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2016-02-07 | Readers 478 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

« Je t’ai appelé de son nom »


« Je t’ai appelé de son nom »

 « Je t’ai appelé de son nom ! Je souhaitais que tu sois comme lui en toute chose.

–Quand je te portai dans mes bras, je sentais que mon cœur brisé se pansait miraculeusement.

Je te regardais et une partie de ma tristesse s’effaçait, une partie de ma douleur s’estompait. A la place du volcan du désir de le voir, je retrouvais une certaine tranquillité.

Je te voyais grandir et tu me faisais revivre mes années passées avec ton oncle.

Mon frère et moi, avions passé une enfance heureuse au Laylaki (au sud-est de Beyrouth) qui était alors un endroit très calme. ‘Alî était plus âgé que moi et nous partagions ensemble les jours heureux et les jours amers. Je grandissais et je l’observais évoluer, avec parfois des difficultés à le comprendre. Il priait, lisait le Coran, récitait des invocations. Il me parlait d’une juste connaissance de Dieu.. Les autres ne parlaient pas comme lui. Je l’écoutais et ses paroles entraient droit dans le cœur alors que d’autres gens, peut-être plus instruits que lui, ne dépassaient pas les effets de la parole.

Ali avait achevé ses études à l’Université et s’était engagé dans l’armée libanaise où il s’était fait remarquer. Un avenir prometteur l’attendait et il était notre fierté. Pourtant, je le sentais insatisfait – le monde ici-bas ne désaltère pas celui qui désire la Rencontre de Dieu – et le soir, je l’entendais dire : « Mon Dieu ! Donne-moi une force pour que j’agisse en ce monde pour l’Islam ! Mon Dieu ! J’ai peur de mourir et de n’avoir rien à présenter de ce qui Te satisfait ! Ô mon Seigneur ! Fais-moi mourir et fais-moi revivre mille fois !  Fais-moi mourir en martyr dans la défense de l’Islam et de l’honneur de l’être humain et fais-moi vivre pour que je retourne travailler pour l’Islam et obtenir Ta Satisfaction ! Fais-moi ensuite mourir qu’en étant tué sur Ta Voie pour obtenir le martyre et Ta Satisfaction ! »

Et un jour, il abandonna tout pour rejoindre la minorité de la minorité au poste de l’Université libanaise pour faire face, avec des armes légères et moyennes, à l’invasion israélienne de l’été 1982.

J’ai beaucoup attendu son retour jusqu’au jour où il revint recouvert d’un linceul blanc. Je lui fis mes adieux et j’enterrai une partie de moi-même avec lui.

–Puis les années se sont envolées et tu as grandi sans que je ne m’en rende compte ! Tu n’étais plus ce garçon à qui je racontais des histoires avant de s’endormir, ou à qui j’apprenais le Coran pour qu’il pousse avec toi dans ta chair. Tu étais devenu un beau jeune homme au visage rayonnant, avec une bonne morale, aidant ton père, soulageant la maladie de ton frère, calmant mon cœur.

Et ton grand-père commençait à dire : « Ali est devenu un jeune homme. Il faut lui trouver une fiancée. » Il y a trente ans, on avait dit la même chose de ton oncle ‘Alî. Et nous l’avions accueilli vêtu d’un linceul blanc pour le Paradis éternel.

Mais, cela n’empêchait pas que nous étions heureux. Nous avions fixé la date de tes fiançailles pour après le mois de Safar. La joie allait entrer dans la maison après une longue nuit.

Mais toi aussi, tu avais laissé toute chose pour aller combattre dans la Voie de Dieu. Tu fus parmi les premiers à répondre à l’appel pour défendre le sanctuaire de sayyida Zeinab(p), comme ‘Ali, ton oncle, avait été parmi les premiers à résister à l’invasion sioniste.

Le jour de ton retour était prévu pour un dimanche. Mais, tu es venu un jour plus tôt et je t’ai accueilli comme j’avais accueilli mon frère trente ans plus tôt.. dans un linceul blanc.

Je savais, comme tous ceux qui te connaissaient le savaient, que quelqu’un comme toi ne peut pas rester en vie. Tes compagnons disaient que tu étais venu sur terre par erreur et que les Anges ne vivent qu’au ciel.

–Je t’ai appelé de son nom, ‘Âlî, pour que tu sois comme lui. Il est tombé en martyr en affrontant la plus grande force militaire du Moyen-Orient en 1982, inscrivant les premières lettres de sa défaite. Et toi, tu es tombé en martyr pour défendre l’Islam contre ces forces « takfiries », reprenant les paroles de sayyida Zeinab(p) prononcées au même endroit au chef des takfiris d’alors, Yazîd, il y a quelque mille quatre cents plus tôt. Félicitations, mon fils ! »

Ta‘rafû ‘alâ shuhadâ’inâ

www.lumieres-spirituelles.net     No77  - Jumâdî I & II 1437 – Février-Mars 2016


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