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2017-07-20 | Readers 278 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Où est enterrée sayyida Mariam(p) ? (1)


Où est enterrée sayyida Mariam(p) ?(1)

Jamais une recherche sur l’emplacement de la tombe d’une personne sainte n’aura soulevé autant d’interrogations sur le plan du dogme en plus des autres questions sur la certitude des sources, que celle de sayyida Mariam(p).

D’habitude, on se heurte aux problèmes de l’imprécision et de l’incertitude des sources qui rendent peu sûr l’emplacement de telle ou telle tombe. Et souvent l’on se remet à des traditions, à des habitudes sociales de vénération d’en endroit sacré pour en déterminer l’emplacement. Mais avec sayyida Mariam(p), les avis entre les différentes écoles religieuses divergent sur la question de sa mort même. (Cf. page adjacente)

Des traditions chrétiennes témoignent d’une vénération particulière pour un emplacement dédié à sayyida Mariam(p) à Jérusalem, au pied du mont des Oliviers dès le 1er siècle. A l’heure actuelle, cet endroit transformé en sanctuaire (renfermant ou non sa tombe) de sayyida Mariam(p), est le seul reconnu par tous, chrétiens et musulmans. D’autres lieux seront évoqués par la suite, notamment à Ephèse en Turquie.

L’église de l’Assomption

Ce sanctuaire reçut le nom d’« Eglise de l’Assomption ». En traversant la vallée du Cédron, dans la ville sainte de Jérusalem, c’est le premier monument visible sur la gauche, au pied du Mont des Oliviers. L’actuelle église de l’Assomption serait construite sur l’ancienne église du Sépulcre de Marie, depuis entièrement recouverte et cachée. Cet emplacement correspond aux croyances du début de l’ère chrétienne selon lesquelles sayyida Mariam(p) aurait été déposée dans une grotte à Gethsémani, au pied du mont des Olivers. Aussi, avant de visiter les lieux, faisons-en un bref rappel historique.

Aperçu historique du sanctuaire de sayyida Mariam(p)à Jérusalem

Aperçu historique du sanctuaire de sayyida Mariam(p)à Jérusalem

*Au début du 5e siècle, un pèlerin d’Arménie témoigne avoir visité le « tombeau de la Vierge dans la vallée de Josaphat ».

*Vers l’an 431 apJC, le « Brevarius de Hierusalem » mentionne une église de Sainte Marie qui contient son sépulcre.

*Cette église fut probablement détruite par les Perses en 614 (avant l’Islam) puis reconstruite comme en témoigne la description faite par Arculf (évêque franc du 7e siècle, premier voyageur chrétien en Orient  après le début de l’Islam) en 670. Le tombeau de Marie devint la crypte dans laquelle était vénérée la tombe de s. Mariam(p).

*L’église supérieure fut à nouveau détruite au 11e siècle, avant l’arrivée des croisés qui ne trouvèrent qu’un dôme au-dessus de la tombe.

*Godefroy de Bouillon (chef croisé mort à Jérusalem en l’an 1100) construisit un monastère – l’abbaye de sainte Marie de la vallée de Joséphat – pour les Bénédictines de Cluny, qu’il confia aux soins de l’église attenante.

*En 1130, les croisés reconstruisirent une double église à l’emplacement probable de l’église byzantine, avec une façade ornée d’arches gothiques en ogive et un escalier monumental menant à son sépulcre, encore présents. Les chrétiens l’appelèrent « l’église de l’Assomption », conformément à leur croyance de sa montée au ciel.

*En 1187, l’église supérieure fut détruite par Saladin ainsi que le monastère, les pierres de ces édifices ayant été utilisées pour la construction des murs de Jérusalem. La crypte fut préservée pour la vénération envers la « mère sainte du Prophète Issa(p) ».

*Au 14e siècle, elle fut restaurée par les Franciscains qui veillèrent, pendant plus de deux cents ans, à son entretien malgré les fréquentes inondations dues aux crues du Cédron. Cela, jusqu’au moment où commencèrent des différends plus ou moins violents entre les différentes églises chrétiennes – notamment entre les représentants de l’église catholique de Rome et ceux du rite latin.

*Depuis 1757, c’est l’église grecque orthodoxe qui détient ce vénérable sanctuaire et qui le partage avec les Arméniens. Boycottée par les Catholiques jusqu’à maintenant, cette église offre des droits mineurs aux Syriaques, aux Coptes et aux Abyssiniens et un endroit spécial aux Musulmans pour prier.

www.lumieres-spirituelles.net N°86 - Dhû al-Qa‘adeh- Dhû al-Hujjah 1438 - Août-Septembre 2017

Sayyida Mariam(p)* est-elle morte ou pas ?(1)

L’Islam*accorde un grand intérêt à la plus grande Dame de son époque, sayyida Mariam(p) que Dieu a choisie pour être la mère du Prophète ‘Issa(p) et recevoir directement de Dieu (par l’intermédiaire de Son Ange) de Son Esprit. Son nom est plus évoqué dans le noble Coran que dans les Evangiles et le nom d’une sourate lui est réservé. Et pourtant, à part sa pureté, sa piété, son infaillibilité et quelques éléments de sa sainte vie, peu de choses sont connues d’elle(p), notamment quand et où elle est morte et enterrée(1).

Sur cette question, les avis des Chrétiens divergent.

Le Nouveau Testament(les quatre Evangiles officiels) ne dit rien de la mort de sayyida Mariam(p).De même l’historiographie de cette période ne donne aucun témoignage sur sa mort ou sur son enterrement.

Cette absence totale de documents fait planer le mystère sur la fin de sayyida Mariam(p) et a permis à des textes apocryphes ultérieurs de combler le vide avec des thèses plus ou moins crédibles.

†En 373 apJC, St Ephrem (306-373 apJC), docteur de l’église en Turquie, évoque le concept selon lequel le corps de Marie serait resté intact après son décès.

†Au 4e siècle, Epiphane de Salamine (310-403 apJC), évêque palestinien de Chypre, connaissant toutes les traditions palestiniennes sur sayyida Mariam(p), écrit à ce propos : « Qu’ils cherchent dans les Ecritures, ils n’y trouveront rien assurément sur la mort de Marie, rien qui dise si elle est morte ou qu’elle n’est pas morte, ensevelie ou pas ensevelie. » (…) « Quant à moi, je n’ose rien dire, je pense et je garde le silence, je ne définis rien là-dessus. Je ne dis pas qu’elle est restée immortelle et je n’affirme pas non plus qu’elle est morte.. Personne ne sait qu’elle a été sa fin. »

Son propos laisse entendre que des dires contradictoires circulaient, fondés sur aucun élément solide déterminant, sur aucune preuve tranchante.

†Au début du 5e siècle, une église fut construite à Jérusalem, à l’emplacement de la grotte présumée de sa sépulture. Le patriarche de Jérusalem, Juvénal (422-458 apJC), la consacra officiellement à Marie, juste après le concile de Chalcédoine (451apJC). Il déclara alors : « Marie est morte entourée de tous les Apôtres, sauf Thomas en retard. A son arrivée, quelques jours plus tard, ce dernier demanda à voir la tombe, mais celle-ci s’avéra vide ; les apôtres en déduisirent qu’elle avait été emportée au ciel.. » (rapporté par Jean Damascène (docteur de l’église grecque) in Homiliae I-III, « Dormitionem B.V. Mariae", Migne XCVI pp699-762-fin 7e siècle)

†A la fin du 5e siècle(en 495-496), Gélase 1er (49e pape de 492-496) désigne explicitement un ensemble de textes (que certains font remonter au 2e et 4e siècles) considérés comme apocryphes – le Transitus Mariae – auxquels il ne porte aucun crédit.

Cependant ces textes sont tous d’accord sur un point : la mort de sayyida Mariam(p), à Jérusalem, près du Cénacle (sur le Mont Sion) puis le transport de son corps dans une grotte de la vallée de Jéhosaphat, au pied du Mont des Oliviers.

Les avis divergent sur ce qu’il est advenu de son corps : est-il resté intact ? a-t-il disparu ? a-t-il été élevé au ciel trois jours plus tard ? transporté au paradis terrestre pour être préservé de la corruption ?

Ces textes témoignent également d’une vénération de cet emplacement transformé au sanctuaire depuis le second siècle.

†Au 6e siècle, l’empereur byzantin Maurice (582-602) instaure la fête de la Dormition de la Vierge Marie à la date du 15 août pour commémorer l’inauguration de cette église dédiée à Marie montée au ciel « Le sépulcre de Marie. »

†A la fin du 6e siècle, Grégoire de Tours (538-594apJC) (évêque de Tours, auteur d’ouvrages hagiogra-phiques) est le premier à faire mention d’une tradition écrite, un corpus de textes apocryphes « Transitus Marie », et qui parle d’« Assomption » (c’est-à-dire d’élévation et de présence corporelle de sayyida Marie(p) au ciel après sa mort), commémorée le 15 août, sans pour autant que cela soit une croyance officielle de l’église catholique.

(à suivre)

(1)Il existe une tradition chez les femmes (shi‘ites) du Bahreïn de commémorer le décès de sayyida Mariam(p) le 26 du mois hégirien de Safar, s’appuyant sur un vieux livre qui aurait évoqué cette date dans la préface sans en donner la source ou la référence.

*cf. No49 de Lumières Spirituelles sur s. Mariam(p) pp24-25

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