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2016-02-07 | Readers 316 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Khotan ou Hotan en Chine


Khotan ou Hotan en Chine

En prenant la route de la soie vers l’Extrême-Orient et en parcourant les villes oasis du Turkestan oriental (actuellement dans la province chinoise de Xinjiang) bordant le désert du Taklamakan, vous allez faire d’étonnantes découvertes : des tombeaux et des « mazars » (lieux de visite) de saints visités par les habitants musulmans de la région, aux noms surprenants  comme ceux, près de Khotan (ou Hotan), de l’Imam al-‘Askarî(p), de Ja‘far as-Sâdeq(p). Bien que vous sachiez que ces Imams(p) ne sont pas enterrés en cet endroit, leurs noms vous intriguent et vous vous demandez qui sont ces Musulmans de Khotan.

Si vous les interrogez, ils vous diront que leur Islam remonte à Ja‘far at-Tayyâr (un cousin du Prophète(s)) (d’autres nommeront Hamzah, l’oncle du Prophète(s)) qui serait venu accompagner Sa‘d fils d’Abû Waqâs (l’oncle maternel du Prophète(s)) et ses compagnons pour répandre l’Islam dans cette région. Ils vous préciseront qu’ils ne sont ni Ouïghurs, ni Kirghiz ni Chinois, mais des « musulmanlar » avec une langue particulière « musulmanche ».

Comment ces « Musulmanlar », vivant éparpillés dans ces villes oasis situées autour de l’énorme désert  de Taklamakan, ont-ils pu développer un sentiment aussi fort  d’appartenance à un même groupe ? Ce sont des rites communs et des textes sacrés qui ont joué ce rôle extraordinaire de créer et de sauvegarderdes liens entre ces gens. Ces Musulmans d’oasis (des gens ordinaires) traversent des centaines de km de désert pour faire le pèlerinage de tombes ou de sanctuaires de saints et écouter leurs biographies ainsi que la lecture d’autres textes. En jetant un œil sur ces biographies lues, on est surpris de voir évoqués le nom du Messager de Dieu(s) et ceux des douze Imams(p) de sa descendance jusqu’à « al-Qâ’im »(qa).

Un petit détour vers l’histoire aidera à comprendre cette réalité. Selon certains historiens, les premières conquêtes musulmanes de la région ont été le fait de partisans (ou sympathisants) shi‘ites, d’où la présence de nombreux sanctuaires dédiés à ‘Alî(p), soit aux premiers temps de l’Islam, soit un peu plus tard, au temps de l’Imam al-‘Askarî(p).

Selon d’autres, l’Islam a été introduit par l’intermédiaire de commerçants musulmans (shi‘ites), venus notamment de la région de Bukhara (en Ouzbekistan), et qui se seraient installés dans la région, profitant de la rivalité entre dynasties chinoises. Il y a aussi des textes qui évoquent la conquête de la province de Khotan, alors bouddhiste jouissant d’un statut d’indépendance, en l’an 1006 (apJC) par le sultan karakhanide, Satuq Yusuf, après de durs combats.

Un poème karakhanide fait l’éloge de ces combats : « Nous sommes descendus sur eux comme une inondation, Nous sommes allés dans leurs villes, nous avons démoli les temples d'idoles, nous avons "chié" sur la tête du Bouddha ! »

Des hagiographies (« Tazkira »), trouvées par  des expéditeurs étrangers à la fin du siècle dernier, évoquent des évènements qui ont eu lieu lors de cette première période d’islamisation. Ainsi, d’après la « Tazkira de Muhammad ‘Alî » (m. 739), on apprend que les Musulmans entrèrent dans le « pays de Kashghar » depuis Andijan et Ush, en Ferghana, et qu’un nombre important d’associationnistes (certainement des bouddhistes) furent alors tués pendant des combats.

L'Islam se serait par la suite répandu vers le nord jusqu’à la ville d’Aksu. Une autre tazkira, celle de « Muhammad Hasan Askarî », décrit une expansion de l’Islam à partir d’Ush, jusqu'à atteindre Kashghar, puis, plus à l’est, Yarkand et Khotan. Ensuite, l’islamisation se serait poursuivie par l'intermédiaire de soufistes. Quand Marco Polo visita Khotan au 13 siècle (entre 1271 et 1275), il nota que : «Les habitants étaient tous Mahométans ».

Ainsi, cette route de la soie devint une route de sainteté ponctuée de mausolées et empruntée par les pèlerins, sur la route ou non du pèlerinage à La Mecque. Des visites/ rassemblements hebdomadaires ou annuels ont lieu en ces sanctuaires, comme au « mazar » de « Imam Zafar Sadiq », situé entre Hotan (à 23k) et Jiya (à10km) au mois de mai. Moments de spiritualité partagés et de commerces échangés..

www.lumieres-spirituelles.net     No77  - Jumâdî I & II 1437 – Février-Mars 2016


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