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2015-02-04 | Readers 296 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Hildegarde de Bingen (1098-1179)


Hildegarde de Bingen 

(1098-1179)

Hildegarde de Bingen (1098-1179) religieuse bénédictine  allemande, mystique, compositrice, femme de lettres et « médecin ». Elle laissa derrière elle toute une littérature relatant les « visions » qu’elle dit avoir eu notamment sur les mystères  de la création  et des forces curatives de  la nature.

Hildegarde  de Bingen, née le 16 septembre 1098 dans la région Rhénane de l’actuelle Allemagne, était le dixième enfant d’une famille noble et très croyante. Aussi à  l’âge de 8 ans, elle fut confiée aux Bénédictines de Disibodenberg, selon une règle de l’Ancien Testament de donner à l’Eternel un dixième de ce que l’on possède. Elle prononça ses vœux et prit le voile à l’âge de 14 ans. A 38 ans, elle devint mère supérieure (ou abbesse) du couvent.

Elle prétendit avoir eu des visions, des perceptions « dans son âme » dans un état éveillé, dès sa petite enfance et à l’âge de 43 ans, d’avoir vu une grande lumière et entendu une voix céleste lui demandant d’écrire toutes ses « révélations reçues des mystères des cieux ». Ce qu’elle fit. Ce fut d’abord le « Scivias » (du latin sci vias Dei « Sache les voies de Dieu ») achevé en 1151, qui souleva passions et controverses dans l'Europe entière, avant d'obtenir l'approbation du souverain pontife, des évêques et de Bernard de Clairvaux ; puis le Liber vitae meritorum et le Liber divinorum operum  (Le livre des œuvres divines).

Ces trois grands livres de visions qu’elle fit illustrer de magnifiques miniatures réalisées sous sa surveillance, décrivent un univers infini, en expansion perpétuelle (création continue, énergie cachée dans la matière, magnétisme) et relatent des récits apocalyptiques (au sens littéral de dévoilement des fins dernières), où une catastrophe va venir purifier l'humanité qui recevra alors les consolations du Ciel après la désolation.

Elle écrivit aussi un traité sur la Règle de Saint Benoît, sur le symbole de Saint Athanase, la Vita sancti Ruperti et la Vita sancti Disibodi et des commentaires sur les évangiles, sur le mode de prédications (les Expositiones Quorundam evangeliorum). Elle élabora même une langue construite écrite et parlée par elle seule, la « Lingua Ignota ».

Consacrée par les plus hautes autorités religieuses de l’époque, elle devint un phare spirituel vers lequel se tournaient papes, cardinaux, évêques, rois et laïcs. Elle intervint même dans les plus grands conflits religieux et politiques de son temps, plaidant pour une réforme radicale de l’Eglise. En 1147, elle fonda une communauté à Bingen puis une autre à Eibingen en 1165. Ce qui ne l’empêcha pas de voyager, d’aller prêcher dans les cathédrales et les couvents, de correspondre avec toutes les têtes couronnées, les pontifes de son temps, saint Bernard et bien d’autres.

Hildegarde composa également, entre 1151 et 1158, plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences. L’essentiel de sa pensée résidait dans le combat entre le Christ et le prince de ce monde, au cœur d’un cosmos conçu comme une symphonie invisible. Aussi pour Hildegarde, la musique était-elle une « réminiscence de cette science divine que l'homme a perdue après la chute. Elle est un des seuls liens qui l'unit encore aux réalités spirituelles et le détourne de l'accablement que son bannissement du paradis céleste pourrait lui causer» (La symphonie des harmonies célestes). Une musique méditative d’inspiration divine qui garde un tranquille contrôle au sein même de l’extase.

Aux environs de 1155, elle s’intéressa à la médecine à portée de tous et rédigea deux traités de médecine douce (dont « causae et curae » ) (les seuls composés en Occident au XIIe siècle), avec une vision globale, chaque élément vivant ayant part au macrocosme, chaque phénomène contenant une vérité au-delà de l'apparence, dans l'Invisible, chaque mouvement de la nature réalisant la « pensée divine », établissant une étroite relation entre l’homme et le monde animal, végétal et minéral. Elle mit en évidence l’importance de l'alimentation et de la phytothérapie ainsi que les vertus curatives du jeûne pour la santé physique et morale. Sainte Hildegarde mourut en 1179, à 81 ans, dans le monastère d’Eibingen qu’elle avait fondé.

Voici une description qu’elle fit de ses visions : « Je vois toujours une lumière dans mon âme, et je ne la perçois ni par les yeux, ni par le corps, ni par les pensées du cœur, ni par aucune action de mes cinq sens extérieurs, mes yeux cependant restant ouverts, et les autres sens corporels conservant leur activité. Cette lumière que je sens n'est pas locale, mais infiniment plus éclatante que celle du soleil, et je ne saurais en considérer ni la hauteur, ni la longueur, ni la largeur. Elle m'est nommée l'ombre de la lumière vivante : et comme le soleil, la lune et les étoiles se réfléchissent dans l'eau, ainsi les écrits, les. discours, les vertus et les œuvres des hommes m'apparaissent dans cette lumière. Tout ce que je vois ou apprends de la sorte, j'en conserve la mémoire pendant longtemps. Je vois, j'entends et je sais tout avec ensemble. (..) Je n'entends pas les paroles comme des sons que forme la bouche humaine, mais comme une flamme étincelante ou comme un nuage qui glisse sur un ciel pur.. Parfois, j'aperçois dans cette lumière (lumen), une autre lumière (lux), comme un firmament sans étoiles dans une nuée brillante, qui m'est nommée la lumière vivante. Lorsque je la contemple, je perds le souvenir de toute tristesse et de toute douleur ; alors, j'ai la candeur d'un enfant, et non les sentiments d'une femme déjà âgée. (…)Selon la Volonté divine, mon âme tantôt monte dans les hauteurs du ciel et dans les diverses régions de l'air, tantôt se promène parmi des peuples différents, quoiqu'ils habitent des régions lointaines, des lieux inconnus. »

www.lumieres-spirituelles.net     No 49 – Jamâdî’ II 1434 – Avril-Mai 2013


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