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2015-02-04 | Readers 417 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Asr (le Temps) CIII (6)


Sourate al-‘Asr  (le Temps) CIII  (6)

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

وَالْعَصْرِ(١)  إِنَّ الْإِنسَانَ لَفِي خُسْرٍ (٢)

Wa-l-‘asri ! Inna al-insâna la-fî khusrinn

Par le Temps ! (1)  Certes l’homme est vraiment en perte (2)

إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ وَتَوَاصَوْا بِالصَّبْرِ (٣)

Illâ al-ladhîna âmanû wa ‘amilû as-sâlihâti wa tawâsaw bi-l-haqqi wa tawâsaw bi-s-sabri.

Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent mutuellement la vérité et se recommandent mutuellement la patience. (3)

Reprenons verset par verset, fin du 3e verset ..(en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de Sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm» et de shahîd Motaharî dans son livre « Drûs mina-l-qurân »).

 

Nous avons vu précédemment que tout le monde est en perte sauf un groupe qui fait exception. Ce groupe doit respecter quatre conditions. Nous avons vu la dernière fois les deux premières : croire et faire de bonnes actions. Maintenant nous allons voir les deux autres conditions. En premier :

وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ   « wa tawâsaw bi-l-haqqi »

« se recommandent mutuellement la vérité»

La recommandation mutuelle de la vérité : la faire connaître, la suivre, la faire suivre et s’y maintenir.

La Religion de Dieu n’est autre que le suivi de la Vérité sur le plan des croyances et celui des actes. Et la recommandation de la vérité est plus vaste que l’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable. Elle englobe aussi bien les croyances, que le désir  et l’effort, l’appel à faire de bonnes actions.

Elle comprend l’information et l’enseignement à ceux qui ne la connaissent pas, l’éveil des insouciants ou des endormis, l’apprentissage des éléments de la société à savoir distinguer le vrai du faux, le fait de la poser devant leurs yeux et de ne pas en dévier durant le cheminement de leur vie.

Et pour le sens du mot « haqq », de nombreux sens coraniques sont évoqués comme Dieu, le noble Coran, l’Islam, l’Unicité, la Justice, la Sincérité (al-ikhlâs), la clarté, les obligations et autres significations de ce genre qui reviennent au même sens fondamental.

L’évocation de l’encouragement réciproque à la vérité et à la patience, de façon spécifique, après celle de la foi et des bonnes actions, alors qu’elles sont inclues dans la réalisation de la foi et des bonnes actions, est là pour indiquer que c’est là la voie de la vie des cœurs des Musulmans, l’ouverture de leur poitrine à l’Islam pour Dieu.

Les Musulmans (et plus particulièrement les croyants) doivent veiller, d’une attention particulière et avec une totale sincérité (envers Dieu), à faire apparaître la vérité, à la maintenir et à la répandre parmi les gens pour qu’elle soit suivie et appliquée de façon permanente.

Cela implique qu’ils l’appliquent, agissent en fonction d’elle et la défendent en premier lieu avant de la recommander aux autres.

Cette recommandation exprime une dynamique au sein de la société islamique, qui passe par l’observation et la mise en garde réciproques, elle est le summum des liens authentiques entre les Musulmans au sein de la société islamique.

Cette recommandation, après l’évocation de la nécessité de faire de bonnes actions, confirme la dimension sociale de l’Islam, qui ne se préoccupe pas que de l’homme pris isolément, mais aussi de la société dans laquelle il vit. Elle montre une fois de plus que le perfectionnement de l’homme ne se réalise pas de façon isolée, coupée des autres mais dans son rapport aux autres au sein de la société.

L’homme est en perte s’il ne bâtit pas son âme par la foi et les bonnes actions (notamment celles dirigées vers les autres) mais aussi s’il ne s’efforce pas de bâtir celle des autres avec lui. Dans son propre intérêt, chacun a une responsabilité vis-à-vis des autres. Chacun est une aide pour l’autre, la recommandation impliquant l’observation et la mise en garde réciproques.

Ainsi, cet encouragement mutuel montre aussi que l’homme n’est pas seul quand il veut faire de bonnes actions. Parfois les circonstances sont difficiles, alors la personne agit en fonction de ce qu’elle peut. Qu’elle ne désespère pas ! Qu’elle cherche  autour d’elle qui pourra l’aider..

Cette recommandation est un appel vivant à l’entraide et à la solidarité entre les croyants.

Vient la dernière recommandation :

وَتَوَاصَوْا بِالصَّبْرِ « wa tawâsaw bi-s-sabri » 

« et se recommandent mutuellement la patience.»

 

Cette recommandation de la patience fait partie de celle de la vérité, même ! elle fait partie de la foi. Elle est une évocation particulière après celle générale en vue de compléter l’ordre. Et la répétition du mot « tawâsaw » est là pour confirmer et insister sur ce point (la patience). Parce que sans patience et persévérance, il est impossible de se maintenir dans les réalisations de la vérité, de faire de bonnes actions et même d’affermir sa foi.

On peut dire que le rôle de ce facteur pour l’avancée des individus et des sociétés est supérieur à celui des autres capacités, des aptitudes, de l’intelligence. Parmi les particularités de la patience : c’est que l’ensemble des vertus n’ont aucune valeur s’il n’y a pas de patience, parce que leur base, leur capital est la patience. L’Imam Ali fils de Hussein(p) disait : « La patience est à la foi ce qu’est la tête au corps. Pas de foi pour celui qui n’a pas de patience. » (Usûl al-Kâfî, vol.2 Bâb 233 as-Sabr H4 p95)

QU’EST-CE QUE LA PATIENCE ?

-La patience n’est pas de se soumettre de façon passive au malheur et de le vivre comme une fatalité.  Ce n’est pas accepté l’humiliation. Car Dieu (qu’Il soit Glorifié) a imprimé dans la nature de l’homme la « force » de se défendre contre les choses détestables. Et il n’y a aucune faveur à annuler cet « instinct » divin dans la nature première de l’homme.

-Au contraire, la patience est fermeté, constance dans le cœur, résistance, une sorte de protection intérieure du système psychologique contre toutes les défaillances intérieures comme le désespoir, la défection, l’oubli, l’affaiblissement intellectuel, la corruption du raisonnement.. Les patients sont ceux qui se tiennent debout face aux malheurs, qui ne faillent pas, ne se laissent pas abattre, vaincre, qui résistent face aux difficultés à obéir à Dieu, qui repoussent les actes de désobéissance, les péchés..

-Selon les savants d’éthique et les gnostiques, la patience s’est s’abstenir de se plaindre devant/aux créatures. (Mais pas à Dieu ! Au contraire ne pas se plaindre à Dieu peut entraîner un durcissement du cœur.) La patience est ce qui nous permet de discipliner et d’éduquer notre âme jusqu’à ce qu’elle (la patience) devienne pour l’âme une aptitude bien ancrée, même lumineuse.

Aussi cette recommandation est-elle un appel à la patience par rapport à soi-même devant les difficultés et les empêchements qui surgissent immanquablement sur cette voie de la foi et des bonnes actions, ainsi que durant les moments de joie. Elle est aussi une recommandation pour supporter les autres avec patience par la parole et les actes et encourager à  la vérité avec sagesse et positivité et non pas de façon impulsive.

www.lumieres-spirituelles.net     No54 –  Dhû al-Qa‘deh 1434 – Sept.-Octobre 2013


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