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2015-02-04 | Readers 373 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Asr (le Temps) CIII (4)


Sourate al-‘Asr  (le Temps) CIII  (4)

                                                           بسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ                         

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

وَالْعَصْرِ(١)

Wa-l-‘asr

Par le Temps ! (1)

إِنَّ الْإِنسَانَ لَفِي خُسْرٍ (٢)

Inna al-insâna la-fî khusrinn

Certes l’homme est vraiment en perte (2)

R

eprenons verset par verset  (fin du 2e verset)..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm» et de shahîd Motaharî dans son livre « Drûs mina-l-qurân »).

إِنَّ الْإِنسَانَ لَفِي خُسْرٍ (٢)

« Inna al-insâna la-fî khusrinn »

 

Nous avons vu que l’information donnée dans ce verset est très importante voire même terrible : {Certes l’homme est vraiment en perte.} ! Et Dieu (qu’Il soit Glorifié) a tout fait pour la mettre en évidence (comme pour nous réveiller de notre insouciance et peut-être aussi pour ensuite mettre en évidence l’unique sortie). La dernière fois, nous avons essayé de comprendre ce que représentait la réalité de l’homme. Et maintenant nous allons voir le sens du mot « khusr » dans ce verset.

Nous avons vu précédemment que le mot « khusr » est précédé par le « la » de corroboration, pour augmenter la gravité du propos. Il signifie fondamentalement : la perte, le déficit, la disparition du capital partiellement ou totalement, la ruine, le contraire du gain et du profit. Il est surtout utilisé pour des choses extérieures comme l’argent, les honneurs en ce monde. Mais il est aussi utilisé pour les choses se rapportant à l’âme comme la santé, le salut, la raison, la foi, les récompenses..

Il est à noter également que ce mot est évoqué dans ce verset de façon indéterminée (avec un « tanwinn », c’est-à-dire se terminant par « inn ») sans doute pour le magnifier ou pour indiquer une sorte de perte autre que celle financière ou des honneurs.

Posons-nous alors la question : quel type de capital l’homme risque-t-il de perdre s’il ne fait pas ce qui est indiqué dans le verset suivant ?

¡Pour certains, il s’agit du temps, de l’âge, des années qui passent. Les forces matérielles et spirituelles s’affaiblissent avec le temps, la puissance diminue en permanence. L’homme est comme une personne qui a un trésor grandiose et il perd de son trésor petit à petit, en permanence, contre son gré. Ceci est la nature de ce monde « naturel » (tabî‘î), en perte permanente, éphémère. D’où l’importance d’utiliser au maximum son temps, ses années, surtout quand on est jeune, pour préparer sa réelle vie dans l’Au-delà, éternelle, avant qu’il ne soit trop tard.

¡D’autres ont parlé de la vie de l’être humain sur terre. La façon de mener cette vie sur terre, limitée dans le temps et dans l’espace, peut mener au bonheur éternel ou au contraire à la misère éternelle et cela est la grande perte.

¡D’autres encore ont considéré ce mot comme une image pour parler de la « perdition » (« halaka » = périr et le nom perdition) de l’âme d’où sa fréquente traduction en français par « en perdition », s’appuyant sur le verset suivant dont voici la traduction littérale : {Les perdants sont ceux qui ont perdu eux-mêmes (ou leurs âmes) et leurs familles au Jour de la Résurrection. N'est-ce pas bien cela la perte évidente !} (15/39 Les Groupes).

Comme si le principal capital de l’homme est sa propre âme (lui-même).

Le Prince des croyants(p) disait : « Vos âmes n’ont de prix que le Paradis. Alors, ne les vendez qu’à ce prix. » (Nahja al-Balâgha, Kalimat N°74)

-Nous avons vu que l’être humain a une double dimension : une dimension morale et spirituelle et une dimension matérielle humaine que le Coran a appelé l’âme incitatrice [au mal] {L'âme est vraiment incitatrice au mal, sauf celle à qui mon Seigneur fait miséricorde.} (53/12 Youssef).  Aussi, si l’individu marche, durant sa vie en ce monde, selon sa nature (tab‘), ses instincts animaliers, sa faculté de la colère (al-quwwah al-ghadabiyyah) et selon les passions de l’âme, non seulement il va à sa perte, mais aussi il a perdu ce que Dieu lui a donné, en « puissance » en ce monde.

-« L’âme humaine (…) a été créée (maftûrah) selon l’Unicité, même ! selon l’ensemble des croyances justes. Mais à sa naissance et à sa sortie en ce monde, se développent avec elle les penchants de l’âme et les instincts animaliers. » {Nous avons certes créé l'homme dans la forme la plus parfaite, puis Nous l'avons ramené au niveau le plus bas.} (4-5/95 Le Figuier) Aussi, sa plus grande perte est d’avoir dépensé son capital (sa fitra) qui lui permet d’atteindre la perfection absolue, son « Bouraq » vers la Proximité divine, pour le malheur éternel.

¡On trouve dans une invocation du mois de Rajab de l’Imam as-Sadeq(p) : « Sont déçus ceux qui se rendent chez autre que Toi, sont perdants ceux qui s’adressent à autre que Toi. » Comme si la perte se situe dans l’éloignement de Dieu, dans le fait de s’adresser à autre que Dieu.

¡Certains, considérant que « al-‘asr » correspond au « Temps » de l’Imam al-Mahdî(qa), ont situé la plus grande perte de l’individu dans celle de l’absence de l’allégeance (« wilâya ») à lui(qa).

Deux approches différentes apparaissent dans les livres d’interprétation :

1)Tout le monde est perdant, mais certains peuvent changer cette grande perte par un autre grand profit, compenser le capital manquant par un autre plus précieux, plus cher.. comme compenser la perte d’un gain matériel par un gain moral ou spirituel.

2)Il y a possibilité de ne pas être perdant en suivant certaines conditions, certaines règles.

Rien n’empêche de considérer les deux approches ensemble : il y a certaines choses que l’homme va immanquablement perdre comme les années qui passent en ce monde : « La respiration de l’individu, son pas vers son terme. » disait le Prince des croyants(p) (Nahja al-Balâgha, Kalimat N°74) et d’autres qu’il peut développer dans la bonne direction, vers la proximité de Dieu comme sa Fitra et ce que Dieu y a mis en puissance.

On peut noter également, dans les propos rapportés, que souvent la vie en ce monde est comparée à un grand marché, un grand commerce pouvant être fructueux ou au contraire perdant.

Dieu (qu’Il soit Glorifié) parle Lui-même de commerce dans Son noble Coran. A titre d’exemple voici deux versets : {Dieu a acheté des croyants, leurs âmes et leurs biens en échange du Paradis.} (111/9 Le Repentir).  Ou encore {Voilà ceux qui ont acheté l’égarement en échange de la bonne direction. Ils n’ont pas gagné dans leur commerce et ils n’étaient pas [bien] guidés .} (16/2 La Vache). 

« Ce monde-ci est un marché. Certains sont gagnants et d’autres perdants. » disait l’Imam ‘Alî al-Hâdî(p). (in Tuhfah al-‘uqûl, p361)

Nous allons découvrir les gagnants dans le prochain verset.

www.lumieres-spirituelles.net     No51 – Sha‘ban 1434 – Juin-Juillet 2013


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