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2016-07-31 | Readers 477 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

La colère (al-ghadab) – Mise au point : Colère et bravoure


La colère (al-ghadab) – Mise au point : Colère et bravoure

A la lumière de ce qui a été dit sur les effets et les origines de la colère, il est bien de faire une nouvelle mise en point sur les différences entre la colère et la bravoure ou le courage. La colère n’est pas de la bravoure.

Certains voient la colère comme une perfection, et cela à cause de leur ignorance et de leur peu de connaissance des sciences islamiques. Ils pensent que la colère fait partie des vertus. Ils la voient comme une audace, une chevalerie et même se vantent de leurs exploits sous l’effet de la colère.

Il faut cependant distinguer le courage de la colère. Ses causes, ses principes, ses effets, ses particularités divergent de ceux de la colère.

L’origine du courage est la force de l’âme, l’assurance, la pondération, la foi et le peu d’intérêt pour les parures de ce monde. Alors que la colère provient de la faiblesse de l’âme, de son instabilité, de son peu de foi, d’absence de pondération de son humeur et de son esprit, et de l’amour pour ce monde, de sa préoccupation, de la peur de perdre les plaisirs humains.

C’est pourquoi, on voit cette maladie prendre le dessus sur les malades plus que sur les gens en bonne santé, sur les jeunes plus que sur les adultes, sur les vieillards plus que sur les jeunes gens.

Celui qui a des défauts, des vices est plus rapide à se mettre en colère que ceux qui ont des vertus morales. L’avare est plus rapide à la colère qu’autre que lui si son argent et ses biens sont en danger.

De même, les effets et les résultats de l’une et de l’autre divergent également.

Celui qui est en colère ressemble au fou dont les rênes de la raison ont disparu. Il est comme un animal sauvage qui ne se soucie pas des conséquences de ses actes, qui fonce sans voir, sans demander l’avis de la raison. Il se met à parcourir un mauvais chemin. Il ne se maîtrise pas au niveau de la langue, des lèvres, de la main, de l’ensemble de ses membres. Si on lui donnait un miroir, il aurait honte de la forme qu’il verrait dans le miroir.

Certains détenteurs de ce vice se mettent en colère pour des choses sans importance. Même ! Ils se mettent en colère contre des animaux et des objets inanimés, maudissent le vent, la terre, le froid, la pluie et les autres phénomènes de la nature s’ils contrarient ses désirs. Ils se mettent en colère pour un stylo, un livre ou une vaisselle et ils les cassent ou les déchirent.

Puis viennent les regrets et la conscience d’avoir fait quelque chose de laid.

Alors que le courageux est totalement à l’opposé. Ses actes n’ont lieu que selon la clairvoyance, en conformité avec la balance de la raison, la tranquillité de l’âme. Il se met en colère à sa juste place et il fait preuve de mansuétude quand cela convient. (…) Il mesure tous ses actes selon la raison, la législation divine, la justice, la pondération. Et il accomplit des pas qu’il ne regrette pas par la suite. Même, il sent qu’il a accompli une bonne action et a la certitude de la justesse de son action.

La personne lucide ne doit pas se tromper entre cette vertu dont sont parés les Prophètes, les Proches Elus de Dieu et les croyants, et qui revient aux perfections de l’âme, et l’autre tempérament (la colère) qui fait partie des manques, des attributs du shaytân et de ses insinuations. Ce sont les voiles de l’ignorance, de l’absence de connaissance, de l’amour pour ce monde, l’amour pour soi qui aveuglent les yeux de l’homme, le rendent sourd et le jettent dans la misère et le châtiment.

L’Imam al-Khomeynî(qs), Arba‘ûna hadîthann H7 pp178-179

La force vient de Dieu : elle est une énergie divine absolue. Alors que la force dégagée par l’âme est limitée. Celui qui se met en colère utilise la force de l’âme et se fatigue, la colère l’ayant consumée. Celui qui utilise la Force de Dieu reste puissant. Au moment de la bataille de Khaybar contre les Juifs, le Prince des croyants(p) arracha la fameuse porte et la jeta à 40 mètres. On lui demanda pourquoi il l’avait lancée si loin. Il(p) répondit que c’était par la force de la foi (la Puissance de Dieu) qu’il l’avait jetée.

S. Abbas Noureddine conf. 5/12/2013

Certains disent que le fait de se mettre en colère donne des forces supplémentairessans lesquelles la personne ne réagirait pas, par exemple, face au danger ou face à une personne plus forte qu’elle. Mais l’exemple du Prince des croyants(p) lors de la bataille d’al-Khandaq illustre très bien la fausseté d'une telle thèse et montre que la réelle force se trouve auprès de Dieu.

Lors de la bataille d’al-Khandaq, le Prince des croyants(p) se trouva en duel face à ‘Amr Ibn Abd Wudd. Ce dernier lui cracha dessus et insulta ses parents. Il est alors rapporté que l’Imam ‘Alî(p) recula avant de porter son coup fatal.  Pourquoi a-t-il agi ainsi alors que ses intentions étaient claires ? Certains dirent, par précaution, pour être sûr de la pureté totale de son intention pour Dieu au moment de donner le coup fatal, et ne pas être sous l’influence de la colère à cause des insultes prononcées. D’autres, pour qu’il n’y ait aucune confusion ou ambiguïté pour ceux qui assistaient à ce duel de part et d’autre du champ de bataille. L’enjeu de cette bataille était la manifestation de la foi en son entier contre l’incroyance en sa totalité. L’Imam ‘Alî(p) utilisait la Force de Dieu et resta puissant jusqu’à la fin du combat, la victoire venant de Dieu. A la fin, il(p) remercia Dieu. Alors que s’il avait agi sous l’impulsion de la colère, cette dernière aurait consumé ses forces et il aurait été épuisé à la fin du combat, et de plus, plein de rancune ou de hargne. La colère pour Dieu est un acte volontaire, déterminé par l’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable.

Une sagesse de Luqman

"Ô mon fils ! Si tu veux fraterniser avec un homme, mets-le en colère avant cela ! S'il te traite avec équité pendant sa colère.. [alors fais-le].

Sinon, prends garde de lui !"

www.lumieres-spirituelles.net  No80 - Dhû al-Qa'deh - Dhû al-Hujjah 1437  -  Août-septembre 2016


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