1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
2017-09-18 | Readers 188 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sur les traces des tombes des 2e et 4e Imams à al-Baqî‘ à Médine


Sur les traces destombes de l’Imam al-Hassan al-Mujtabâ(p)

et de l’Imam ‘Alî(p) fils de Hussein(p) à al-Baqî‘ à Médine

Ce n’est un secret pour personne que l’Imam Hassan al-Mujtabâ(p) fils du Prince des croyants(p) (tombé en martyr le 7 ou le 28 du mois de safar en l’an 50H) et son neveu et gendre l’Imam ‘Alî fils de Hussein(p) (tombé en martyr le 25 du mois de Moharram) sont enterrés à Médine dans le fameux cimetière d’al-Baqî‘, non loin de la tombe du Messager de Dieu, le Prophète Mohammed(s).

La ville de Médine était leur ville natale, l’Imam as-Sajjâd(p) y étant retourné après la tragédie de Karbalâ’. Certes, l’Imam ‘Alî as-Sajjâd(p) fut une seconde fois emprisonné et envoyé à Shâm, entravé de fers et de chaînes, enfermé par le calife-roi omeyyade Abd al-Malek. Mais il n’y resta pas longtemps et fut renvoyé à Médine. Il sera empoissonné par son fils Walîd, 34 ans après la tragédie de Karbalâ’.

Mais si vous vous rendez aujourd’hui au cimetière d’al-Baqî‘, vous n’y trouverez que deux pierres posées à même la terre indiquant l’endroit où ils(p) seraient enterrés. On est loin des sanctuaires somptueux que l’on peut voir pour les autres Imams(p) d’Ahl al-Beit(p) en Irak et en Iran !

Pourtant, à en croire les témoignages de pèlerins ou de voyageurs étrangers, des milliers de tombes se trouvaient dans ce cimetière, de la famille du Prophète(s) et des martyrs de l’Islam depuis le temps du Prophète(s) que les croyants venaient visiter jusqu’au moment où les Wahhabites détruisirent toutes les tombes et interdirent tout visite.

 « Al-Baqî’ » signifie, d’un point de vue linguistique, une « contrée étendue » ou un « endroit de la terre où il y a des souches de différentes sortes d’arbres ». Cet endroit reçut également l’appellation d’« al-Baqî ‘ al-gharqad » c’est-à-dire « la contrée des zygophyllacées », parce que cette sorte d’arbre y était en quantité avant d’être coupée.

Au XIIIe siècle, un certain Mohammed fils d’Ahmed fils de Jubayr (mort en 614H) raconte à propos de son voyage :

« Et Baqî‘ al-Gharqad à l’est de la ville de Médine. Tu t’y rends par la porte appelée « porte d’al-Baqî‘ ». La première chose que tu trouves sur ta gauche en sortant de la ville par la porte évoquée, l’édifice de Safiyyah, la tante du Prophète(s), la mère de Zubayr fille d’al-‘Awâm. En face de ce tombeau, la tombe de Mâlek fils de Anas al-imam al-madanî sur laquelle il y a une petite coupole, de construction récente.

En face, la tombe de la descendance pure Ibrahim fils du Prophète(s) sur laquelle se dresse une coupole blanche.

A sa droite, se trouve la tombe de ‘Aqîl fils d’Abû Tâleb et d’Abdallah fils de Ja‘far.

En face, se trouve l’enclos (raouda)des tombes des épouses du Prophète(s) et face à cet enclos un autre petit où se trouveraient enterrés trois des enfants du Prophète(s).

A côté, l’enclos de Fâtimah fille de Assad et d’al-Hassan fils de ‘Alî(p) avec une coupole élevée dans le ciel, près de la porte d’al-Baqî‘ évoquée précédemment et à droite de la sortie. Leurs deux tombes sont surélevées, larges, recouvertes de tableaux joliment attachés, incrustés de métal jaune (cuivre) et cloutés de façon harmonieuse.

Selon cette forme, également la tombe d’Ibrahim fils du Prophète(s). A côte de ce terrain, une maison attribuée à Fâtimah(p), la fille du Prophète(s), connue sous le nom de la « maison des tristesses » (Beit al-huzun). Il est dit qu’elle(p) s’y réfugiait pour pleurer après la mort de son père al-Mustafa(s).

Au XIVe siècle, un certain Mohammed Fils d’Ahmed al-Matrî fit la description suivante des tombes d’al-Baqî‘ dans son livre « At-Ta‘rîf bimâ ânistu al-Hûjrat » en l’an 741H.

Dans ce cimetière, se trouve le tombeau d’al-Hassan(p) fils de ‘Ali fils d’Abû Tâleb(p).

« Et avec al-Hassan(p), son neveu, ‘Alî(p) fils d’al-Hussein(p) Zein al-‘abidîne, le fils de ce dernier al-Bâqer(p) et son fils Ja‘far fils de Mohammed as-Sâdeq(p). Sur leurs tombes, une coupole élevée.

Puis le tombeau de ‘Aqîl fils d’Abû Tâleb et avec lui, dans le tombeau, son neveu Abdallah fils de Ja‘far fils d’Abû Tâleb et au-dessus une coupole.

Ensuite la tombe d’Ibrahim, le fils de notre Maître le Messager de Dieu(s) et au-dessus une coupole avec une fenêtre dirigée vers la Qiblah.

Face à la coupole de ‘Aqîl, un petit enclos construit en pierres où se trouveraient les tombes des épouses du Messager de Dieu(s) et on les salue à partir de là.

Ensuite la tombe d’Ismâ ‘il, fils de Ja‘far as-Sâdeq(p) dans un grand édifice blanc, à l’ouest de la coupole [de Fâtimah fille d’Assad], qui est un pilier de l’enceinte de la ville du côté de la Qiblah et à l’est. Sa porte est à l’intérieur de la ville. Cet édifice a été construit par un roi d’Egypte d’al-‘Uubaydiyyîne’ [= des Fatimides].

Il est dit que cet édifice correspondrait à la maison de Zayn al-‘Abidîne, ‘Ali fils d’al-Hussein(p). Entre la première porte et la porte de l’édifice, se trouve un puits attribué à Zayn al-‘Abidîne. »

Au XVIIe siècle, Ces édifices étaient encore présents plus de trois cents ans plus tard, à en croire le témoignage d’Abdallah fils d’Abû Bakr al-‘Ayyâshî al-Mâlakî (mort en 1090H) (c’est-à-dire 130 ans avant la première destruction des lieux saints par les Wahhabites en 1220H).

Au début du XXe siècle, Mohammed Yehia al-Walâtî al-Mâlakî (mort en 1330H, soit quatorze ans avant la seconde destruction d’al-Baqî ‘ par les Wahhabites) raconta, lors de son voyage au Hidjâz :

« Nous avons marché sur la droite et nous sommes entrés dans la coupole de la famille du Prophète(s). Nous l’avons saluée. Nous y avons visité son petit-fils al-Hassan, Zeyn al-‘Abidine fils d’al-Hussein, et son fils Mohammed al-Bâqer(p) et le fils de ce dernier, Ja‘far as-Sâdeq(p). Nous avons demandé l’intercession de leurs positions élevées auprès du Prophète(s), puis de la sienne [du Prophète(s)]auprès de Dieu (qu’Il soit Exalté) puis nous avons invoqué Dieu…

Ensuite, nous sommes sortis et nous avons visité la coupole des « filles » du Prophète [celles qu’il(s)a élevées], Roqayyah, Zeinab et Oum Kalthoum. Nous nous sommes arrêtés à la porte de la coupole et nous les avons saluées (que la Satisfaction de Dieu soit sur elles) et nous avons demandé leur intercession auprès de leur père, le Prophète de Dieu(s) puis la sienne [du Prophète(s)]auprès de Dieu (Tout-Puissant) pour l’exaucement de tous nos désirs et nous invoquâmes Dieu…

Ensuite, nous avons visité la coupole des épouses du Prophète. Nous nous sommes arrêtés à la porte de la coupole et nous les avons toutes saluées (que la Satisfaction de Dieu soit sur elles). Nous nous sommes arrêtés à la porte et nous avons demandé leur intercession.

Ensuite, nous sommes entrés dans la coupole de notre maître Ibrahîm, fils de notre Prophète(s). Nous l’avons salué ainsi que les compagnons qui sont [enterrés] avec lui dans la coupole : ‘Uthmân fils de Mazh‘ûn [premier martyr des émigrants enterrés à Médine. Le Messager de Dieu(s) participa directement à son enterrement], Abdallah fils de Mas‘ûd, Khunays fils de Hudhâfat et As ‘ad fils de Zurârat, etc. Nous avons demandé leur intercession comme précédemment.

(Témoignages tirés de Sha‘âir, No65 de Shawwâl 1436-Juillet 2015)

Ces témoignages montrent qu’il était dans la tradition de toutes les branches de l’Islam de rendre visite aux morts et de vénérer plus particulièrement les membres de la famille du Prophète(s), jusqu’au moment où apparut cette idéologie déviée aux couleurs de l’Islam (le wahhabisme), utilisée à des fins politiques, au même titre que le mouvement sioniste, dans le cadre des mouvements nationalistes apparus dans le monde occidental.

www.lumieres-spirituelles.net N°87 - Moharram-Safar 1439 - Octobre-Novembre 2017


Articles précédents:

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)