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2018-07-11 | Readers 94 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Les dialogues de l’Imam ar-Ridâ(p) avec les chefs religieux chrétiens


Dialogue entre les chefs religieux chrétiens

et l’Imam ‘Alî fils de Moussa ar-Ridâ(p) (début du 9e siècle apJC)

A l'occasion des dix premiers jours de la Noblesse de l’Homme de Dhû al-Qa‘deh et de la commémoration d’al-Mubâlah, le 24 de Dhû al-Hujjah, nous reproduisons des dialogues menés par l’Imam ar-Ridâ(p) avec les chefs religieux chrétiens (Jâthîliq) de son époque à différentes occasions.

I/Quand il(p) devint l’Imam, après le martyre de son père l’Imam Moussa al-Kâzhem(p), durant le califat de Haroun ar-Rashîd (799-800 apJC)

A la mort de son Père, l’Imam al-Kâzhem(p), l’Imam ar-Ridâ(p) se rendit à Basra et à Koufa et demanda à rencontrer tout le monde, de toutes les religions et confessions pour attester devant eux qu’il était le nouvel Imam(p) pressenti par Dieu et le Prophète(s), malgré le danger que cela pouvait représenter.

1-Lors de son déplacement à Basra(1)

« Ensuite, l'Imam ar-Ridâ(p) se tourna vers le Primat chrétien et lui dit : « Est-ce que les Evangiles ont indiqué la Prophétie de Mohammed(s) ?

-Si les Evangiles l'avaient indiquée, nous ne la contesterions pas, répondit le Primat.

-Parle-moi de « as-sakit » (celui qui se tait) présent dans votre troisième livre.

-Il est Un des Noms de Dieu Très-Elevé qu'il ne nous est pas permis de faire apparaître.

-S’il t’apparaît que c’est le nom et l’évocation de Mohammed, que le [Prophète] 'Issa l'a reconnu et que Banî Isrâ'il a annoncé Mohammed, le reconnaîtras-tu et tu ne le nieras point ?

-Si c'est le cas, je le reconnaîtrai parce que je ne repousse pas les Evangiles ni ne les conteste.

-Alors, apprends de moi le troisième Livre dans lequel est évoqué [le nom] de Mohammed et l'annonce de Mohammed par 'Issa.

-Donne ! »

L'Imam ar-Ridâ se mit à lire ce Livre de l'Evangile jusqu'à atteindre le rappel de Mohammed et dit :

-« Ô Primat, qui est celui qui est décrit là ?

-Décris-le !

-Je ne le décris que ce par quoi Dieu l’a décrit : « Il est le Détenteur de la chamelle, du Bâton et du Manteau, le Prophète, l'analphabète, qu'ils trouvent inscrit chez eux dans la Tora et les Evangiles, qui leur ordonne le bien et leur interdit le blâmable, rend licites les bonnes choses et illicites les mauvaises choses, qui dépose d'eux leur fardeau et leur carcan qui étaient sur eux, qui guide sur la voie la plus directe, selon la méthode la plus sage, la voie la plus juste. »

Je te demande, ô Primat, par le droit de 'Issa, l'Esprit de Dieu et Sa Parole, est-ce que tu as trouvé ses qualifications dans l’Evangile pour ce Prophète(s)? »

Le Primat se courba, sachant que s'il contestait les Evangiles, il ferait acte d'incroyance. Alors, il dit :

-« Oui, cette description est [tirée]de l'Evangile. 'Issa a évoqué ce Prophète dans l'Evangile mais pour les Chrétiens, il ne s’agit pas de votre maître.

-Si tu ne fais pas acte d'incroyance en contestant les Evangiles et que tu reconnais qu'il y a à l'intérieur la description de Mohammed, alors apprends de moi le deuxième Livre. Je vais te présenter son évocation, celle de son Légataire et celle de sa fille Fatima ainsi que celles de Hassan et de Hussein. »

Quand le Primat et le chef des rabbins entendirent cela, voyant que [l'Imam] ar-Ridâ(p) connaissait la Tora et l'Evangile, ils dirent :

-« Par Dieu ! Il a présenté ce que nous ne pouvons pas repousser ni refuser qu'en contestant la Tora, l'Evangile et les Psaumes. Moussa et 'Issa l'ont tous les deux annoncé mais il n'est pas confirmé chez nous qu'il est juste de dire qu'il s'agit de ce Mohammed. Son nom est Mohammed mais il ne nous est pas permis de reconnaître pour vous sa Prophétie. Nous doutons qu'il s'agisse de votre Mohammed ou de quelqu'un d'autre.

-Vous contestez par le doute : Est-ce que Dieu a envoyé avant ou après de parmi les descendants d'Adam, jusqu'à nos jours, un Prophète du nom de Mohammed ? Avez-vous trouvé, dans les Livres révélés par Dieu à l'ensemble des Prophètes, un autre Mohammed ? »

-Ne pouvant lui répondre, ils dirent : « Il ne nous est pas permis de reconnaître devant toi que Mohammed est votre Mohammed parce que si nous reconnaissons devant toi Mohammed, son Légataire, sa fille et ses deux fils, selon ce que vous évoquez, vous nous feriez entrer de force dans l'Islam.

-Ô Primat, tu es en sécurité sous la Protection de Dieu et de Son Prophète. Il ne t’arrivera rien de ce que tu crains et dont tu te méfies de notre part.

-Puisque tu m’accordes la sécurité alors [je dis]que ce Prophète qui s'appelle Mohammed, que ce Légataire qui s'appelle 'Alî, cette fille qui s'appelle Fatima et ces deux descendants qui s'appellent Hassan et Hussein, sont dans la Tora, les Evangiles et les Psaumes..

-C'est ce que j'ai évoqué de la Tora, des Evangiles et des Psaumes comme nom de ce Prophète, ce Légataire, de cette fille et de ces deux descendants. N'est-ce pas vrai et juste ? Ou bien est-ce faux et mensonger ?

-Non! C'est vrai et juste. Il n'a dit que la Vérité. »(1) Belle reconnaissance de la part du Primat.

2-Lors de son déplacement à Kûfa(2)

Quand l'Imam ar-Ridâ(p) arriva à Kûfa, Mohammed fils d'al-Fadl réunit les savants et les théologiens scolastiques de la ville [de toutes les religions]. L['Imam] ar-Ridâ(p) leur proposa de discuter avec eux comme il(p) en avait donné l'occasion aux habitants de Basra.

Il(p) s'adressa à l'ensemble des gens, et à propos de la question de quelle était la preuve de son Imamat, il(p) dit : « Qu'il connaisse la Tora, les Evangiles, les Psaumes, le noble Coran, qu'il discute avec les gens au moyen de leurs Evangiles, et avec les gens du Coran avec leur Coran; qu'il connaisse l'ensemble des langues au point qu'aucune langue ne lui est inconnue; qu'il discute avec les peuples dans leur langue, qu'il soit, en plus de cela, pieux, exempt de toute impureté, pur de tout défaut, juste, équitable, sage, bon, miséricordieux, indulgent, affectueux, sincère, compatissant, bienfaisant, fidèle, sûr, médiateur. »(2)

II/Après sa nomination comme dauphin du calife-roi al-Ma’Mun (816-818 apJC), dans sa cour

3-Controverse verbale avec le Jâthiliq(3)

Fadl fils de Sahl réunit dans le palais d’al-Ma’mûn les chefs religieux des différentes confessions : al-Jâthilîq (le chef religieux chrétien ou primat dans les pays de l’Islam), Ra’s al-Jâlût (un grand savant juif),  les chefs sabéens, al-Hirbidh (le plus grand savant indien), les compagnons de Zarathoustra, Nistâs ar-Rûmî (savant byzantin en médecine) et des scolastiques. Al-Ma’mûn demanda à l'Imam ar-Ridâ(p) de venir converser avec eux.(3)

Al-Ma’mûn introduisit le débat et commença avec le chef religieux chrétien (al-Jâthilîq). Ce dernier protesta : « Ô prince des croyants, comment argumenter avec quelqu’un qui prend pour argument contre moi un Livre que je ne reconnais pas et un Prophète en qui je ne crois pas ? »

L’Imam ar-Ridâ(p) lui répliqua :

-« Ô Chrétien ! Si je discute avec toi avec ton Evangile, accepteras-tu ?

-Est-ce que je peux refuser ce que dit l’Evangile ? Oui ! Par Dieu ! J’accepte malgré moi.

-Interroge-moi sur ce que tu veux et écoute la réponse. »

Al-Jâthilîql’interrogea sur le Prophète ‘Issa (Jésus) et sur l’Evangile, s’il(p) les reconnaissait. L'Imam ar-Ridâ(p) confirma le Prophète ‘Issa et l’Evangile et parla de l’annonce du Prophète Mohammed(s) et de son Livre par le Prophète ‘Issa(p).

Le Primat lui demanda des preuves de ce qu’il(p) disait en exigeant deux témoignages.

L'Imam ar-Ridâ(p) récitaun passage de l’Evangile selon Saint Jean ad-Dîlâmî que le Prophète ‘Issa(p) aimait le plus : « Le Messie m’a informé de la Religion de Mohammed l’arabe et m’a annoncé qu’il viendra après lui. Alors je l’ai annoncé aux Apôtres qui y ont cru. »

Le Primat le reconnut.

Puis le débat se porta sur le fait que le Prophète ‘Issa(p) n’était pas une divinité, l’accomplissement de miracles n’étant pas une preuve suffisante pour affirmer une telle chose ! Même ! Il(p) lui démontra qu’il(p) ne pouvait pas être une divinité. A la fin, le Primat reconnut la justesse des propos de l’Imam(p) et déclara qu’il n’y a de Dieu que Dieu. Et l'Imam ar-Ridâ(p) continua à réciter des passages de la Tora et de l’Evangile.(3)

4-A propos de l’ « exagération » (al-ghalû)(4)

ghulâts). L'Imam ar-Ridâ(p) saisit cette occasion pour rappeler la parole du Messager de Dieu(s) et celle du Prince des croyants(p) qui lui furent transmises par l’intermédiaire de ses pères : « Le Messager de Dieu(s) [le Prophète Mohammed] disait :

Ne m’élevez pas au-dessus de mon droit, car Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) m’a choisi comme Serviteur avant de me choisir comme Prophète. Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) dit [dans Son noble Livre] : {Il n’appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la Sagesse et la Prophétie, de dire ensuite aux hommes : Soyez mes serviteurs/adorateurs et non pas ceux de Dieu.. }(79/3). » »

Et [l’Imam] ‘Alî(p) [le Prince des croyants] : « Deux se perdent à mon propos et ce n’est pas de ma faute : celui qui aime avec excès et celui qui hait avec excès et moi je me dédouane devant Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) de celui qui exagère à notre propos et nous élève au-dessus de notre limite, comme ‘Issa fils de Mariam(p) se dédouana des Chrétiens. » (…) 

Puis, l'Imam ar-Ridâ(p) ajouta : « De celui qui prétend la Seigneurie pour les Prophètes, ou qui prétend la Seigneurie ou la Prophétie pour les Imams, ou qui prétend l’Imamat pour autres que les Imams, nous nous dédouanons de lui en ce monde et dans l’Au-delà. »(4)

(1)cf. « L’Imam ar-Ridâ(p), l’Etranger de Tûs » aux Ed. B.A.A pp60-62 citant al-Bihâr, vol.49 pp75-77 H1 – citant al-Kharâ'ij

(2)cf. « L’Imam ar-Ridâ(p), l’Etranger de Tûs » aux Ed. B.A.A p64 citant al-Bihâr, vol.49 p80 H1 – citant al-Kharâ'ij

(3)cf. « L’Imam ar-Ridâ(p), l’Etranger de Tûs » aux Ed. B.A.A pp217-219 citant ‘Uyûn Akhbâr ar-Ridâ(p) de sh. Sadûq, vol.1 pp140-146 H1 Bâb12 – Bihâr, vol.49 pp174-175 H12 Bâb14

(4)cf. « L’Imam ar-Ridâ(p), l’Etranger de Tûs » aux Ed. B.A.A pp223-224 citant ‘Uyûn Akhbâr ar-Ridâ(p) de sh. Sadûq, vol.2 pp216-218 H1 Bâb46 – Bihâr, vol.49 p284 H4 Bâb19 (en partie).

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