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2019-01-02 | Readers 296 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Oum ‘Imâd, la mère des martyrs


Oum ‘Imâd, mère des martyrs..

.. Mère de la résistance 

A l’occasion du jour anniversaire de la naissance de sayyidah timah az-Zahrâ’(p), décrété ‘Jour mondial de la Femme’ par l’imam Khomeynî(qs), la revue Lumières Spirituelles publie deux pages spécifiques concernant la femme. Cette fois-ci, nous avons donné la parole à la journaliste Leila Mazboudi qui a écrit, au moment de sa mort le 8/10/18, un joli article sur cette femme contemporaine qui a joué un rôle primordial dans l’émergence du courant islamique au Liban et de sa résistance, al-Hajjeh Oum ‘Imad Mughniyeh, article que nous avons saupoudré de témoignages de femmes qui l’ont connue dès ses premiers temps, comme Hajjeh Amira et Hajje Ferdaous.

« La mère de la résistance, la meilleure des femmes de patience, la plus belle de toutes les mères, la mère de tous.. » De toutes les appellations qui lui sont attribuées, c’est celle de la Mère des martyrs qui lui va le mieux.

Connue le plus couramment sous le patronyme Hajja Oum Imad (mère d’Imad), elle est la mère du commandant militaire emblématique du Hezbollah, Imad Moughniyeh, le fondateur de la Résistance islamique au Liban, le commandant des deux victoires, en 2000 et 2006, tombé en martyr en 2008.

Deux autres de ses fils, également combattants dans la résistance, étaient tombés en martyrs au Liban, avant leur frère : Jihad (1984) et Fouad (1994). Et un petit-fils aussi, Jihad fils d’Imad, tué en Syrie à Quneitra en 2015.

Depuis son lancement, elle a offert à la Résistance un martyr, à chaque décennie. Sans jamais se plaindre. « Je les ai mis là où il fallait qu’ils soient, la meilleure des places sur terre : le martyre », dit-elle dans un de ses interviews, très fière.

Elle s’est éteinte dans la nuit du lundi 8 octobre à l’âge de 80 ans. « Elle a rejoint ses êtres les plus chers au Paradis », peut-on lire entre autres dans les messages de condoléances. Son mari, Abou Imad, l’avait précédée en décembre 2017.

Les Moughniyeh ont la réputation d’être une famille de résistants, de père en fils. Au fil du temps, il s’est avéré qu’ils doivent cette flamme à la « Hajja », la Mère de la résistance.

Pourtant, elle était restée dans la clandestinité jusqu’au martyre du grand Imad, date à laquelle le public de la résistance a commencé à la connaitre davantage. Ainsi que son fils d’ailleurs, dont l’identité et la fonction au sein de la résistance sont restées un secret aussi.

C’est à ce moment que beaucoup ont appris qu’elle faisait partie des premières femmes qui ont travaillé dans la « Da‘awa » [l’appel] islamique et dans l’ascension de la « Hala al-islamiyat ». Terme se traduisant par « phénomène islamique », désignant l’environnement religieux, social du Hezbollah.

C’était dans les années 70 du siècle dernier. Une éclosion qui était alors entrée en symbiose avec la révolution islamique qui triomphait en Iran.

Elle faisait partie des femmes qui ont pris part à la résistance civile contre l’occupation israélienne du Liban, en 1982, « lorsque les femmes jetaient de l’huile en ébullition sur les soldats israéliens à Ter Debba », son village situé dans la province de Tyr. Entre temps, ses fils et leurs compagnons lançaient la résistance militaire.

On lui attribue une histoire, à cette même époque, très significative de sa patience. C’était lors de la mort de son premier martyr, Jihad, qui avait succombé dans l’attentat à la voiture piégée, à Bir al-Abed, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un attentat qui visait le grand religieux sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, en 1984.

Ce jour-là, tous les membres de sa famille étaient à jeun. Lors de la rupture du jeûne, à table, constatant leur manque d’appétit, elle les avait alors sermonnés : « Si nous sommes brisés par ce drame, il aura raison de nous. Il est interdit que nous faiblissions alors que nous ne sommes qu’au début de notre parcours. Allez manger. Demain sera un long jour».

Pour Hajj Imad, ces paroles ont été décisives dans sa vie de résistant : « C’est cette bouchée que tu m’as forcé à avaler qui m’a appris comment contrôler les moments difficiles que j’ai rencontrés », lui disait-il fréquemment, avait-elle rapporté.

« Cette grande lutte de la résistance, sa moitié vous est due », disait-elle en s’adressant aux femmes…

Lorsque Hajj Imad est tombé en martyr, dans un attentat près de Damas, c’est elle qui a consolé le chef du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah.

« Il était très chagriné. Je lui ai dit : Nous serons tous derrière toi. Dommage que je n’ai plus de fils pour qu’ils combattent entre tes mains », raconte-t-elle dans l’une de ses interviews.

Pour tous ceux qui ont côtoyé Oum Imad, lors des rencontres, des interviews, des colloques, des visites chez elle, sa maison étant devenue une destination incontournable pour les innombrables délégations, la Résistance était sa vocation. Elle en était devenue la porte-parole par excellence. Elle savait très bien la défendre, présenter ses atouts et ses apports.

Lors d’une interview chez elle, au village, elle avait cueilli un citron et l’avait donné à la journaliste, en disant : « Prends ce citron. Sans la résistance, il n’y aurait pas de citron ».

C’était comme si elle entretenait avec cette résistance une relation matriarcale. « Tous les martyrs sont Imad », se plaisait-elle à dire aussi, consacrant son titre de « Mère des martyrs ». »

Leila Masboudi

}« Elle était animée d’une flamme intérieure qui la poussait toujours à se poser la question  «Que dois-je faire pour la religion ? » à réfléchir puis à agir. »

}« Elle avait eu, tôt, une conscience aiguë de ses devoirs envers l’Islam, et cela, bien avant la victoire de la Révolution Islamique en Iran. Toujours optimiste, active, confiante en Dieu jusqu’aux derniers moments de sa vie. »

}« Oum ‘Imad faisait tout, elle-même. Sa maison restait impeccable. Elle se faisait un honneur de servir son mari, de lui préparer à manger de ses propres mains et de s’occuper de ses enfants. En même temps, elle était toujours prête à rendre service à l’extérieur et sa maison était toujours ouverte aux visites (des femmes, des jeunes, des sheikhs.. etc.) et aux cours. »

}« Elle était ferme dans ses positions tout en restant ouverte à tout le monde, toujours le sourire aux lèvres, faisant fi des divisions ou des susceptibilités entre certains. »

}« Elle veillait jalousement à l’éducation (notamment religieuse et morale) de ses enfants (trois garçons et une fille), ne les empêchant pas certes de rejoindre les mouvements de résistance d’alors, mais s’assurant que cet engagement ne remettait pas en cause les principes de leur éducation, leur pratique religieuse. Elle recommandait ses enfants aux sheikhs en qui elle avait confiance. Et elle voulait connaître les gens qu’ils fréquentaient, rendant visite à leurs familles, créant des liens personnels avec elles. »

}« Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de quelqu’un. Elle écoutait les gens avec un sourire puis les orientait là où elle voulait les mener.»

}« Quand elle vit qu’il n’y avait pas de vêtements adéquats aux femmes voilées, elle fonda le premier atelier de couture al-Batoul, se débrouillant à droite et à gauche pour apporter les matériaux nécessaires. A cette époque, les gens n’avaient pas d’argent mais ils travaillaient de bon cœur, pour Dieu car « ce qui est pour Dieu croît » »

}« Quand un malheur la touchait, elle ne baissait jamais les bras. Au contraire ! Elle disait que c’était une épreuve envoyée par Dieu Tout-Puissant dont il fallait tirer profit pour se renforcer et continuer la marche, pour préparer la sortie de l’Imam al-Mahdî(qa) ! »

}« Très tôt, elle se mit à organiser, dans sa maison, des cours de religion (de droit, de dogme, de ‘sirat’, de logique, de lecture du Coran et de son interprétation) pour les jeunes filles, se rendant chez les sheikhs pour qu’ils viennent les donner chez elle. Puis son initiative se développa, utilisant les locaux scolaires vides pendant l’été puis en fondant la première école religieuse, l’école de l’Imam al-Hussein(p). A cette époque, il n’y avait pas de ‘haouzah’ comme maintenant, la mosquée était réservée aux hommes et une femme voilée était vue avec mépris. »

« Soucieuse d’apprendre et de se former elle-même, elle a formé en même temps une nouvelle génération de jeunes, qui, à cette époque, avaient une douzaine d’années.. »

}« De l’aveu de Sayyed Hassan Nasrallah, tout le monde craignait Hajj Ridwane (Hajj Imad). Mais, celui-ci avait très peur de décevoir sa mère. »

}« Peu de temps avant la mort de Hajje Oum ‘Imad, un combattant vit Hajj ‘Imad en rêve portant de très beaux vêtements. Il lui demanda (dans le rêve) pourquoi ou pour qui il avait mis de si beaux vêtements. Il répondit qu’il allait accueillir sa mère. » Que Dieu lui fasse le meilleur des accueils !

www.lumieres-spirituelles.net N°95 - Jumâdî I & II 1440 - Janvier-Février 2019


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