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2017-09-18 | Readers 67 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le saint guerrier Sitting Bull (1831-1890)


Le saint guerrier Sitting Bull,

chef amérindien(1)dans le Dakota du sud

(1831-1890)

Sitting Bull, né vers 1831dans le Dakota du Sud et mort le 15 décembre 1890 dans la réserve indienne de Standing Rock, fut un chef de tribu et un guide spirituel-guérisseur des Lakotas Hunkpagas(2). Il fut l'un des principaux Amérindiens résistant à l’armée américaine, notamment lors de la bataille de Little Bighorn (25-6-1876) contre le général Custer.

Sitting Bull est la traduction anglaise de son nom en lakota « Tĥatĥanka Iyotĥanka » ou « Tatanka Yotanka » (qui signifie « bison mâle qui se roule dans la poussière »). Dans les anciens ouvrages en langue française (dont ceux du père Pierre-Jean de Smet qui l'a rencontré), il était appelé : « Taureau Assis » ou « Bison Assis » ou « au repos ». Il reçut aussi le surnom de « Húŋkesni » (lent), prenant son temps avant de répondre à une question.

Très tôt, il se fit remarquer pour sa bravoure et ses qualités de chasseur, ainsi que pour ses relations étroites avec les « esprits » et ses capacités d’interpréter les signes. Il apprit de façon approfondie les croyances et les rites ancestraux des Lakotas(1), ainsi que les phénomènes naturels liés à leurs croyances,et acquit les techniques de guérison (chasser le mauvais œil et dispenser des soins pratiques) et les secrets des plantes médicinales.

Ainsi, après ses trente ans, Sitting Bull fut considéré comme un Saint Homme (wicasa wakhan) (et à ce titre, il devint membre de la « Société des Bisons » (regroupant ceux qui ont rêvé de bison) et de la « Heyoka » (regroupant ceux qui ont rêvé d’oiseaux-tonnerre)) et fit figure de guide spirituel.

Une de ses expériences « spirituelles » : ses séances de transe :

Sitting Bull menait des rituels devant son peuple. Il se mettait torse nu, défaisait ses tresses, retirait ses plumes, ôtait ses peintures (ou traçait des bandes bleues sur ses épaules pour symboliser le ciel, selon le rite à accomplir). Après être passé par une loge à sudation pendant quelques minutes pour se purifier, il se dirigerait vers un arbre sacré au son des tambours et accomplissait un sacrifice en guise d’offrande (le prélèvement de petits morceaux de chair, avec un couteau affûté, de ses deux bras sans émettre aucune plainte). Puis il se levait pour accomplir la danse selon le rite voulu afin d’attirer les faveurs de Wakan Tanka(3), en entonnant une prière (une longue mélopée plaintive) de sa voix mélodieuse, pendant des heures, sans prendre repos ni nourriture jusqu’à épuisement physique. Il brandissait en même temps un talisman, invoquait le ciel ou le soleil, selon le vœu décidé. C’est quand il se trouvait au bord de l’évanouissement, que lui venaient ses visions (un mélange de songes, d’apparitions et de bruits), lui permettant de prédire l’avenir. C’est lors d’une de ces séances, qu’il eut la vision de soldats bleus venus de l’Est attaquer le campement indien, avec l’injonction de les tuer tous sans toucher à leurs armes, à leurs chevaux, ni à leurs biens. Cette vision fut comprise comme une prédiction de la bataille de Litte BigHorn contre les troupes du général Custer.

Sa spiritualité, orientée vers la paix et l’entente avec tout ce qui vit, était aussi étroitement liée à la nécessité de la défense des terres sacrées.

Ainsi, il prit une part active aux guerres des plaines des années 1860. En 1868, il fut l'un des rares chefs indiens à ne pas signer le traité de Fort Laramie, qui, même s’il garantissait aux Indiens le maintien de leurs territoires sacrés des Black Hills, allait les priver de la majeure partie de leurs terrains de chasse, les mettant dans une situation de dépendance aux rations alimentaires distribuées par le gouvernement américain. Quand ce dernier découvrit l'or dans les Black Hills, il rompit ce traité et attaqua les Indiens. Rejoints par des tribus cheyennes, les chefs de guerre de Sitting Bull (Crazy Horse, Gall et autres) défirent l’armée de Custer à la bataille de Little Bighorn le 25 juin 1876. Custer et plus de 200 de ses hommes furent tués. Mais, poursuivi par l’armée américaine, Sitting Bull (avec ses hommes, sa famille et sa tribu) dut s’enfuir au Canada où il reçut la protection du détachement de la Police montée canadienne du Nord-Ouest de fort Walsh. Ayant reçu des assurances pour retourner sur ses terres, lors des négociations entre le gouvernement du Canada, les chefs indiens et les troupes américaines, Sitting Bull retourna aux États-Unis. Mais il fut encerclé avec son peuple par les troupes américaines et dut se rendre en 1881 à Fort Randall (Dakota du Sud). Après deux années d'emprison-nement, Sitting Bull fut conduit à la réserve de Great River, au Dakota où la vie des Indiens dans les réserves devenait de plus en plus difficile.

En 1889 et en 1890, un vent messianique se répandit parmi les Indiens à la faveur d’un certain Wovoka (~1856-1932), un amérindien « mystique » du Nevada qui se mit à prêcher la venue d’un « messie » en vue de secourir le peuple indien. Pour favoriser l’obtention d’une rédemption et l’avènement d’un monde meilleur, une danse particulière aux apparences guerrières devait être effectuée : la danse des esprits, danse sacrée durant laquelle des esprits étaient invoqués. En attendant la venue du « messie », ils devaient rendre invulnérables les guerriers aux veilles de batailles. Sitting Bull, après avoir vu lui-même en vision ce messie vêtu de vêtements blancs en peaux de bison, soutint les danseurs.

Le 15 décembre 1890, au matin, sur ordre des Américains, il fut tué d’une balle dans la nuque dans sa maison.

Quelques extraits de discours et paroles de ce grand personnage...

*« La terre est notre corps. Notre esprit vient du soleil et notre pensée est une étincelle du soleil. »

*« Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas. »

*« Les paroles des blancs sont écrites sur l’eau. »

*« Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour ! Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre.

Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race, petite, faible quand nos pères l'ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante.

Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol, et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leurs propres usages et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est semblable à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. Nous ne pouvons vivre côte à côte. » (Discours prononcé en 1875)

(1)Les Amérindiens, ou Indiens d'Amérique, sont les habitants du continent américain, avant la colonisation européenne des Amériques, et leurs descendants. L'apparition des premières Nations en Amérique du Nord remonterait à plus de 40 000 ans.

(2)La tribu des Lakotas dont le nom signifie Amitié/unité, était divisée en sept clans et sous-clans, les Hunkpapas (« ils campent à l’entrée ») étant l’un de ces sept clans. Ils vivent aujourd’hui dans la réserve de Stading Rock (Dakota du Nord et du Sud).

(3)Wakan Tanka, nom donné au Grand Esprit créateur du monde. Pourvoyant aux besoins des hommes, il est révéré par le rite du salut aux quatre directions du monde, au soleil et à la terre, perçus comme ses créations. Les Amérindiens n’ont jamais cherché à le décrire, étant par essence un mystère.

www.lumieres-spirituelles.net N°87 - Moharram-Safar 1439 - Octobre-Novembre 2017


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