1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
2018-05-11 | Readers 473 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100 (3)


Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100  (3)

العاديات

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ وَالْعَادِيَاتِ ضَبْحًا(1)فَالْمُورِيَاتِ قَدْحًا(2)فَالْمُغِيرَاتِ صُبْحًا(3)

فَأَثَرْنَ بِهِ نَقْعًا(4)فَوَسَطْنَ بِهِ جَمْعًا(5)

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi, wa-l-‘âdiyâti dabhann, fa-l-mûriyâti qad’hann, fa-l-mughîrâti subhann, fa-atharna bihi naq‘ann, fa-wasatna bihi jam‘ann

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

par les coursiers rapides et haletants(1) qui font jaillir des étincelles,(2)

puis qui attaquent au matin,(3) puis font voler la poussière,(4)

puis pénètrent au centre de la troupe !(5)

إِنَّ الْإِنسَانَ لِرَبِّهِ لَكَنُودٌ(6)وَإِنَّهُ عَلَى ذَلِكَ لَشَهِيدٌ(7)وَإِنَّهُ لِحُبِّ الْخَيْرِ لَشَدِيدٌ(8)

Inna-l-insâna li-rabbihi la-kanûdunn wa innahu ‘alâ dhâlika la-shahîdunn wa innahu li-hubbi-l-khayri la-shadîdunn

Certes, l'homme est ingrat envers son Seigneur, (6) en est témoin (7)

et est très fort/sévère pour l’amour  du bien ! (8)

Reprise de la sourate, verset par verset, en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de shahîd al-Mutaharî dans son « Drûs min al-Qurân » (pp75-84), de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân » et « Tafsir é Hoda » compilation traduite par sh. Ishak Vazirhoussen.

Nous allons voir maintenant la réponse au serment :

إِنَّ الْإِنسَانَ لِرَبِّهِ لَكَنُودٌ(6) 

Inna-l-insâna li-rabbihi la-kanûdunn  

*« Inna » : Particule de confirmation située en début de phrase, suivie d’un nom au cas direct nécessairement (c’est-à-dire se terminant par la voyelle « a ») ou d’un pronom suffixe, utilisée pour mettre en valeur le terme de départ, ou insister sur ce qui veut être dit,  souvent traduite par « certes ».

*« al-insâna » : l’être humain du point de vue de son genre, le genre humain, se terminant par un « a » (mansûb) à cause de « inna ». Les hommes en général ou uniquement ceux qui suivent le mal ?

*« li-» : préposition qui s’accroche au mot qui suit pour marquer le but = pour, en faveur, envers

*« rabbi-hi » : du verbe « rabba » qui veut dire « conduire quelqu’un ou quelque chose vers sa perfection, enlever les manques en se débarrassant des imperfections, et en se parant des vertus, que ce soit en soi, de façon essentielle ou accidentelle, au niveau des croyances, des connaissances, des qualités, du comportement, ou des actes (ou autres) en fonction de la personne ou de l’animal,  de la plante ou de la chose ». Le mot se termine par un « i » parce qu’introduit par la particule « li ».

Et le « hi » pronom personnel renvoyant à « al-insân ». = « son Seigneur ».

*« la-» : « lam at-tawkîd » ou de corroboration, utilisée pour donner plus de force dans le propos, pour insister. Elle est souvent traduite par « vraiment ».

*« kanûdunn » : nom d’action du verbe « kanada » (couper, trancher). A l’origine, ce nom était donné à la terre stérile où rien ne pousse, puis il fut utilisé pour désigner une personne ingrate ou avare.

L’homme nie les Bienfaits de Dieu, ne les reconnaît pas ou peut-être les voit-il mais n’en reconnait pas l’Origine, le Créateur, le Donateur. Au lieu d’être reconnaissant envers Lui, de Le remercier, de Le louer et de Lui obéir, il se rebelle contre Lui et ne veille même pas sur Ses Dons en dépôt auprès de lui. Au lieu de Le remercier pour Sa Religion l’Islam qui est une Manifestation de Sa Perfection sur terre et qui lui assure sa félicité en ce monde et dans l’Au-delà, l’homme le rejette et le combat !

C’est le verset clef de la sourate qui explique et justifie l’interrogation réprobatrice de la troisième partie !

Il vise certes ces associationnistes qui voulaient attaquer les Musulmans à Médine au temps du Prophète Mohammed(s) au lieu de répondre à son appel et de remercier Dieu pour les bienfaits qui s’étaient répandus sur la nation ! Mais sa tournure générale indique qu’il ne s’agit pas uniquement d’eux !  Il vise tous les hommes qui nient les bienfaits de Dieu, qui s’oppose à Lui et à Sa Religion !

وَإِنَّهُ عَلَى ذَلِكَ لَشَهِيدٌ(7) 

wa innahu ‘alâ dhâlika la-shahîdunn

*« wa inna-hu » :répétition de « inna » introduit par la conjonction de coordination « wa » et se terminant par « hu » rappelant « al-insân » pour insister davantage.

*«‘alâ » : préposition qui peut avoir plusieurs sens selon son utilisation comme sur, près, contre, selon et peut accompagner certains verbes comme c’est le cas ici (shahida ‘alâ).  

*«dhâlika » : pronom démonstratif = ceci, cela

*« la-shahîdunn » : nom adjectif dérivé du verbe « shahida » construit avec la préposition «‘alâ » (= assister à, rendre témoignage de qqch, l’attester) = témoin.

L’être humain est tout de même lucide de lui-même. Il peut cacher sa nature aux autres mais pas à Dieu, ni même à sa conscience ! Rien n’indique dans ce verset que la vision n’a lieu que le Jour de la  Résurrection. Les vices de l’ingratitude et de l’avarice sont tellement clairs, évidents qu’il n’est pas possible qu’ils lui soient totalement cachés en ce monde et qu’il ne sache pas qu’ils sont des choses blâmables !

وَإِنَّهُ لِحُبِّ الْخَيْرِ لَشَدِيدٌ(8)wa innahu li-hubbi-l-khayri la-shadîdunn

*« hubb al-khayri » : l’amour du bien

*« shadîdunn » : nom adjectif dérivé du verbe « shadda » (serrer, lier ; acquérir de la force) = violent, dur, fort, sévère, très fort.

Ce verset a soulevé beaucoup de controverses, tant au niveau de l’interprétation du mot « khayr » que du mot « shadîd ». La plupart ces commentateurs ont interprété le mot « khayr » comme étant de l’argent, des biens, en s’appuyant sur le verset {Il vous est prescrit, quand la mort se présente à l’un de vous, s’il laisse quelque bien (khayrann), de faire un testament.}(180/2 La Vache)

Alors être «shadîd li-hubbi-l-khayri» est compris comme avoir ‘un fort amour pour les richesses’ ou comme avoir ‘une grande avarice à cause de son attachement aux richesses’, le « li » indiquant le but ou la cause.

L’AMOUR POUR LE BIEN

Mais pourquoi avoir employé le mot ‘bien’ (khayr) et non pas directement le mot désignant l’argent ou les richesses ? Cela mérite que l’on s’y arrête.

L’argent et les richesses ne sont pas un mal en soi dans l’Islam. Mais le mal se situe au niveau de  l’attachement à eux. L’homme doit être libre et n’être attaché qu’à Dieu. Comment être attaché à Dieu et être libre ? En quoi l’attachement à Dieu (qui signifie Lui obéir en tout) n’est pas comme la bride au cou du cheval qui le lie à un arbre ou dans une étable, mais la liberté en soi. Comment ? Parce que l’homme est un être infini. Tant que l’individu est avec Dieu, le chemin devant lui reste ouvert. Et chaque fois qu’il marche, le chemin s’ouvre davantage devant lui. Et s’il marchait à l’infini, le chemin resterait ouvert devant lui.  Alors que l’argent, par exemple, au contraire, cloue la personne à sa place. Il ne peut pas bouger. Il ferme devant lui le chemin vers le perfectionnement.

Le Coran parle des richesses et de l’argent en « bien » parce que les richesses ne sont pas un mal en soi. Il ne faut pas dire que les richesses sont un mal. Mais s’accrocher aux richesses est un mal. L’amour pour l’argent en soi et son attachement à lui sont un mal. L’homme doit se libérer de cet esclavage.

Certains commentateurs ont vu dans ce mot « khayr » le Bien de façon absolue. (Et le Bien absolu est Dieu.) Et selon sayyed TabâTabâ’î, il n’est pas loin qu’il s’agisse de cela dans ce verset.

Le sens serait alors en allusion à l’amour pour le Bien présent dans la nature première de l’homme (la fitra). Mais l’homme voit ensuite les bienfaits de ce monde ici-bas, les considère comme un bien. Son âme se laisse attirer par eux, au point d’oublier de remercier son Seigneur pour cela. Elle a délaissé le Bien absolu et a oublié le but de sa vie et s’est accrochée à quelque chose de limité, qui n’est utile que comme un moyen, passager de plus, pour atteindre l’Essentiel.

On peut noter la similitude de construction de ces trois versets avec des mots qui se répètent par leur forme ou leur dérivation : «inna», «wa inna-hu», «wa inna-hu» ; «li-», «la-», «‘alâ-», «la-», «li-», «la-»  ; «kanûdunn», «shahîdunn», «shadîdunn». Elle attire l’attention et provoque un effet d’insistance. Sans doute pour réveiller les gens et leur faire prendre conscience de l’intérieur de la gravité de leur situation. En effet, ces versets affirment une règle générale qui concerne tout le monde avec bien sûr des exceptions comme ceux dont il est fait allusion indirectement dans le premier verset.

www.lumieres-spirituelles.net N°91 - Ramadan et Shawwal1439 - Mai-Juin-Juillet 2018


Articles précédents:

1440 (2018-2019)

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)