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2017-11-15 | Readers 128 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate az-Zalzala (le séisme) 99 (7)


Sourate az-Zalzala  (le séisme) 99  (7)

بسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ  ِذَا زُلْزِلَتِ الْأَرْضُ زِلْزَالَهَا (1) وَأَخْرَجَتِ الْأَرْضُ أَثْقَالَهَا (2)

وَقَالَ الْإِنسَانُ مَا لَهَا (3)يَوْمَئِذٍ تُحَدِّثُ أَخْبَارَهَا (4) بِأَنَّ رَبَّكَ أَوْحَى لَهَا (5) يَوْمَئِذٍ يَصْدُرُ النَّاسُ أَشْتَاتًا لِّيُرَوْا أَعْمَالَهُمْ (6)

فَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ (7) وَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ (8)

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi, Idhâ zulzilati-l-ardu zilzâlahâ wa akhrajati-l-ardu athqâlahâ wa qâla al-insânu mâ lahâ  yawma’idhinn tuhaddithu akhbârahâ bi-anna rabbaka awhâ lahâ yawma’idhinn yasduru an-nâsu ashtâtann liyuraw a‘mâlahum fa-man ya‘malu mithqâla dharratinn khayrann yarahu

wa man ya‘malu mithqâla dharratinn sharrann yarahu

Par [la grâce du] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, Si/Quand la terre tremblera d'un violent tremblement,(1) et que la terre fera sortir ses fardeaux, (2) et que l'homme dira : « Qu'a-t-elle ? » (3) Ce jour-là, elle contera son histoire (4)  selon ce que ton Seigneur lui aura révélé [ordonné]. (5)Ce jour-là, les gens sortiront séparément pour que leur soient montrées leurs œuvres.(6) Alors quiconque fait un bien [fût-ce]du poids d'un atome, le verra (7) et quiconque fait un mal [fût-ce]du poids d'un atome, le verra.(8)

Reprise de la sourate verset par verset en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de shahîd al-Mutaharî et de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân ».

فَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ (7)وَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ (8)

fa-man ya‘malu mithqâla dharratinn khayrann yarahu

wa man ya‘malu mithqâla dharratinn sharrann yarahu

-« mithqâla » : avec quoi on pèse les fardeaux, faix = le poids

-« dharratinn » : les grains de poussière éparpillés que l’on voit dans un rayon de lumière. Et il est dit aussi que c’est le nom des petits de la fourmi. Dans les deux cas, ce mot indique quelque chose de très petit, la plus petite mesure dans la langue arabe que l’œil peut voir. Et il n’y a pas de corps plus petit pour désigner cette petitesse. Ce mot est indéfini, complément du nom « mithqâla ».

-« khayrann » : bien, bon

-« sharrann » : mauvais, vil

Ainsi les notions du bien et du mal sont introduites dans le jugement des actes. En se référant à quoi ?

Là aussi, il y a différentes interprétations sur la vision des actes : s’agit-il de leur rétribution, du livre des actes ou les actes eux-mêmes ? L’apparence du verset tend également vers la troisième option. C’est-à-dire, elle indique également la « corporisation » des actes et la vision de l’acte lui-même, bon ou mauvais, le Jour du Dressement. Même si l’acte est du poids d’un atome, les gens le verront sous une forme le Jour du Dressement.

ŸRien ne sera exclu des actes qui seront montrés aux hommes, ni les bons ni les mauvais, ni les grands ni les petits, aussi petits soient-ils. Il y a de quoi faire trembler les consciences des gens en profondeur ! Car l’emploi du mot « dharratinn » montre à quel point le Compte de Dieu sera précis et délicat en ce Jour. La balance des actes des gens sera précise au point de tenir compte du plus petit acte des hommes et personne ne sera lésé. {Certes, Dieu ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un atome.}(40/4 Les Femmes)).

ŸLes notions de bien et de mal par rapport aux actes se font en fonction de ce que Dieu a établi de façon constitutive dans la création, en fonction de Sa Religion, de Sa Législation, le bien et le mal correspondant aux actes d’obéissance ou de désobéissance (les péchés) à Dieu.

Aussi ces deux versets mettent-ils en garde contre le fait de minimiser les petits péchés ou de négliger une bonne action à faire parce que minime, insignifiante. Certains commentateurs dirent que ces versets ont été révélés parce que (ou lorsque) des compagnons du Prophète(s) négligeaient la dépense de petites sommes, en disant que la récompense s’arrête à la dépense de ce qu’ils aiment et ils n’aiment pas les petites choses  et parce que (ou lorsque)  ils minimisaient les petits péchés.

ŸEt le fait d’avoir distingué la vision des bons actes de celle des mauvais dans deux versets distincts et d’avoir employé le pronom « man » est sans doute dans le but de donner un principe universel, une règle générale.

LA VISION DES ACTES ET LES AUTRES POSSIBILITÉS ?

†Mais ces deux versets généraux ne viennent-ils pas contredire les versets où il est indiqué que les actes peuvent être annulés (comme il est indiqué dans le verset suivant : {En effet, il t'a été révélé, ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé : « Si tu donnes des associés à Allah, ton œuvre sera certes vaine. »}(65/39 Les Groupes)), transférés d’une âme à une autre (comme les bonnes actions d’un meurtrier vers celui qui a été tué et les mauvais actes du tué vers le tueur), remplacés (comme les mauvais actes par de bons pour ceux qui se repentent ou font de bonnes actions comme dans le verset suivant : {Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises.}(114/11 Hûd)), ou autres de ce genre ?

Il est rapporté d’Abû-l-Jârûd d’Abû Ja‘far (l’Imam al-Bâqer(p)) à propos du septième verset : « S’il est  des gens de l’Enfer et qu’il a fait durant sa vie en ce monde un atome de bien, il le perd le Jour du Jugement, s’il l’a fait pour autre que Dieu. »

Et à propos du huitième verset : « S’il est des gens du Paradis, il voit ce mal le Jour du Jugement, ensuite, il lui est pardonné. »

†Le fait que ces deux versets constituent une règle générale n’exclut pas qu’ils puissent y avoir des exceptions. Et ces versets précédemment cités font partie de ces exceptions à la règle.

†Mais pour Ibn Arabi, le fait d’avoir distingué en deux versets de façon spécifique – celui qui a fait une bonne action de celui qui a fait une mauvaise action – justifie l’emploi du terme « ashtâtann » au début du verset (c’est-à-dire il y aura deux groupes : les bienheureux et les malheureux) et a pour objectif de rappeler que les bonnes actions du malheureux sont annulées par son incroyance ou son associationnisme alors que les mauvaises actions du bienheureux sont pardonnées par la croyance, le repentir, la majorité des bonnes actions et la salubrité de sa nature première (fitra).

†Certains disent que les incroyants voient le résultat de leurs bons actes en ce monde et les croyants reçoivent la punition de leurs mauvais actes en ce monde. Cependant l’apparent des versets dont nous parlons sont liés au Jugement Dernier et à l’Au-delà et pas à ce monde (ad-dunia). De même, il n’y a pas de règle universelle qui dit que tout croyant ou incroyant voit le résultat de ses actes en ce monde.

†Ces deux derniers versets furent appelés « regroupants » par le Messager de Dieu(s).

Il est rapporté qu’un homme se rendit chez le Prophète(s) et lui dit : « Apprends-moi ce que Dieu t’a appris. » Le Prophète le confia à l’un de ses compagnons pour qu’il lui apprenne le Coran. Il lui apprit la sourate « al-Zalzala ». L’homme se leva et dit : « Cela me suffit. ». Le Prophète(s), informé de sa réaction, dit : « Laissez-le partir car l’homme est devenu savant. » C’est-à-dire cette sourate lui avait suffi pour comprendre l’essence de l’Islam et avoir une ligne de conduite à suivre dans la vie en ce monde.

Le fait de savoir que le plus petit acte, bon ou mauvais, sera vu ne devrait-il pas nous suffire pour nous persuader à ne faire aucun péché ?

www.lumieres-spirituelles.net N°88 - Rabî ' I et II 1439 - Décembre-Janvier 2018


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