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2017-09-18 | Readers 213 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’événement de Karbala


L’événement de Karbala

Abou Mikhnaf, Lout ibn Yahya (158 A.H.)

Chercheur : Mohammad Hadi al-Yousoufi al-Gharawi

Trad. : Mourtaza Radjahoussen

Éditeur : Éditions Booky – Madagascar – Août 2016

Voici la traduction d’un des plus anciens recueils de témoignages et de narrations de témoins proches des évènements de Karbalâ’, compilé par Lût fils de Yehia, fils de Sa‘d, fils de Mikhnaf (supposé mort en l’an 158H, connu sous le nom d’Abû Mikhnaf) et considéré comme une des principales références de ceux qui psalmodient les évènements de Karbalâ durant la période de ‘Ashûrâ’, même si l’appréciation du degré de fiabilité des récits rapportés varie selon les grands savants.

L’ouvrage original d’Abu Mikhnaf (Kitab Maqtal al-Houssein) n’existe plus intégralement, mais ses récits subsistèrent dans les références historiques musulmanes, notamment dans celle (de 273H) de Tabari (le célèbre chroniqueur des premiers temps de l’Islam (224H-310H)). Aussi plusieurs versions apparurent au cours de l’histoire, plus ou moins fidèles à l’original. C’est celle rassemblée et vérifiée par le savant/chercheur Mohammed Hâdî al-Yûsûfî, publiée sous le titre « Waqa’at at-Taf » en l’an 1367 HS (~1989 apJC) à Qom, qui a été traduite ici, de l’arabe (langue initiale du texte et des récits d’origine).

Le savant/chercheur a gardé le comblement du vide effectué par Tabari par des récits rapportés par d’autres comme ceux de ‘Awanah b. Hakam (m.158H), quand le récit d’Abû Mikhnaf s’interrompait.

Un certain nombre de remarques et de notes du savant/chercheur al-Gharawî apportant des précisions historico-scientifiques ont également été traduites en français, quand elles ont été estimées essentielles à la compréhension du récit, auxquelles il faut ajouter celles du traducteur. Ce qui en fait sa richesse.

Ce livre donne les détails des évènements de Karbala depuis la mort de Mu‘âwiyya en l’an 60H : les premières mesures de Yazîd pour prendre la succession de son père, le départ de l’Imam al-Hussein(p) de Médine, puis celui de La Mecque le 8 Dhû al-Hujjah, la mort de Muslim ibn ‘Aqîl à Kûfâ, le parcours vers Karbalâ’ et les rencontres en chemin, l’arrêt à Karbalâ’ et la préparation de l’affrontement du dixième jour, avec les échanges de lettres et de paroles entre l’Imam al-Hussein(p), Yazîd, ses acolytes et ses partisans.

Puis les combats du dixième jour, le repentir d’al-Hor ar-Riyahî, la prière du midi, le martyre des compagnons de l’Imam al-Hussein(p), celui des membres de sa famille et son propre martyre (de façon rapide). A noter l’allusion expéditive au martyre d’Abû Fadl al-‘Abbas. Puis les captifs emmenés à Damas via Kûfâ – avec leurs échanges de paroles avec Ibn Ziyâd puis avec Yazîd – et renvoyés à Médine – sans qu’il ne soit fait allusion à leur passage à Karbalâ’, lors de leur retour.

Cette nouvelle traduction en français de l’évènement de Karbalâ’ donne la possibilité aux lecteurs francophones d’être près de l’une des principales sources d’informations sur cette tragédie, avec plus de détails sur certains évènements et des manques sur d’autres. Cette référence rapporte des faits mais n’offre aucune analyse, aucune interprétation. Aussi est-il difficile pour le lecteur francophone de comprendre l’enjeu de cette bataille historique encore commémorée plus de 1400 ans après ou comment le sang l’a emporté sur les épées, avec ce seul livre, ou de trancher sur certains passages posant problème (comme celui, par exemple, relatant le comportement de s. Zeinab(p), la 10e nuit du mois de Moharram).

A noter les notes intéressantes du savant/chercheur publiées à la fin du livre, notamment :

-son aperçu historique sur les origines des textes sur la tragédie de Karbala (citant, en plus d’Abû Mikhnaf, Awanah b. Hakam (m.158H), Hisham b. Mohammed al-Kalbi al-Kûfî (m.206H)) ;

-les informations données sur Abû Mikhnaf lui-même, tirées des livres d’« ‘ilm ar-rijal » (son père ou/et grand-père compagnon de l’Imam ‘Alî(p), la divergence des avis des grands savants sur son degré de fiabilité et d’allégeance aux Imams(p) d’Ahl al-Beit, n’ayant rapporté d’aucun des Imams(p)) ;

-ses mises en garde contre la circulation de livres faussement attribués à Abû Mikhnaf, notamment ceux relatant le martyre de l’Imam al-Hussein(p), mettant en évidence les erreurs flagrantes qu’ils contiennent.

-ses informations sur les narrateurs d’Abû Mikhnaf et sa riche bibliographie.

Bien traduit en français, il suscitera certainement des vocations pour psalmodier les évènements de Karbala en français.

www.lumieres-spirituelles.net N°87 - Moharram-Safar 1439 - Octobre-Novembre 2017

Citations de L’évènement de Karbala

†« Hisham b. Mohammad a rapporté d’Abou Mikhnaf ; « ‘Abd al-Malik b. Nawfal b. Mosahiq b.  ‘Abdallah b. Makhrama m’a rapporté : « Mo’awiyah, atteint par la maladie qui l’emportera [plus tard], convoqua son fils Yazid(1) et lui dit : « Ô mon fils, je t’ai épargné de parcourir les distances, les difficultés [que tu aurais pu rencontrer pour ma succession], j’ai humilié les ennemis pour toi, j’ai dominé les Arabes et créé un consensus entre eux. Je ne suis inquiet que pour quatre personnes, appartenant aux Qoraychites, qui pourraient te défier à ce sujet. » »(p18)

1-Note de traduction : Il est né en 28A.H. et mort le 14 Rabî‘ al-Awwal de l’an 64A.H. à l’âge de 36 ans. Sa mère s’appelait Mayssoum b. Kalbî. Il a succédé au califat le 1er Rajab 60A.H. et y resta durant 3 ans et 8 mois.

† 1 Note du chercheur : la suite du récit rapporté, selon sa chaîne de transmission, de ‘Ammar al-Dohni [rapporté] d’Abou Ja’far al-Baqir (as) : « Lorsque plusieurs lettres s’accumulèrent auprès de Yazid en deux jours, il convoqua Sarjoun b. Mansour al-Roumi (serviteur, scribe et majordome de Mo’awiyah) et lui demanda : “Quels sont tes conseils ? Houssayn se dirige vers Koufa alors que Mouslim b. ‘Aqil récolte les serments d’allégeance pour celui-ci. On m’a rapporté que No’man b. Bashir est faible et tient un mauvais discours (…). Quel est ton avis ? Qui pourrais-je nommer comme gouverneur à Koufa ?” Alors que Yazid détestait ‘Obaydollah b. Ziyad, Sarjoun dit : “Si Mo’awiyah ressuscitait, prendrais-tu compte de ses conseils ?” Il répondit par l’affirmative. Sarjoun lui montra le pacte [de Mo’awiyah] de la nomination de ‘Obaydollah b. Ziyad comme gouverneur de Koufa puis dit : “Voici l’avis de Mo’awiyah, il est mort mais avait demandé l’application de ce pacte.” Yazid consentit puis, convoqua Mouslim b. ‘Amr al-Bahili et l’envoya vers Bassorah chez ‘Obaydollah b. Ziyad avec la lettre de nomination et lui écrivit : “Mes partisans, habitants à Koufa m’ont écrit, m’informant qu’Ibn ‘Aqil regroupe [autour de lui] des personnes pour briser l’unité des musulmans. Pars à Koufa dès que tu reçois ma lettre et recherche Ibn ‘Aqil comme tu chercherais une perle jusqu’à ce que tu le retrouves. Puis, attache-le, tue-le ou bien bannis-le. Paix sur toi.” Mouslim b. ‘Amr partit jusqu’à parvenir à ‘Obaydollah b. Ziyad à Bassorah. Ce dernier ordonna [à ses hommes] de faire les préparatifs pour partir à Koufa le lendemain.

†« Houssayn(as) se tourna vers nous et dit : “Savez-vous ce que m’a dit Ibn Zobayr ?” Nous répondîmes : “Nous ne savons pas. Qu’Allah nous sacrifie pour toi !”. Il dit : “Il m’a dit : “Demeure dans cette mosquée et je rassemblerai les gens autour de toi.”” Puis Houssayn(as) continua : “Par Allah, me faire tuer un empan à l’extérieur [de cette ville sacrée] m’est préférable que de me faire tuer un empan à l’intérieur ! Par Allah, même si je me trouve dans le trou d’un de ces insectes, ils m’y extirperont pour faire de moi ce qu’ils en veulent. Par Allah, ils me violenteront exactement comme les juifs qui avaient violé [la sacralité] du sabbat.”»(p108)

†« Horr avança [jusqu’à Houssayn (as)] et continua sa route à ses côtés et lui dit : « Ô Houssayn, je t’évoque Allah, je t’assure que si tu combats tu seras tué et, à mon avis, si tu es tué tu causes ta perte ! » Houssayn (as) s’indigna : « C’est par la mort que tu m’intimides ! Irez-vous jusqu’à me tuer ! Je ne sais pas quoi te dire, mais je te dis juste ce qu’a dit cet homme de la tribu des Awss à son cousin quand il rencontra ce dernier qui s’apprêtait à aller aider le Messager d’Allah (que les bénédictions et salutations d’Allah soient sur lui et sa famille) : “Où vas-tu ? Tu seras tué !” Il lui répondit : “Je continue, [car] la mort n’est pas une honte pour un jeune homme lorsqu’il désire le Vrai, qu’il combat en étant musulman, [lorsque] qu’il réconforte les hommes vertueux [en sacrifiant] sa vie et qu’il abandonne le pécheur, traître et dépravé.” »»(p135)

†« Puis1 ‘Omar b. Sa’d proclama haut et fort [le début de la bataille] après la prière de ‘asr [l’après-midi] : «Ô soldats d’Allah, prenez place [sur vos montures] et réjouissez-vous [du paradis qui vous attend] !» Les soldats montèrent [sur leurs chevaux] et se ruèrent sur le camp de Houssayn (as) et ses compagnons. [À ce moment-là], Houssayn (as) était assis devant sa tente, appuyé sur son épée et les genoux repliés sur lui. Sa tête tomba de somnolence sur ses genoux. Zaynab, sa soeur, s’approcha de lui et dit : « Ô mon frère, n’entends-tu pas le bruit qui se rapproche ? »

Houssayn (as) leva sa tête et dit : « J’ai vu en rêve le Messager d’Allah (que les bénédictions et salutations d’Allah soient sur lui et sa famille) me dire : “Tu avances vers nous !” »»(p165)

1 Note du chercheur : Le récit est rapporté par Tabari qui dit : « Abou Mikhnaf [a rapporté] de Harith b. Hassira b. ‘Abdallah b. Sharik al-A’amiri (…), qui est un compagnon de l’Imam Sajjad (as), et qui mentionne clairement qu’il rapporte de ce dernier [l’Imam Sajjad] ce qui suit :(…) »

†« Après le recueil du Coran, il[l’Imam ‘Alî(p)] rédigea un livre sur les compensations des infractions et des crimes (prix du sang versé), connu sous le nom de Sahifah relaté par Ibn Sa’id en toute fin de son livre al-Jami’ et également par Bokhari dans divers endroits de son [livre] Sahih, notamment au début du chapitre sur le savoir dans le premier volume. À la même époque, un groupe de ses partisans (chiites) suivirent ses pas dans la compilation des hadiths.. »(p270)

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Mon Livre de Moharram

Ecrit par Fatima Z Karim

Illustré par Sajida Jivraj

Ed. The World Federation of KSIMC

"Mon Livre de Moharram donne un bref aperçu de la tragédie de Karbala aux tout jeunes lecteurs. Avec des illustrations colorées et à colorier et des phrases simples, les tout jeunes lecteurs peuvent visualiser ce que les gens d'Ahle al-Beit(p) ont enduré le jour de 'Ashûrâ'.

Il commence par une superbe citation de l'Imam as-Sâdeq(p) : "Quand Dieu désire le bien d'une personne, Il fait pénétrer dans son cœur l'amour pour l'Imam al-Hussein(p) ainsi que l'amour de sa ziyârat."

Il met l'accent sur la tragédie de Karbala avec sa dimension pathétique sans malheureusement parler de religion, de politique et de foi.

Il se termine par un appel à la réapparition du 12e Imam, le neuvième de la descendance de l'Imam al-Hussein(p) qui vengera la mort de ce dernier(p) et établira alors la paix et la justice sur terre.

Exemple de dessin à colorier :

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