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  2. L’invocation
  3. Le Coran
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  8. L’Au-delà
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  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
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  14. Les Lieux Saints
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  17. Notre Nourriture
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  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
2017-04-03 | Readers 104 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le shi’isme imâmite


Le shi’isme imâmite

du Colloque de Strasbourg (6-9/5/1968) PUF (1970)

Ce livre renferme 17 des18 interventions qui ont eu lieu lors d’un Colloque sur le shi‘isme imâmite, organisé à Strasbourg début mai 1968 (c’est-à-dire avantla victoire de la Révolution Islamique en Iran)par l’Institut des Etudes Islamiques des Universités de Paris et de Strasbourg. Les intervenants étaient venus d’Europe (France, Italie, Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne), des Etats-Unis, du Liban (l’imam Moussa Sadr) et d’Iran. Le ton général des interventions était plutôt positif, respectueux, loin des préjugés et des appréciations négatives que l’on rencontrera par la suite.

Les sujets des interventions portent sur des sujets très variés et sont de valeur inégale tant au niveau de la connaissance du sujet traité que de la méthode suivie. Si le rassemblement de ces textes ne constituent pas un ouvrage construit et cohérent, leur diversité même est précieuse et éclaire de manière fort intéressante un aspect de l'Islam jusqu’alors inconnu ou peu examiné.

Parmi les interventions les plus intéressantes, transmettant, dans la mesure du possible, la pensée duodécimaine, dans toute sa profondeur et son authenticité, il y a :

wcelle d’Henry Corbin (Imâmologie et philosophie, pp143-174), accompagnée de précieux hadîths sur les « douze voiles », sur « l’Imamat et la walayat », sur le mode de connaissance des Imams(p).. ;

wcelle de Georges Vajda (Le problème de la vision de Dieu d’après quelques auteurs shiites duodéci-mains, pp32-54)citant notamment al-Kulayni ;

wcelle de Hossein Nasr (Le shi‘isme et le soufisme, leurs relations principielles et historiques, pp215-234) où il donne un aperçu sur l’origine et l’évolution du soufisme et du shi‘isme, mettant en évidence les points communs entre les deux, au point même de parler d’un « soufisme shi‘ite » iranien (se référant aux textes d’Ibn ‘Arabi). Par ailleurs, il dénonce le rejet du Nahj al-Balâghah par un certain nombre d’orientalistes occidentauxqui leconsidèrent comme inauthentique parce que compilé par Sayyed Sharîf ar-Radî.

     D’autres interventions présentent des passages intéressants, comme :

wcelle de G. Lecomte (Aspects de la littérature du Hadîth chez les Imâmites, pp91-104) où il reconnait que les sunnites comme les chiites se réfèrent aux deux sources de la loi que sont le Coran et la Sunna et où il note que la constitution du système doctrinal imamite est contemporaine de celle des autres écoles théologico-juridiques de l’Islam.

wcelle d’Yvon Linant de Bellefonds (Le droit imâmite, pp183-200) où on peut noter son humilité, son honnêteté (reconnaissant ses faibles connaissances en ce domaine, étant spécialiste du droit sunnite), en même temps que la pertinence de certaines de ses remarques. Ainsi, après avoir cité trois exemples de divergence (portant sur le mariage temporaire, la répudiation et le système électoral), il constate que le système des Shi‘ites est dans son ensemble supérieur à celui des sunnites et se demande, en ne faisant que citer les dates des différents savants, si ce ne sont pas plutôt les Sunnites qui auraient suivi « la leçon des Imâmites ».

Certaines interventions ont plutôt valeur historique comme celles de Claude Cahen (pp115-130) (Leproblème du shi‘isme dans l’Asie Mineure turque pré-ottomane) et de Jean Aubin (pp235-244) (La politique religieuse des Safavides) où ce dernier s’interroge sur le rôle effectif des Safavides dans le développement religieux shi‘ite en Iran.

Un livre à lire (si on le trouve encore) qui détonne par rapport à tous les autres livres qui vont sortir par la suite sur le shi‘isme après la victoire de la révolution islamique en Iran.

www.lumieres-spirituelles.net     No84  - Rajab-Sha‘bân 1438 – Avril- Mai  2017

Citations deLe shi’isme imâmite du Colloque de Strasbourg (6-9/1968) PUF

l(pp91-104) Aspects de la littérature du hadîth chez les Imâmites, G. Lecomte

« Il apparaît à l’évidence que la constitution du système doctrinal imamite est exactement contemporaine de celle des autres tendances théologico-juridiques de l’Islam : l’époque d’al-Bâqer, d’al-Sâdeq et d’al-Kâzem est celle de l’élaboration du fiqh sunnite et de la naissance du kalâm. » (p98) 

« L’ijma‘ imamite n’est admis comme preuve que dans la mesure où il englobe et transmet l’opinion de la Hujja, c’est-à-dire de l’imâm, et ceci par définition, puisque l’imâm a raison contre tous. » Enfin « les critères subjectifs (ra’y, qiyâs…) sont, bien entendu, énergiquement rejetés. » (p99)

l(pp143-174) Imâmologie et philosophie, Henry Corbin

« Je ne pose pas le problème en termes d’influence ni de filiation historique » mais « il s’agit donc essentiellement d’un mode de perception des choses et d’intentions comparables. » (p149)

« Ce genre d’explication – trop souvent l’on prétend « expliquer » le repli sur le monde spirituel ou les espérances eschatologiques comme étant une compensation aux malheurs des temps, aux déceptions et frustrations éprouvées par des minoritaires – passe à côté de la véritable nature des choses. » (p167)

« ‘Alî Ridâ (213/818) nous rapporte un long entretien (en présence du Khalife Ma’mun) en conclusion duquel l’interlocuteur demande à l’Imâm :  « Comment les Imâms ont-ils connaissance du secret des âmes ? » L’Imâm de répondre : « Par l’assistance d’un Esprit venant de Dieu (22/58), lequel est une colonne de lumière (‘amûd min nûr) entre Lui et nous. » (in ‘Uyûn akhbâr al-Imâm al-Rezâ de sheikh Sadûq)»(p168)

l(pp183-200) Ledroit imâmite, Yvon Linant de Bellefonds

« Très objectivement, il faut reconnaître que leur système est, dans leur ensemble, supérieur à celui des sunnites. »(p197)

« Rappelons comme point de repère, que Awzâ’i est mort en 157, et Mâlik en 179. Sont-ce alors les sunnites qui auraient suivi la leçon des imâmites ? » (après avoir noté que le premier fondateur d’écoles juridiques fut Ja‘far as-Sâdeq, 6e imâm, mort en 148 de l’hégire à Médine) (p198)

l(pp215-234) Le shi‘isme et le soufisme, leurs relations principielles et historiques, Hussein Nasr

« La dimension ésotérique de l’Islam, qui, dans le milieu sunnite, s’identifie presque complètement avec le soufisme, se répercute sur tous les aspects du shi‘isme, non seulement sur l‘aspect ésotérique, mais encore sur l’aspect exotérique. On pourrait dire que l’ésotérisme ou la gnose islamique s’est cristallisée dans la forme du soufisme dans le monde sunnite ; tandis qu’il a fécondé toute la structure du shi‘isme, surtout pendant les premiers siècles de l’ère islamique. »(p216)

« Du point de vue sunnite, le soufisme représente des similitudes avec le shi‘isme et il a même assimilé des aspects du shi‘isme. » (…) « Par exemple, les Imams shi’ites jouent un rôle fondamental dans le soufisme, mais en tant que représentants de l’ésotérisme islamique et non pas comme Imam shi’ite. »(p217)

« Le but de la vie religieuse dans le shiisme est, en réalité, d’arriver à imiter la vie du Prophète et des Imams et d’atteindre leur état. » … « Les stations spirituelles du Prophète et des Imams, conduisant à l’union avec Dieu, peuvent être considérées comme le but final vers lequel tend la piété shi’ite et sur lequel est fondée toute la structure spirituelle du shiisme. »( p224)

l(pp235-244) La politique religieuse des Safavides, Jean Aubin

« Le milieu iranien était, religieusement, infiniment plus évolué, plus riche, plus authentiquement musulman que le milieu qizilbash. On peut se demander jusqu’à quel point il faut créditer les Safavides d’avoir déterminé une évolution religieuse qui se poursuivait insensiblement, dans la profondeur des consciences, sur une aire plus vaste que l’Iran isolationniste et géographiquement diminué où prévalut le chiisme turkmène. » (p239)

« Chardin nous rapporte que dans les années 1660-1670, on débattait ouvertement de la question de savoir qui devait tenir la place de l’Imam Caché, un mujtahid ou un descendant des Imams. C’était contester, publiquement, la légitimité de la monarchie safavide. »(p240)

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