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2015-02-04 | Readers 814 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Cordovero Moïse (1522-1570)


Cordovero Moïse 

(1522-1570)

 

Moïse Cordovero(Moshé ben Yaakov Cordovero), né en 1522,  en Espagne et mort en 1570 à Safed  (P.O.), connu aussi par le surnom de Ramaq  (acronyme de Rabbi Moshe Qordovero) est un rabbin et philosophe, l’un des plus grands kabbalistes du  judaïsme.

Son lieu de naissance est inconnu, mais sa famille était à n’en pas douter établie à Cordoue, avant  l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Il s’établit et mourut dans la ville Safed en Haute Galilée (en Palestine occupée), qui devint bientôt, et notamment par son impulsion, un centre réputé de la Kabbale. Ramaq était réputé pour sa prodigieuse érudition et sa puissance spéculative, tant dans le Talmud que dans la philosophie, et ce dès son plus jeune âge. A 16 ans, il reçut l’ordination (semikha).

La tradition veut qu’en 1542, âgé de 20 ans, une « voix céleste » engagea Ramaq à étudier la Kabbale aux côtés de son beau-frère, Salomon Alkabetz (rabbin, mystique et poète, auteur, entre autres, du « Lekha Dodi » (hymne pour l’entrée du Sabbat)). Ils partaient ensemble dans des « exils volontaires » à pied sur les chemins de la Galilée, en récitant des versets de la Torah, imitant l’Exil de la Présence divine.

Cordovero fut alors initié aux arcanes du « Zohar » (ouvrage fondamental de la Kabbale et de la mystique juive) qu’il maîtrisa bientôt complètement au point d’y déplorer un manque de structure et de précision dans certains enseignements et de chercher à harmoniser certaines de ses conceptions  avec celles d’autres ouvrages. Ce qui sera l’objet de deux de ces plus importants ouvrages qui firent sa célébrité : « Or Yakar » (« Lumière précieuse ») qui est un commentaire du Zohar en seize volumes et « Pardess Rimmonim » (« Jardin de grenades »), achevé en 1548, qui est une systématisation de tous les systèmes de pensée kabbalistique.

Selon la tradition, il reçut également de fréquentes visites du prophète Elie.

Vers 1550, Moïse Cordovero fonda une académie d’études kabbalistiques à Safed, qu’il dirigea jusqu’à sa mort, 20 ans plus tard. Il étudia avec Isaac Luria à l’arrivée de celui-ci à Safed, et eut de nombreux disciples dont certains allaient devenir de grands kabbalistes.

Il laissa derrière lui une impressionnante œuvre écrite, de 25 à 30 ouvrages, certains comportant plusieurs milliers de pages, dont rien ne fut publié de son vivant.

Cordovero voyait en Dieu l'Être nécessaire et la Cause première de toutes choses, qui transcende le reste des êtres, auquel aucun attribut positif ne convient, reprenant les thèses de Maïmonide.

En ce qui concerne le problème de la nature des sefirot (degrés d’émanation) — substance divine ou kēlim (instruments, réceptacles) —, il répond que ce sont des essences émanées à l'extérieur de Dieu, mais que la substance divine leur est immanente comme l'âme l'est au corps. Il les considère cependant simultanément comme les instruments par lesquels Dieu régit l'Univers. Tout ce qui émane ainsi procède de la Volonté divine, dont les volitions se trouvent rapportées asymptotiquement à l'Essence de la Divinité. Le processus de l'émanation est conçu comme une dialectique entre occultation et dévoilement, comme un processus dynamique et réflexif qui s'accomplit aussi bien à l'intérieur de chaque sefira que dans le passage d'une sefira à une autre. L'ensemble du monde de l'émanation est bâti et consolidé par le double processus de la lumière directe ('Or Yašar) et de la lumière réfléchie ('Or Ḥozēr). C'est cette dernière sorte de lumière qui est à l'origine de la manifestation de la rigueur (Dīn).

L'homme étant créé à l'Image de Dieu, masculin et féminin, les kabbalistes inférèrent qu'il doit y avoir les principes masculin et féminin en Dieu lui-même. Ce qui serait « féminin » en Dieu serait, selon leur compréhension, Sa Présence, Sa Partie Révélée, la « Chekhina », identifiée à son Nom. Ce serait donc par le principe féminin que l'homme approcherait le Divin, que la relation avec la Transcendance s'établit.

Cependant, depuis la Chute, cette relation ne va plus de soi. Elle n'existe que par intermittence. La « Chekhina » est en « Exil » et, de façon corollaire, Dieu est séparé de son Nom. D'où la prophétie de Zacharie concernant la Rédemption : « Et Dieu sera Roi sur toute la terre. En ce jour, Dieu sera Un et Son Nom sera Un. » Cet « Exil » est considéré comme une séparation du masculin et du féminin ce qui implique une vision de l’univers où tout est sexué, où le neutre n'existe pas, pas même dans le domaine de l'abstraction…

L’objectif de son enseignement kabbalistique était donc la restauration de l’Unité divine, indispensable à la Paix messianique et à la Rédemption du monde. Chaque être humain pourrait y contribuer en restant attentif à son mode de vie. Sa doctrine exerça une influence profonde sur de nombreux kabbalistes, en Palestine, en Italie et en Pologne.

www.lumieres-spirituelles.net     No54 –  Dhû al-Qa‘deh 1434 – Sept.-Octobre 2013


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