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2019-07-01 | Readers 97 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-Burûj (les constellations) (85) (5)


Sourate al-Burûj  (les constellations) (85) (5)

بسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

إِنَّ الَّذِينَ فَتَنُوا الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ ثُمَّ لَمْ يَتُوبُوا فَلَهُمْ عَذَابُ جَهَنَّمَ وَلَهُمْ عَذَابُ الْحَرِيقِ (10)

Inna al-ladhîna fatanû al-mu’minîna wa-l-mu’minâti thumma lam yatûbû fa-lahum ‘adhâbu jahannama wa lahum ‘adhâbu-l-harîqi ;

Certes, ceux qui ont fait subir des épreuves aux croyants et aux croyantes et qui après ne se sont pas repentis, à eux le châtiment de l’Enfer et le supplice d’être brûlé ;

إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَهُمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ ذَلِكَ الْفَوْزُ الْكَبِيرُ (11)

inna al-ladhîna âmanû wa ‘amalû as-sâlihâti lahum jannâtunn tajrî min tahtihâ al-anhâru dhâlika al-fawzu al-kabîru ;

certes, ceux qui ont cru et accompli de bonnes actions, à eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, cela est le très grand triomphe ;

إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ (12) إِنَّهُ هُوَ يُبْدِئُ وَيُعِيدُ (13) وَهُوَ الْغَفُورُ الْوَدُودُ (14) ذُو الْعَرْشِ الْمَجِيدُ (15) فَعَّالٌ لِّمَا يُرِيدُ (16)

inna batsha rabbika la-shadîdunn ; innahu huwa yubdi’u wa yu‘îdu ; wa huwa al-ghafûru al-wadûdu ; dhû-l-‘arshi al-majîdu ; fa‘‘âlunn limâ yurîdu ;

certes, la Force de ton Seigneur est terrible ; certes, c’est Lui Qui commence et refait ; et Il est Celui qui pardonne sans cesse, le Tout-Affectueux, Possédant l’Arche, le Très-Glorieux, Faisant ce qu’Il veut.

Reprise de la sourate par groupe de versets en nous aidant de l’interprétation de cette sourate par sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthal, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de sheikh al-Hawîzî dans son Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn.

Nous avons précédemment réparti les versets de cette sourate en quatre groupes en nous appuyant sur des particularités communes aux versets de chacun des groupes. Nous sommes en train de procéder à une étude un peu plus approfondie de chacun de ces groupes, en prenant d’abord connaissance du sens des mots. Les versets de ce troisième groupe de versets commencent chacun par la particule d’insistance « inna » (certes) pour confirmer des vérités générales et insister sur leur inéluctabilité ; trois Vérités fondamentales (la dernière étant comme divisée en deux) que nous allons reprendre une par une. Voici l’étude de la première vérité.

ÉTUDE LEXICALE DU 3e GROUPE DE LA SOURATE

« inna » : particule introduisant nécessairement une phrase nominale pour mettre en valeur le terme de départ qui doit être au cas direct (se terminant par « a ») et insister dessus.

« fatanû » : verbe du mot « fitn » (ce qui entraîne dérangement, perturbation et trouble, désarroi (selon le contexte)) = mettre à l’épreuve, éprouver, faire subir des épreuves. On retrouve ce mot employé dans un contexte semblable : {Ils demandent : A quand le Jour du Jugement(11) Le jour où eux (hum) au (‘alâ) feu seront éprouvés (yuftanûn)(12). Goûtez à votre épreuve (fitnatakum) ; voici ce que vous cherchiez à hâter.(13)}(11-13/51 adh-Dhâriyât)

« yatûbû » : verbe « tâba » (dont l’idée fondamentale est le retour de façon générale (par ex. après avoir commis un péché, revenir à Dieu et regretter de l’avoir fait)) = revenir, se repentir, au temps « majzûn » précédé par la particule « lam » indiquant une négation dans le passé.

« al-harîq » : nom dérivé du verbe « haraqa » (= brûler avec chaleur et inflammation, entraînant de profondes transformations) = le fait d’être brûlé (par le feu ou autres).

ÉTUDE PLUS APPROFONDIE DU 3e GROUPE DE VERSETS DE LA SOURATE (1ère Vérité)

1)La première véritéannonce le châtiment inéluctable pour ceux qui font subir des épreuves aux croyants et qui ne se repentent pas après.

Plusieurs interrogations surgissent à propos de ce verset.

-Pourquoi l’emploi du verbe « fatana » (qui n’implique pas obligatoirement le fait de tuer, de châtier, qui est plus général), alors que dans le drame évoqué dans cette sourate, les croyants ont été tués et que Dieu Tout-Puissant dit par ailleurs : {Et celui qui tue (yaqtul) intentionnellement un croyant, sa rétribution est l’Enfer pour y demeurer éternellement. Dieu l’a frappé de Sa Colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment.}(93/4 Les Femmes)  Est-ce pour élargir à l’ensemble des exactions et pas uniquement au meurtre, au massacre ?

-Qui est désigné par « al-ladhîna », le sujet du verbe « fatanû » ?

Le fait de ne pas être précisé nommément implique, selon sayyed TabâTabâ’i, qu’il s’agit de tous ceux qui persécutent les croyants, quel que soit le temps ou le lieu, quelle que soit l’époque. Que ce soit les criminels d’al-Ukhdûd ou ceux de La Mecque au temps du Messager de Dieu(s) ou après.

On peut noter qu’il n’est pas dit précisément qu’il s’agit d’incroyants à la différence du verset 19, même si leur acte est clairement de l’incroyance.

-Par contre, pourquoi avoir précisé ici « les croyants et les croyantes » alors que dans le septième verset, le masculin l’avait emporté sur le féminin et que ce dernier n’avait pas été précisé ? Pour généraliser la valeur de cette vérité générale applicable à tous ?

-Pourquoi cette précision de « ne se sont pas repentis après » (alors qu’aucune allusion n’a été faite précédemment au repentir) ?  Est-ce parce que l’on se trouve dans le cas d’une vérité générale où tous les éléments doivent être clairement déterminés pour pouvoir être appliqués aux cas particuliers ?

Certes la menace du châtiment est un moyen pour pousser au repentir. Mais, ceux qui ont tué volontairement des croyants, ont-ils encore la possibilité de se repentir, de revenir à Dieu, de réussir leur repentir ?

L’évocation du repentir dans ce verset rappelle que cette éventualité est toujours possible, que, du côté de Dieu, la porte du repentir reste toujours ouverte, pour tous parce qu’Il est Celui qui pardonne sans cesse, le Tout-Affectueux.

Alors le problème se poserait du côté du fautif : celui dont les péchés ont noirci le cœur, qui s’entête dans ses péchés, qui a du sang de croyants sur ses mains peut-il encore réussir son repentir, revenir à Dieu ? Le cas évoqué dans ce verset vise justement ceux-là qui n’ont pas réussi, qui ne se sont pas repentis. On peut aussi comprendre de ce verset qu’il y a des gens qui se repentent malgré les épreuves qu’ils ont fait subir aux croyants. Peut-être n’ont-ils pas été jusqu’à tuer volontairement des croyants.

Certains commentateurs ont vu dans ce verset la confirmation de la présence d’un troisième groupe, celui de témoins.

-Pourquoi cette distinction entre le châtiment de l’Enfer et celui du fait d’être brûlé ?

Certains y voient la présence de différentes sortes de châtiment dont celui d’être brûlé avec une transformation profonde de la forme ; d’autres distinguent le châtiment de l’Enfer dans l’Au-delà et le supplice du feu en ce monde, en allusion à ce qui arriva aux d’al-Ukhdûd.

Ainsi, la réponse du serment qui n’avait pas été trouvée dans le 2e groupe de versets serait sous-entendue, suggérée dans cette 1ère vérité de ce 3e groupe de versets). C’est-à-dire, Dieu (Tout-Puissant) jure par les éléments grandioses évoqués dans le premier groupe de versets, que ceux qui persécutent les croyants seront châtiés du châtiment de l’Enfer, même du supplice du Feu !

Qu’est-ce que le repentir ?

Le repentir est que l’individu regrette ce qu’il a négligé envers Dieu, qu’il abandonne les péchés, en demandant pardon à Dieu Le Très-Haut et qu’il soit déterminé à ne plus les refaire. Le repentir sincère est celui qui est uniquement pour l’amour de Dieu puisqu’Il recommande à celui qui se repent de se départir de son manque et de purifier son âme. Et pour cela certaines conditions doivent être respectées :

La rapidité du repentir.

Il faut que le pécheur, après avoir commis le péché, prenne immédiatement l’initiative de se repentir par crainte de l’accumulation des ténèbres des péchés dans son cœur et de l’accaparement de la souillure au point de ne plus jamais retourner au bien et par crainte de l’arrivée, tôt ou tard, de la maladie ou de la mort. Dieu dit dans son noble Livre : {Dieu ne pardonne qu’à ceux qui font le mal par ignorance et qui s’en repentent, sitôt après. Dieu revient à eux. Dieu est celui qui sait et qui est sage. Mais il n’y a pas de pardon pour ceux qui font le mal jusqu’au moment où la mort se présentant à l’un d’entre eux, il dit : « Oui, je me repens, maintenant ! Il n’y a pas de pardon non plus pour ceux qui meurent en état d’incroyance, Voilà ceux pour lesquels nous avons préparé un châtiment douloureux.} ( 17-18/4 Les Femmes)

D’autres conditions sont évoquées par le Prince des croyants(p) en réponse à une personne qui dit dans son assemblée : « Je demande pardon à Dieu » : « Malheureux ! Est-ce que tu sais ce qu’est la demande de pardon ? La demande de pardon c’est un degré des ‘iliyines [degré élevé du Paradis]. C’est un nom qui a six sens :

1-regretter ce qui s’est passé ;

2-prendre la décision de ne plus jamais le refaire ;

3-rendre aux créatures de Dieu leurs droits afin de rencontrer Dieu Le Glorifié lisse de toute suite [des péchés] ;

4-se décider à toutes les obligations perdues et les accomplir à leur juste droit ;

5-s’en prendre à la chair qui a poussé dans l’interdit, la faire fondre par la tristesse jusqu’à ce que la peau colle aux os puis qu’après cela, une nouvelle chair repousse.

6-faire endurer au corps la douleur de l’obéissance comme il s’est délecté de la douceur des péchés. »

(Nahj al-Balâgha, Paroles 412 (ou 407 ou 417) p743-744)

www.lumieres-spirituelles.net No98 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1440 - Juillet-Août 2019


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