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2019-10-23 | Readers 63 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’Eglise orthodoxe éthiopienne (2)


L’Eglise orthodoxe éthiopienne (2)

(L’isolement de l’Eglise orthodoxe éthiopienne des autres églises)

Nous avons vu les débuts de l’Eglise orthodoxe éthiopienne dans le No 98 de la Revue L.S. jusqu’à l’accueil que fit le roi d’Abyssinie à la première délégation musulmane, envoyée par le Prophète Mohammed(s) sous la direction de son cousin Ja‘far fils d’Abû Tâleb at-Tayâr. la cinquième année après le début de la Révélation (~ 615 apJC).

—Le développement de l’Islam non seulement mettra un terme aux tendances expansives de l’Ethiopie vers le nord-est et vers la péninsule arabique, mais coupera les canaux historiques de communication avec le monde chrétien. Seul le contact avec Alexandrie subsistera. Cet isolement peut expliquer le caractère unique des traditions éthiopiennes, les cérémonies et les célébrations religieuses sont restées intactes depuis le IVe siècle. Le centre du pouvoir se déplacera vers les terres plus fertiles et humides du centre de l'Éthiopie mais le pays restera majoritairement, certes sujet à des rivalités.

—Vers 1140, les Zagoués(1), une famille du Lasta (Lalibela), arrivèrent au pouvoir. Ils ne s’appuyèrent pas que sur l’Eglise orthodoxe éthiopienne pour assurer leur suprématie mais aussi (et surtout) sur la structure féodale de leur Empire, en offrant aux seigneurs régionaux une relative autonomie. Le souverain le plus célèbre fut Gebre Mesqel ou « Lalibela » (1185-1225) qui ordonna la construction de onze églises taillées dans la roche (toujours fonctionnelles), lieu de pèlerinage à la place de Jérusalem à laquelle ils n’avaient pas accès. Les travaux de traduction des œuvres religieuses de l’arabe vers le ge’ez se poursuivent.

—En 1270, Yekouno Amlak, originaire d'une région périphérique du royaume appelée l'Amhara, s'empare du trône, renverse la dynastie des Zagoué et rétablit la dynastie des Salomonides(1). Durant cette période l'Éthiopie connaît une nouvelle phase de développement et de renforcement du christianisme orthodoxe avec un renouveau théologique, en tant que Yekouno Amlak va s’appuyer sur l’Eglise orthodoxe éthiopienne pour consolider son pouvoir, renforcer l’unité du royaume et intégrer les nouvelles régions conquises. Il désigne l'abbé du monastère de l'Amhara, installé sur une île du lac Tana, comme son plus proche conseiller et lui confère le titre de « gardien des heures » (titre auparavant réservé au seul Supérieur de l’église). Se revendiquant de la lignée du Prophète Sulayman(1), il se veut être représentant de Dieu sur terre, se plaçant en quelque sorte au-dessus de l'Église d'Éthiopie et de son évêque nommé par le patriarche d'Alexandrie. Des populations locales païennes se convertissent au christianisme (comme celles du Damot et du Godjam par le roi Zara Yacob (1436 à 1468)). Des guerres récurrentes sont menées contre les sultanats musulmans pour le contrôle des routes commerciales.

—Aux XIIIe et XIVe siècles, les moines évangélisent les territoires conquis tandis que les rois salomonides favorisent l’édification d'églises, de monastères et d’écoles monacales qu’ils placent directement sous leur pouvoir. La religion est diffusée dans tout le pays et un système éducatif (où l’on apprend à lire et à écrire) y est instauré. Le pays connait un développement liturgique et artistique débuté sous les précédents régimes

—Cette phase de prospérité s'achève au début du XVIe siècle, sous Lebne Dengel.

À la suite de la conquête ottomane du Proche et Moyen Orient, l'ensemble des communautés musulmanes de la Corne de l’Afrique disposant d'un soutien puissant se montrent de plus en plus agressives. En 1527, Ahmed Ibn Ibrahim al-Ghazi, surnommé Ahmed Gragne en Éthiopie, envahit l’Empire chrétien ; pendant une quinzaine d'années, les troupes musulmanes détruisent les lieux de cultes orthodoxes, pillent les monastères et s'emparent des trésors de l'Église. La quasi-totalité de l'héritage médiéval de l'Éthiopie chrétienne sera alors détruite.

(1)Selon une légende répandue en Ethiopie, le Royaume de la Reine de Saba - « Negeste Saba » (plus communément connue sous le nom de Makeda en Éthiopie ou encore Belquis dans le Coran ou Belqama au Yémen) s’étendait de l’Éthiopie au Yémen. La renommée du Royaume de nabi Sulayman(p) étant parvenue à elle, Makeda se résout à lui rendre visite à Jérusalem. La légende veut qu’à Jérusalem, la Reine de Saba se maria avec nabi Sulayman(p) et sa servante avec l’un de ses hommes et qu’à leur retour, elles se trouvèrent enceintes. Toutes deux eurent des fils – la Reine donna naissance au futur Ménélik I, le premier empereur éthiopien dont la descendance fondera la dynastie des Salomonides, et sa servante, à Ezana dont sa descendance fondera la dynastie des Zagoués. La Reine aurait envoyé son fils Ménélik I à Jérusalem pour que son père lui confère l’onction royale avant qu’il ne règne en Ethiopie. Ménélik I aurait-il alors reçu de son père l’Arche de l’Alliance ou l’aurait-il usurpée ? La légende ne le précise pas et les interprétations diffèrent. Quoiqu’il en soit, l’Ethiopie revendique à l’heure actuelle la présence de l’Arche à Aksoum, au nord de l’Ethiopie.

www.lumieres-spirituelles.net     No100 - Rabî‘ I & II 1441 – Novembre-Décembre 2019


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