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2015-02-04 | Readers 282 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Asr (le Temps) CIII (2)


Sourate al-‘Asr  (le Temps) CIII  (2)

بسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

وَالْعَصْرِ(١)

Wa-l-‘asr

Par le Temps ! (1)

Reprenons verset par verset ..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm» et de shahîd Motaharî dans son livre « Drûs mina-l-qurân »).

Après avoir eu une vision globale de la sourate, nous allons étudier la sourate verset par verset, en reprenant le sens des mots et du verset à la lumière des paroles des Infaillibles(p) et des savants.

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

« Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi » 

Le sens particulier que le « Basmalah »(1) prend ici est directement lié à la sourate, à l’Annonce divine qui est faite dans cette sourate. C’est par le Nom de Dieu (Allâh) – qui est la Vérité regroupante nominale, le Nom le plus Grandiose Seigneurial – déterminé par la Miséricorde absolue la Toute-Miséricordieuse, la Très-Miséricordieuse (ar-Rahmâniyyah, ar-Rahîmiyyah), suite à l’apparition regroupante (ou synthétique) divine, au repliement (qabid) et au déploiement (basat) du Très-Miséricordieux, du Tout-Miséricordieux, que Dieu met en garde l’homme contre le fait qu’il est vraiment en perte s’il ne suit pas quatre choses.

وَالْعَصْرِ« Par le Temps »   

Le premier verset est un serment. D’habitude, le serment est une affirmation ou une attestation solennelle d’une vérité faite en invoquant un être ou un objet ayant une valeur reconnue, comme gage de la vérité de la parole. L’affirmation que Dieu veut faire dans Son noble Livre, nous la verrons en détail dans les versets suivants. Nous allons voir ici ce par quoi Dieu Tout-Puissant fait le serment.

Dans ce verset, Dieu (qu’Il soit Glorifié) fait un serment au nom d’« al-‘asr » communément traduit par « le temps » ou « l’instant ». Que représente ce mot pour les Arabes ? En quoi est-il si important pour que Dieu le prenne comme objet de Son Serment ?

Essayons de comprendre plus profondément le sens de ce mot. Nous avons vu que son sens fondamental est la « pression », la « presse », la « compression ». Dans leur interprétation de ce mot dans cette sourate, l’ensemble des savants sont d’accord pour le lier avec le « temps » mais ils divergent sur la détermination de ce temps. Si ce mot n’est pas employé pour désigner le temps de façon absolue, comme le « moment », l’ « instant », le « jour », l’ « époque », il indique cependant un temps qui a une particularité remarquable. De quel « temps » s’agit-il ? Et pourquoi ce temps a-t-il une importance particulière ?

Les interpréteurs du Coran ont alors évoqué plusieurs suppositions pour le sens de ce mot.

¡Certains ont dit que « al-‘asr » correspond à un moment de la journée, notamment la dernière partie de la journée, un temps limité qui correspond à ce qui reste comme temps avant le coucher du soleil. Les gens se pressent à terminer ce qu’ils ont à faire avant le coucher du soleil, à achever leurs tâches pour arriver à réaliser ce qui est demandé de la journée écoulée. Dieu ferait le serment au nom de cette dernière partie de la journée, décisive pour l’homme avant la tombée de la nuit, surtout quand il n’y avait pas d’électricité.

Nous voyons ailleurs dans le noble Coran que Dieu (qu’Il soit Glorifié) fait un serment en prenant à témoin un moment de la journée comme dans les sourates telles que « ad-Dohâ » (Le Jour Montant, sourate N°93), « al-Fajr » (L’Aube, sourate N°89), ou la sourate Le Revêtu d’un manteau (sourate N°74) au verset 34 avec « as-Subh » (le matin), où Il fait un serment au nom d’un moment au début du jour, ou celle de La Nuit (sourate N°82) où Il évoque la nuit. Ce sont des moments qui ont de l’importance pour les gens. Il n’est pas étonnant qu’Il (qu’Il soit Glorifié) fasse le serment au nom d’un moment à la fin de la journée, moment décisif dans la vie de l’homme de cette époque.

¡Certains ont évoqué le temps du point de vue de son écoulement, l’âge de l’homme qui s’écoule et  qui constitue le principal capital de l’homme qu’il perd jour après jour. Les années passent et ne reviennent pas. Ceux qui évoquent ce sens pour « al-‘Asr » s’appuient sur la présence du mot « khusr » (perte) dans le verset suivant. Dieu, en faisant le serment par cela, veut réveiller les hommes de l’insouciance.

¡D’autres ont considéré le temps du point de vue des étapes historiques de l’humanité comme « l’époque » (comme l’époque du début de l’Islam), ou « l’ère » (comme l’ère chrétienne), ou « l’âge » (comme l’âge de la pierre ou de l’atome), ou la « période » (comme la période pré-historique ou capitaliste), etc. Selon des critères et des centres d’intérêt différents, l’histoire de l’humanité est divisée, des tranches de l’histoire sont déterminées et considérées. Dans ce cas, à quelle époque (ou âge, ou ère..) est-il fait allusion ? Pourquoi celle-là ? Que représente-t-elle ?

Le temps, un morceau de temps, en tant que tel ne se différencie pas d’un autre. Le temps est une extension unique depuis l’éternité jusqu’à la perpétuité. La différence vient du point de vue de l’homme. Ainsi, un temp, du point de vue de son rapport à l’homme et du rapport de l’homme à lui, peut acquérir différentes importances.

Dans ce cadre, le temps le plus précieux pour l’homme est celui qui est rattaché à lui-même en tant qu’être humain en général, lié à son épanouissement. Il prend alors une couleur sacrée et est synonyme de bienfaits et de bénédictions. Et si Dieu, par l’intermédiaire de Son Livre, veut mettre en évidence l’importance de ce temps, Il le fait en faisant un serment par lui.

—Ainsi, certains savant ont parlé de l’époque durant laquelle fut envoyé un Prophète pour guider les gens vers le bonheur et la perfection, et plus précisément celle du Prophète Mohammed(s) (le dernier) qui est une époque particulière, spécifique, remarquable, riche en prodiges, correspondant à la fin de l’extension de l’ignorance, à la montée de l’Islam, à l’apparition de la vérité sur le faux, à l’arrivée de l’homme sous sa forme la plus parfaite c’est-à-dire de l’Homme parfait. Ainsi Dieu dirait : « Je fais le serment au nom de l’époque du sceau de la Prophétie », qui est une époque déterminante de ce point de vue.

—Certes, l’homme peut considérer une époque du point de vue de son aspect obscur, noir en tant que synonyme de maux et de calamités ou d’ignorance. Mais dans ce cas, ce temps représente une mauvaise chose qu’il évite d’évoquer pour ne pas se la rappeler.

—Donc dans cette sourate, le serment par le mot « ‘asr » est un serment par une époque très importante très bénéfique pour toute l’humanité qui commence à poindre et que Dieu cherche à mettre en évidence en faisant le serment par elle : c’est une époque lumineuse bonne pour toute l’humanité, un temps qui renferme beaucoup de biens, c’est l’époque qui a atteint, en fonction de ses capacités, le degré le plus élevé de Bénédictions : celle des quelque vingt trois ans de la mission du Prophète Mohammed(s). C’est le temps par le nom duquel Dieu fait le serment. Et il est aussi celui qui convient le mieux avec le contenu de la sourate (les quatre points qui, suivis, peuvent sauver l’être humain de sa perte) comme nous le verrons plus loin.

—Dans ce même ordre d’idée, certains ont dit qu’il s’agissait de la période de la sortie de l’Imam du Temps(qa) (l’Imam al-Mahdi(qa)) avec l’apparition totale du Vrai contre le faux, ou que ce mot est une indication de l’Homme parfait qui est, lui, le suc du monde de l’existence des créatures.

—Enfin d’autres ont dit qu’il s’agissait de la prière d’« al-‘asr », la prière du « milieu », évoquée dans le noble Coran, qui est la meilleure des prières obligatoires quotidiennes, à laquelle Dieu nous a ordonné d’apporter une attention particulière.

Tous ces temps renfermeraient des choses grandioses qui les rendent dignes d’être pris comme matière du serment. Toutes ces interprétations ne sont pas contradictoires et on peut toutes les réunir dans le sens du verset. Le serment peut être fait au nom de toutes ces choses. Dans le noble Coran, un seul mot peut porter des sens profonds, ce qui rend convenable chacune de ces interprétations.

(1) Voir le sens du « Basmalah » dans la revue N°0 de la revue Lumières-Spirituelles. Nous encourageons le lecteur à y revenir.

www.lumieres-spirituelles.net     No 49 – Jamâdî’ II 1434 – Avril-Mai 2013

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