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2015-10-12 | Readers 507 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Comment connaître Dieu ? (2)


Comment connaître Dieu ? (2)

Nous avons vu précédemment comment la société musulmane privilégia le combat pour de nouvelles conquêtes et l’appropriation de butins et plaça la quête du savoir et la connaissance de Dieu au second plan. Les Imams infaillibles(p) qui succédèrent au Prophète(s) durent s’évertuer à défendre trois principes fondamentaux en l’absence desquels toute société scientifique pourra être récupérée et utilisée pour augmenter l’égarement et la déviation. Pourquoi ?

Celui qui a étudié l’expérience de la société musulmane sur le plan du savoir après le Messager de Dieu(s), connaît bien ce que nous avons évoqué, et sait comment à l’ombre de gouvernements despotes, toute activité de la société musulmane – même les bonnes actions – mit de l’eau au moulin de l’égarement et de la déviation.

Une sagesse alawite résume cet état de fait. Le Prince des croyants(p) dit : « Les vilayâts (les gouvernements) sont les hippodromes des hommes. » (Nahj-al-Balâgha, Hikam N°430 (ou 435 ou 441) L’hippodrome (ou champ de courses) représente les voies empruntées par les activités de l’humanité au sein de la société, dans le cadre de circuits délimités. Et le suivi des walis et des gouverneurs par les éléments de cette société, est comparé au tracé de cet hippodrome et à son ouverture (ou sa percée). Dans cet état, nous allons savoir à l’avance quels seront ses résultats et sa fin.

¢Il est impossible qu’une société qui marche derrière un gouverneur de ce bas-monde, puisse concourir dans le champ de courses des bienfaits, et encore moins le déterminer et le connaître. Alors, que dire à propos de la Connaissance de Dieu qui est le but des bienfaits !

Il est à prévoir qu’à rester en permanence à l’ombre de gouvernements de ce monde (ad-Dunia), des divisions, des sectes et des courants vont naître et se multiplier. Car..

Ÿle Livre sacré, qui représente une référence fondamentale pour résoudre les différends au sein de la société, sera soumis à différentes interprétations en vue d’assurer les intérêts du pouvoir dirigeant.

Ÿl’apparition de ces divisions, avec ce qu’elles entraînent comme conflits intellectuels, va imposer un planning particulier au mouvement du savoir et de la connaissance dans n’importe quelle société,

Ÿen même temps, ces divisions vont provoquer un éloignement ou une opposition à l’esprit du Coran unitaire, regroupant, en son contenu et en sa nature.

¢De nombreuses sectes se formèrent alors (sur le plan du droit et du dogme), répondant de façon « naturelle » aux besoins du pouvoir d’affirmer sa légitimité dans une société qui connaît très bien l’importance de la législation divine et le rôle du Coran.

Aussi, le pouvoir despote prenait-il argument du Coran pour justifier son existence et son rôle. Une solide alliance entre lui et la classe des gens du savoir et des maîtres du Coran fut instaurée, en vue de cela. Et les propos sur Dieu et sur les autres grands principes de croyances et de pensées, apparurent en harmonie avec le contexte et le domaine que les gouverneurs dessinaient.

Cela conduisit à faire prospérer le marché des discordes intellectuelles et des polémiques sur le plan des croyances qui s’est donné le titre de « ‘ilm kalâm », en toute fierté. Dieu devint, alors, un objet d’étude pour le « kalâm » au lieu d’être un sujet pour la vision et la grande expérience spirituelle !

 

 (Introduction de « Allah fî-l-‘irfân » de s. A. Noureddine, pp11-13)

www.lumieres-spirituelles.net     No75  - Moharram-Safar 1437 – Nov. Déc.  2015

Explications à propos de Comment connaître Dieu par Dieu (2)

†Les premiers "califes-rois" avaient engagé les gens dans des guerres qui avaient amené une extension rapide de l'empire omeyyade. Aussi devinrent-ils plus préoccupés par leur sécurité et leur bien-être matériel que par la connaissance et l'adoration de Dieu et la recherche de Sa Satisfaction.

†Il ne resta plus grand chose de la lueur de la lumière du savoir et de la pensée que l'Islam avait fait jaillir dans le monde islamique à ses premiers temps avec le Messager de Dieu(s). Le mouvement scientifique était tombé dans l'inertie et l'apathie.

†Cet état revenait en premier lieu aux efforts de ceux qui, pour justifier l'usurpation du pouvoir (la Lieu-tenance divine), n'avaient pas hésité à falsifier les propos du Messager de Dieu(s), d'en rajouter à leur convenance, à détourner la Religion de Dieu de sa véritable voie, tracée par le noble Coran et la famille du Prophète(s). 

†Ainsi, ils diffusèrent au cours des années une image contrefaite de la Religion au service de leurs intérêts, maintenant dans l'erreur et l'ignorance des générations de Musulmans, les éloignant de la véritable connaissance de Dieu. Vont même apparaître, à la fin de la dynastie des Omeyyades, des courants athées au sein de la nation islamique, c'est-à-dire allant jusqu'à affirmer la non-existence de Dieu !!

†De véhémentes discussions et polémiques apparurent sur des questions de dogme (tels le Décret et la mesure (al-qadâ et al-qader), la coercition ou la délégation (al-jaber et al-tafwîd), l'adventicité ou l'éternité du monde (hudûth ou qudam al-'âlam), le Coran, Parole de Dieu, créé ou non..) qui aboutirent à la constitution, au développement et à la multiplication de sectes, de regroupements et de courants d'idées. Certaines surgirent en réaction aux premières, sans pour autant rejoindre l'école d'Ahle al-Beit(p). Dieu devint "objet" de polémique au lieu d'être recherché en soi.

†Plusieurs des écoles qui apparurent alors sur le plan de la connaissance relative à Dieu : al-murjî'ah(1), al-jabariyyah(2), al-qadariyyah(3), al-Mu'tazilites(4).. éloignèrent les gens des enseignements authentiques de l'Islam et de la connaissance de Dieu.

†Les "califes-rois" et les gouverneurs usurpateurs favorisèrent le développement de ces nouvelles façons de penser (encourageant même les traductions de textes étrangers), dans le prolongement de leurs déviations. Ils y voyaient un moyen de contrecarrer l'essor scientifique d'Ahle al-Beit(p) et de se donner une légitimité en se plaçant au-dessus de la mêlée.. 

(1)al-murjî’ah (ou Murji’ites) apparurent à Shâm, soutenus ou créés par Mouawiya. Ils prétendirent que la foi se situe au niveau du cœur, des paroles et non des actes, le jugement des actes ne se faisant que le Jour du Jugement. En attendant, les péchés ne nuisent pas à la foi tout comme les bonnes actions ne profitent pas au mécréant. En fait ce courant idéologique cherchait à justifier les actes de Mouawiya et de ses successeurs et à empêcher toute opposition politique et religieuse.

(2)al-jabaryyah (ou Jabarites) sont les tenants de la prédestination ou du déterminisme, faisant une lecture apparente des textes saints. L’homme n’est pas libre de choisir. Tous les actes, bons ou mauvais, proviennent de Dieu et l’homme ne fait qu’exécuter la Volonté divine, niant le fait que Dieu a voulu créer l'homme avec la possibilité de choisir de faire (ou non) des péchés.

(3)al-qadariyyah constituent un mouvement qui apparut en réaction contre le pouvoir omeyyade. Ils prônaient le libre-choix des hommes et la responsabilité de leurs actes, la raison pouvant jouer un rôle d’arbitre. .

(4)Les Mu’tazilites avaient été fondés par Wasal fils d’A’tâ’ qui était un élève de Hassan Basrî jusqu’au jour il se sépara de lui et fonda son école à Basrah. Le point de leur divergence se portait sur la question du statut du Musulman qui a fait un péché grave. Pour Wasal, il n’était ni un croyant ni un mécréant mais dans un état intermédiaire. Les Mu’tazilites accordaient un rôle à la raison et au libre-choix des hommes.

www.lumieres-spirituelles.net     No75  - Moharram-Safar 1437 – Nov. Déc.  2015


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