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2018-11-04 | Readers 20 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Georges Ivanovitch Gurdjieff (1869 ou 70-1949)


Georges Ivanovitch Gurdjieff

(1869 ou 70-1949)

George Ivanovitch Gurdjieff fait partie de ce courant de grands penseurs ou maîtres spirituels de la première moitié du XXe siècle, contemporain de René Guénon(1), Massignon, Henry Corbin, se présentant comme un « chercheur de vérité ». Personnage complexe, atypique et mystérieux, adulé par certains et controversé voire même détesté par d’autres. Il est tout le contraire de René Guénon (qui recherchait ses racines dans la tradition), en tant qu’il est souvent qualifié de « destructeur de doctrines » et de « diffuseur d’un enseignement inconnu » en même temps.

¿Gurdjieff était un russe du Caucase, arménien, qui très tôt, fut traversé par des questionnements d’ordre existentiel, le poussant à voyager pendant une vingtaine d’années en Asie centrale, en Inde, en Iran, en Egypte, en compagnie de 15 compagnons « les chercheurs de la vérité », à fréquenter des monastères tibétains reculés, des communautés soufies, s’initiant à la danse des derviches tourneurs.

Il était à la fois un penseur, un artiste (écrivant des pièces musicales et même dansant) et un provocateur (ne permettant pas à la pensée de se poser et d’avoir des certitudes).

¿Son sujet de réflexion fondamental est : « Existe-t-il au fond de l’individu un « moi » qui puisse échapper aux influences extérieures, une essence absolue de l’être ? »

Pour pouvoir y accéder, l’homme doit se débarrasser de tout ce qui le conditionne (comme son environnement, sa culture, son éducation) et pour cela mener certaines pratiques physiques (comme des mouvements de danse, et des privations intenses de nourriture et de sommeil) et psychiques (allant jusqu’à encourager la consommation de ‘psychotropes’) en plus de la méditation et d’une spéculation plutôt tournée vers les nombres (l’arithmologie).

¿Pendant son séjour à Paris, il encouragea à la formation (en France et aussi à Berlin, en Angleterre et aux Etats-Unis) de « groupes de travail » où il diffusait ses enseignements à des disciples qui les mettaient en pratique.

¿En 1922, il fonda l’Institut pour le développement harmonieux, au château ou prieuré d’Avon, près de Fontainebleau. Ses disciples y vivaient en communauté et il leur dispensait un enseignement basé sur une discipline ardue en vue de réveiller cette « essence absolue de l’être ».

Il parlait d’une quatrième voie pour se libérer du pouvoir des automatismes, de l’état de ‘machine’, de l’ ‘inexistence’, le fait d’être l’ombre de soi-même, afin de s’éveiller et d’élever la conscience.

Il n’hésitait pas à employer la « méthode du désordre », bousculant les habitudes, provoquant les gens qui venaient à lui pour leur faire prendre conscience de ce à quoi s’était réduite leur existence. Pour briser la frénésie de l’homme moderne, toujours actif, il alliait à son enseignement des mouvements pratiques « sacrés » pour impliquer davantage la personne et la faire se connecter avec l’essence de son « moi », pour arriver à lui faire goûter la sécurité intérieure, donner du sens réel à son existence. Il s'agissait de réagir, de s'"éveiller". Alors naîtrait un "Moi" qui, jusque-là, n'existait pas. Il fallait apprendre à être, à être dans tout ce que l’homme fait et ce qu'il ressent, au lieu de ne représenter que l'ombre de soi-même.

A partir des années 1930, il se mit à écrire ses enseignements. Son premier ouvrage fut « Rencontre avec des hommes remarquables » où il relate des expériences initiatiques extra-ordinaires en milieux turcophones, grecs orthodoxes et soufis. En 1934-1935, il commença à rédiger le premier tome de son ouvrage « Du tout et de tout » : « Les récits de Belzébuth à son petit-fils » qui reproduit l’ensemble de son enseignement dans un voyage fiction. S’y mêlent humour corrosif, provocations et dictons.

De même, ces écrits furent diversement appréciés, certains y voyant un savoir illuminé permettant l’accès à l’essentiel, et d’autres des écrits d’une qualité assez médiocre qui ne correspondrait pas à celle de ses enseignements directs et à son influence qu’il avait sur les gens.

De ses paroles :

« Rappelez-vous à vous-mêmes ! »   « Revenez vers vous-mêmes ! »

« Nous croyons que le monde tel qu'il nous apparaît est la réalité, alors qu'il est simplement interprétation d'une réalité vue à travers le brouillard de nos réactions, et de nos rêves. »« Une des meilleures manières de faire naître en vous le travail intérieur est de comprendre que vous pouvez mourir à chaque instant.»

(1)Cf. la revue Lumières Spirituelles N°86

www.lumieres-spirituelles.net N°94 - Rabi' I & II 1440 - Novembre-Décembre-Janv. 2019


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