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2015-12-09 | Readers 657 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Comment connaître Dieu ? (3)


Comment connaître Dieu ? (3)

Ainsi à l’époque où les Imams de la Religion(p) et les connaisseurs gnostiques véritables de Dieu s’appliquaient à la sauvegarde des principes (1) qui assureraient la préservation du Message pour l’époque de la réelle cueillette, la société islamique fut la victime de ces courants qui firent beaucoup de mal à la question sacrée de la connaissance de Dieu. Au lieu d’être une valeur grandiose dans la vie du Musulman touchant tous les aspects de sa vie, dans les détails, la connaissance de Dieu devint un facteur de divisions, de querelles, de guerres et d’hostilités.

Et avec la régression de la question primordiale de la vie de cette société sinistrée, tout le système des valeurs recula et régressa au profit des valeurs [négatives] de ce monde, de la débauche, de la domination, de l’arrogance, des hostilités et de l’accusation d’incroyance. 

La société musulmane perdit sa fierté et se mit à attendre celui qui la conquerrait à l’intérieur de sa demeure. Et quand les Européens chrétiens envahirent le pays des Musulmans à l’époque moderne, les Musulmans vivaient alors dans un état d’abattement historique chronique qui englobait tous les aspects de leur vie. Ils se soumirent devant tout arrivant, aussi mauvais soit-il. Rapidement, se formèrent, parmi eux, des courants athées et laïcs, pour prendre le contrôle de leur vie politique et sociale.

Et s’il n’était pas resté le Livre et qui pour le sauvegarder d’un côté, et de l’autre, l’affabilité de la vanité occidentale et sa laideur, il ne serait resté aucun croyant en Dieu Unique parmi les Musulmans…

¢Uniquement les Urafâ’ (les connaisseurs gnostiques)  – au cours de l’histoire islamique – ont connu la grandeur du Coran et ont vécu une riche expérience spirituelle et intellectuelle avec la connaissance de Dieu et de Ses Signes. Ils nous ont laissé un patrimoine en soi éloigné, dans une grande mesure, des polémiques et des querelles.

Mais leur isolement du cœur de la société – pour des raisons qu’il n’est pas possible d’évoquer ici – a fait que leur patrimoine grandiose est resté étranger à l’expérience de la pratique religieuse du Musulman commun et à celle de l’affrontement intellectuel nécessaire.

Même ! Nous avons trouvé que leur patrimoine – à cause de cet isolement – a failli tomber entre les mains des envahisseurs de la pensée et qu’il s'en est fallu de peu pour qu’il ne se transformât en instruments entre les mains de ces nouveaux colonisateurs.

Les ‘Urafâ’ – comme leur appellation s’est répandue – ont produit une grande bibliothèque dans le domaine de la connaissance de Dieu, marquée par l’indépendance et une dimension spirituelle étrange.

Ce patrimoine augmenta d’étrangeté avec le temps et avec l’éloignement des Musulmans de l’esprit du Coran et des contenus moraux grandioses. Leur isolement s’intensifia et le cercle se consolida autour de ce patrimoine de tous les côtés. Il devint également oublié dans la mesure où il n’avait de présence que dans des cercles étroits qui faillirent ne pas apparaître [passer inaperçus].

 (Introduction de « Allah fî-l-‘irfân » de s. A. Noureddine, p13-15)

 (1)Les trois principes évoqués dans la revue N°74 : 1-l’Unité de la société islamique – 2-La sauvegarde du Coran et de son caractère sacré – 3-La place de l’Imamat divin dans la vie de l’humanité

www.lumieres-spirituelles.net     No76  - Rabî 'I & II 1437 – Janvier-Février 2016

       Explications à propos de Comment connaître Dieu par Dieu (3)

†A travers l'histoire, trois écoles ou plutôt trois méthodes principales peuvent être dégagées dans les sciences de la connaissance relative à Dieu qu'Il soit Exalté :

a-la méthode "kalamiyyah" (la science du kalâm) – b-la méthode philosophique – c-la méthode "'irfâniyyah"(1)

†a-La méthode "kalamiyyah" (la science du kalâm)

Elle se réfère beaucoup aux textes religieux et à la Révélation (c'est-à-dire au noble Coran et à la sunna du Prophète (et des Imams d'Ahle al-Beit(p) pour une minorité)) et s'appuie sur le raisonnement et l'argumentation. Malheureusement, rapidement, cette méthode sera corrompue par le "jadal" (discussion vaine, polémique, querelle) qui provoquera divisions, sectarisme et affrontements pouvant aller jusqu'au sang.

†b-La méthode philosophique

Ses bases sont plus solide et elle sera moins éprouvée par les polémiques comme la science du kalâm. S'appuyant essentiellement sur la raison et le raisonnement, elle ne se préoccupe pas beaucoup, même !, ne s'appuie pas sur les résultats de la Révélation (al-Wahî) et des textes religieux, se privant ainsi des connaissances divines.

Elle se perdra dans les méandres de l'argument discursif et n'apportera pas les résultats escomptés.

†c-La méthode "'irfâniyyah" (dite "gnostique")

Cette méthode se préoccupe beaucoup des textes religieux (du Prophète(s) et des Imams de sa descendance(p)) et de la Révélation (le Coran), en même temps qu'elle ne s'appuie pas sur les résultats de la philosophie. Elle s'éloignera ainsi de beaucoup de polémiques. C'est qu'elle ne pense pas que l'accès à (la connaissance de) Dieu puisse être réalisé par la seule raison et la seule réflexion. Aussi – et c'est ce qui en fait sa particularité – fait-elle attention à un point très important : celui de la nécessité d'un mouvement en profondeur, d'une pureté intérieure et d'une disposition au niveau du "récipient" (pour recevoir le savoir). (Dieu n'embrasse-t-Il pas toute chose en savoir ?)(2)

†De plus, pour elle, la connaissance de Dieu a un côté sacré qu'elle prend en considération, au contraire de la philosophie et de la science du kalâm.

†On pourrait résumer ainsi la méthode "'irfâniyyah" : elle allie la Révélation (le Coran et les textes du Prophète et des Imams(p)) et l'argument discursif (al-burhân) à l'éducation/purification de l'âme et au cheminement moral (sir wa sulûk) vers Dieu. C'est pourquoi, cette méthode a connu de grandioses résultats. Les textes sur la connaissance de Dieu dans l''irfân sont beaucoup plus grands, plus vastes, plus profonds en même temps que plus faciles (contrairement à ce que beaucoup peuvent penser), plus beaux et plus solides, de plusieurs degrés au-dessus des autres sciences.

†Ce que recherche le savant 'irfânî n'est pas le savoir en soi mais Dieu, ou du moins l'accès à la Proximité de Dieu. Un des critères fondamentaux pour lui est la sincérité (ikhlâs). Et on ne peut pas tricher avec Dieu !

†Et au cours des années, cette méthode s'est enrichie des expériences mystiques des savants qui ne sont pas étrangères aux besoins et aux défis de chaque époque, et de celles liées à la façon de faire parvenir ce discours à un plus grand nombre de gens, même si, pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, le gnostique ne s'est que peu soucié au début de faire parvenir ses découvertes aux gens !

1- le mot 'irfân est souvent traduit en français par le mot 'gnostique' même s'il ne lui correspond pas totalement

2-cf.v.12 s.65 at-talâq

www.lumieres-spirituelles.net     No76  - Rabî 'I & II 1437 – Janvier-Février 2016


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