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2015-04-19 | Readers 589 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

La colère (al-ghadab) – Définition (1)


La colère (al-ghadab) – Définition (1)

La colère est un phénomène général, malheureusement très répandu, que tout le monde connait, au moins au niveau de ses manifestations extérieures. Et s’il n’y a pas de grosses divergences au niveau de sa définition, son appréciation est curieusement très différente d’une société à une autre. Dans certaines, elle est honnie alors que dans d’autres, elle est justifiée, voire même louée. L’Islam, quant à lui, la considère comme une maladie du cœur très grave, très dangereuse, à l’origine de tous les maux et pouvant avoir des conséquences désastreuses en ce monde et dans l’Au-delà, pour l’individu et pour la société. Beaucoup souffrent de cette maladie sans savoir ce qu’elle révèle en vérité. C’est pourquoi, elle sera traitée dans cette rubrique, dans l’espoir d’apporter les réponses à toutes les questions que les gens se posent sur ce sujet. Il est important de préciser qu’il s’agit ici de la colère négative, pas celle dans la voie de Dieu.

Les principaux dictionnaires français définissent la colère ainsi : « Etat affectif violent et passager, résultant du sentiment d’une agression, d’un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales. » (Le Larousse) et  « Violent mécontentement accompagné d’une agressivité. » (Le petit Robert).

Nos principaux grands savants de la morale islamique qui ont étudié la question – notamment le savant al-Fayd al-Kashânî, sheikh an-Narâqî et l’imam Khomeynî(qs) – sont tous d’accord pour définir la colère comme étant :  « un mouvement ou un état psychique (hâl nafsi), qui apparaît résultat d’un bouillonnement dans le sang du cœur avec pour objectif la vengeance. Si les mouvements deviennent plus intenses, que les feux de la colère s’attisent et que les veines et le cerveau se remplissent de la fumée de la confusion, cela peut conduire à la déviation et à l’affaiblissement de la raison et au voilement du savoir et de la vision. A ce moment, aucun conseil, aucune recommandation n’ont d’effet. Même ! Ils augmentent les feux de la colère. »(1)

Mais son lieu principal se situe au niveau des nerfs. C’est-à-dire, c’est par l’intermédiaire du système nerveux que se répand cette agitation désordonnée dans tout le corps, système qui est beaucoup mieux connu à notre époque.(2)

Cette maladie (la colère) représente un grand danger pour l’homme, une grande menace qui le mène tout droit à l’enfer et à la perdition éternelle. Il n’est pas nécessaire que la personne ait commis un crime sous l’emprise de la colère pour considérer cette maladie comme dangereuse. (3)

Pour mieux comprendre ce que représente la colère, il est nécessaire de faire un détour sur une notion fondamentale dans la philosophie, la psychologie et l’éthique islamiques pour expliquer les comportements humains : la force de la colère (al-quwah al-ghadabiyyah). Nous avons eu l’occasion de voir dans des numéros précédents de la revue Lumières Spirituelles(4) que l’homme a été créé avec une âme dans laquelle ont été placées des forces qui, si elles se réalisent et se développent, deviennent des facultés (malakah) : celles de l’illusion (al-wahmiyyah), de la colère (al-ghadabiyyah), de l’instinct/passion (shawâniyyah).

Ces forces sont la source de l’ensemble des qualités et défauts et le fondement de l’ensemble des formes cachées (ghaybiyyah) du monde immatériel (malakûtî). L’homme a en ce monde une forme matérielle (mulkiyyah) de ce monde et il a aussi une forme et une allure immatérielle (malakûtiyyah) cachée (ghaybiyyah) qui dépend des qualités de l’âme et de son tempérament intérieur.

La force (ou le pouvoir) de la colère est un des bienfaits grandioses divins dont Dieu a fait don aux animaux (dont les hommes). A la faveur de cette noble force, la personne et l’espèce sont sauvegardées, ainsi que l’organisation de la famille, le maintien de l’individu et de la société.

Tant qu’il est dans le monde de la matière et de la nature, l’être humain est amené à mûrir, à se développer et à se décomposer en permanence, selon les règles d’affrontement et de confrontation qui régissent ce monde, et selon les forces de réception, de réaction et d’influence inscrites dans la nature de l’homme. Si rien ne remplace ce qui se décompose, alors l’espèce animale (dont l'humaine) disparaîtrait rapidement. Il en est de même en ce qui concerne la famille et l’organisation sociale.(5)

Ainsi, Dieu a placé en l’animal en général et en l’être humain de façon particulière, cette force de la colère pour qu’il se défende contre les nuisances intérieures et extérieures, tant au niveau individuel qu’au niveau familial et social.

Dieu a placé cette force dans le cœur de l’homme créé d’argile et l’a modelée avec son argile. Et cette noble force est la manifestation de la Colère et de la Vengeance divines.

Cependant, cette force, il faut savoir comment l'utiliser.

En décrivant les croyants, Dieu Tout-Puissant nous indique comment utiliser cette force : {Mohammed, le Messager de Dieu, et ceux qui sont avec lui, sonttrès durs à l’encontre des incroyants et miséricordieux entre eux.}(29/48 Fatah)

C’est-à-dire il faut utiliser cette force à sa juste place, en fonction des gens, des circonstances et de l’objectif, le Messager de Dieu étant le juste exemple pour nous.

Ce n’est pas la force de la colère qui est en soi blâmable, mais la façon dont elle est utilisée, en fonction de quel objectif et pour qui.  Si elle l’est de façon mesurée, pondérée, suivant la raison, la législation divine, pour Dieu, alors elle est louable et elle est un bienfait.(6)

Et si l’homme ne fait pas fructifier ce bienfait divin comme il le convient, s’il ne se met pas en colère en son juste endroit pour protéger ce principe [de sauvegarde de l’individu, de l’espèce, de la famille, de la société], il renie le Bienfait de Dieu Très-Elevé, et par la suite, fait partie de ceux concernés par cette règle : {Si vous reniez, Mon Châtiment est terrible.}(7/14 Ibrahim)(7)

(1)L’Imam al-Khomeynî(qs), Junûd al-‘aqel wa-l-jahel p221, Arba‘ûna hadîthann H7 p169 – voir aussi al-Mahajjah al-baydâ’ (vol.5) d’al-Kashânî

        et Jama‘t as-sa‘dat de Naraqî.

(2)S. Abbas Noureddine conf. 24/01/2008

(3)S. Abbas Noureddine conf. 5/12/2013

(4)Lumières Spirituelles N°18 et 19

(5)L’Imam al-Khomeynî(qs), Junûd al-‘aqel wa-l-jahel p224

(6)L’Imam al-Khomeynî(qs), Junûd al-‘aqel wa-l-jahel p225

(7)L’Imam al-Khomeynî(qs), Junûd al-‘aqel wa-l-jahel p227

www.lumieres-spirituelles.net     No72  - Rajab et Sha'ban 1436 Mai-Juin 2015


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