mises à sac, leurs écoles, un internat et leur lieu de culte incendiés. Un homme shi‘ite est frappé à mort à coups de hache. Ce n’est pas la première agression. Mais cette fois-ci, ils doivent quitter leur village et s’installer dans un complexe sportif à Sampang dépourvu de sanitaires et d’eau potable.

Bien qu’avertis à l’avance du moment de l’attaque, les membres des forces de sécurité ne font rien pour l’empêcher ni pour protéger les villageois, se contentant de regarder ou de filmer la scène avec leurs téléphones portables.. A la fin, ils arrêtent l’imam local, Tajul Muluk qui sera condamné, le 12 juillet suivant, à deux ans de prison pour blasphème. Il aurait, selon le procureur, défendu à travers ses sermons une interprétation hérétique de l’islam.

˜Le dimanche 26 août 2012, un groupe d’étudiants shi‘ites est attaqué par près de 500 personnes armées de machettes, de faucilles et de sabres, lançant des pierres et criant « Brûlez les shi‘ites » et « Tuez les shi‘ites », dans la ville de Sampang, à l’est de l’île de Java. Deux hommes sont tués à coups de faucilles, sept autres blessés et des dizaines d’habitations incendiées. Trois cents personnes s’enfuient dans la forêt avant de s’installer sur des terrains de tennis, dans un gymnase de Sampang.

Cette fois-ci, la branche locale de l’organisation islamique Nahdatul Ulama est pointée du doigt, accusée de meurtres prémédités, d’attaques en bande armée et d’incitation à la haine. La presse locale en parle et l’affaire enflamme l’opinion nationale. Mais la «solution» proposée par le ministre des affaires religieuses indonésien, Suryadharma Ali (« La conversion des Shi‘ites (au sunnisme) ») n’est pas faite pour calmer les esprits ! Aussi, les insultes, les harcèlements, les exactions contre des shi‘ites se multiplient-ils.

˜Le 30 novembre 2012, le village de Bluuran est la cible d’attaques de ces fanatiques. Des maisons de Shi‘ites, déclarés hérétiques, sont détruites. Ces exactions sont encouragées par le Conseil Indonésien des Oulémas (MUI), de la province de Java-Est, fief historique du sunnisme indonésien, qui a édicté en janvier 2012 une fatwa (décret religieux) proclamant les Shi‘ites hérétiques, légitimant les actes de ces fanatiques. Il pousse ses jeunes adhérents à « bannir tous les shi‘ites du paysage religieux indonésien malgré la tradition de tolérance du pays ».

Dans ce contexte sulfureux, le gouvernement indonésien ne fait rien pour apaiser les tensions. Le gouverneur de Java-Est, pris dans les enjeux des élections locales, est lui-même peu enclin à aider la communauté shi‘ite minoritaire. Seul, le ministre adjoint des Affaires religieuses, Nasaruddin Umar, tente de temporiser en déclarant au Jakarta Post : « Nous n’avons jamais condamné l’islam chiite comme une hérésie ni banni sa pratique dans notre pays, parce que l’Arabie Saoudite, par exemple, n’a jamais interdit à ses adeptes de venir sur son sol pour faire le pèlerinage à La Mecque. » Et Amnesty International continue de recenser de nombreux cas d’intimidation et de violences à l’encontre des Shi‘ites et aussi contre d’autres minorités religieuses, qu’elle impute à ces groupes islamistes radicaux en Indonésie.

Pourquoi ces exactions contre la communauté shi‘ite en Indonésie ? Pourquoi ce silence voire cette complicité avec ces groupes fanatiques violents qui ne donnent pas le véritable visage de l’Islam ? Qu’attend le gouvernement pour prendre des mesures en faveur de la protection de ses citoyens et défendre la tradition de tolérance indonésienne ? Il est difficile d’imaginer que deux millions de Shi‘ites représentent un danger pour une population musulmane sunnite forte de 200 millions, ou qu’ils bouleversent l’équilibre politique ou religieux du pays !

Indonésie

-situé en Asie du Sud-Est

-le plus grand archipel au monde, avec :

.plus de 17 508 îles dont 6 000 habitées

.une superficie de ~2M km2

.une population : ~245M ha

-les 4 + grandes îles : Java (130 M ha, 940 ha/km2 et la capitale Jakarta), Sumatra, Bornéo (côté Est) et la Nouvelle Guinée (côté Ouest)

-Indépendance officielle de l’occupation néerlandaise le 27/12/1949

-~200 M Musulmans (+ 8,7 % de Chrétiens (2/3 Protestants), 3 % Hindous (surtout Balinais) et 1,8 % Bouddhistes (d’origine chinoise). L’Islam a été introduit par des marchands de Perse, d’Inde et de Chine.

-~300 peuples distincts et 742 langages et dialectes différents (l’ethnie javanaise (45 % des ha.), dominante sur les plans politique et culturel)

-Mouvements dits de «démocratisation» après la dictature de Suharto (1998), accompagnés de politique d’intimidations et d’agressions contre les minorités tribales, religieuses, et de vagues d’attentats terroristes

« islamistes »

-Principales industries et productions agricoles liées à ses ressources naturelles : pétrole, gaz, mines (étain, cuivre, or) et l’huile de palme, riz, thé, café, épices et caoutchouc

La présence shi‘ite en Indonésie

-Leur nombre est difficile à évaluer, la pratique du culte se faisant souvent clandestinement. Leur nombre varierait

entre 1 à 5 M de fidèles, (~ 1% des Musulmans du pays). Selon le président du Conseil chiite indonésien (Ijabi), Jalaluddin Rakhmat, ils seraient « environ 2M5 ». « Mieux vaut pour nous vivre cachés que dans le conflit », ajoute Jalaluddin. De même, leur localisation dans l’ensemble de l’Archipel est peu connu.

-Les premiers membres de la communauté shi‘ite remonteraient au 8e siècle à Aceh (Sumatra). Des traditions

attestent de leur présence ancienne, comme le « tabot », rite typiquement shi‘ite de procession durant laquelle la tragédie de Karbalâ est jouée et le martyre de l’Imam al-Hussein(p) évoqué, pratiqué aujourd’hui par la communauté sunnite de Bengkulu.

-La Révolution Islamique en Iran a été suivie par une vague d’adhésion au shi‘isme. Pour nombre de militants

musulmans indonésiens alors muselés par la dictature de Suharto, l’imam Khomeynî(qs) était un espoir. Des étudiants retournèrent à la mosquée et se mirent à dévorer des livres sur la Révolution iranienne et sur le

Shi‘isme.

-Les tensions surgirent quand ces étudiants se mirent à s’intéresser au Fiqh, à l’interprétation du Coran et à

s’organiser.

-Au début de l’an 2000, des associations shi‘ites (dont l’Ijabi, reconnue par le ministère de l’Intérieur) furent

créées. Elles permirent le développement du shi‘isme, l’élargissement des centres d’intérêt de ses adhérents à

la morale, aux affaires sociales.. en même temps, que la prise de conscience de la nécessité de préserver l’unité

des Musulmans et la paix en Indonésie.

www.lumieres-spirituelles.net     No46 – Rabi’ I 1434 – Janv.-Février 2013


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