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2019-10-23 | Readers 229 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’éducation de nos enfants au niveau des croyances (2)


L’éducation au niveau des croyances

2-Ses liensavec la « fitra », l’affectif, l’esprit

Une autre dimension de l’éducation de nos enfants : celle des croyances – à tenir compte dès le début. Non ! Il ne s’agit pas d’un endoctrinement mais de développer les potentialités existant chez tout être humain, à l’état d’embryon chez le tout jeune enfant. Pour dessiner le cadre général de cette dimension de l’éducation de nos enfants à ne pas négliger, nous avons traduit un entretien fait fin 2018 avec sayyed Abbas Noureddine sur l’éducation sur le plan des croyances (at-tarbiyyah al-‘aqâ’idiyyah) et présent sur le site : www.islamona.center*, que nous avons divisé en six parties. Après avoir vu la principale spécificité de l’éducation au niveau des croyances(1), voici la seconde partie.

6-Quelle est la relation entre la nature primordiale (« al-fitra »), les sentiments et les croyances ?

La « fitra » représente ce penchant qui est dans une étape de demi-conscience ou moins que cela, au début. C’est-à-dire, un penchant dont les enfants ne connaissent pas l’origine ni la raison de son développement, mais un penchant intérieur vers la perfection, suivi de la répugnance essentielle, naturelle de tout manque.

Quant aux questions de croyances, elles sont liées à ce qui est l’Être, l’Existence, la Vérité et elles traitent aussi des questions du faux, du vain, du néant et d’autres de ce genre.

Elles sont, elles aussi, liées aux perfections et aux manques, quand elles affirment l’Unicité de Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté) et nient l’associationnisme, quand elles affirment la vie après la mort et nient le néant absolu.

Et en regardant tout existant, tout être ou toute vérité, nous trouvons qu’ils se distinguent par la perfection. Par exemple, la Vérité absolue est la Perfection absolue. Tout mal, tout manque (en ce monde) revient au vain, au néant.

C’est pourquoi la « fitra » est liée d’un lien solide avec les croyances, de ce point de vue.

Quand nous faisons apparaître aux enfants la dimension de perfection dans ce que nous affirmons et la dimension de manque, de déficience dans ce que nous rejetons, nous trouvons que les enfants, de par leur « fitra », sont attirés vers ce qui est parfait et sont rebutés par ce qui est déficient ou nul.

Bien sûr, ce penchant naturel (de la « fitra ») fait naître chez l’enfant des sentiments d’amour et de répulsion, d’amour pour ce qui est parfait, beau, permanent et de la répulsion pour ce qui est déficient, laid, éphémère.

Par exemple, quand nous parlons de Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté), nous ne nous contentons pas de dire qu’Il est le Créateur de ce monde, mais nous parlons aussi de Ses Attributs de Perfection, de Sa Bonté, de Sa Beauté, de Son Amour, etc..(3) A ce moment l’enfant est attiré par Lui, pas uniquement parce qu’il croit en Lui, mais aussi parce que cela a créé en lui des sentiments d’amour pour Dieu, même à la première étape de sa vie.

7-Ainsi, il apparait que les questions de croyances sont liées à la raison, à la pensée, à la réflexion, avec un prolongement affectif. Qu’en est-il des connaissances, des informations ? Et aussi des habitudes, coutumes ou traditions ? Ont-elles aussi un rôle ?

L’être humain, de par sa nature primordiale (la « fitra »), réfléchit. La réflexion n’est pas quelque chose dont l’être humain peut se débarrasser. C’est pourquoi la question n’est pas au niveau de la réflexion, mais de l’orientation de la réflexion.

Ce qui nous importe est d’ouvrir à nos enfants les portes des questions importantes de la vie. Malheureusement, ce n’est pas ce genre de questions que l’ambiance générale, le milieu dans lesquels vivent nos enfants exposent. Au contraire, les questions qui sont exposées sont souvent superficielles, stupides, voire débiles, certaines d’entre elles enfantines convenant à l’âge de l’enfant. Il est très rare que l’on trouve des programmes télévisés, ou autres selon les médias, qui poussent les enfants à réfléchir sur des questions de croyances, sur des questions de l’existence. Même au niveau des livres, de l’école !

Certains considèrent que ces questions ne conviennent pas à l’âge des enfants.

Cela est certainement une erreur parce que nous remarquons que, quand de telles questions sur l’existence sont exposées aux enfants, ils y réfléchissent, ils y réagissent et atteignent des résultats importants.

L’apport d’informations, de connaissances peut avoir un rôle positif pour l’enfant en tant qu’elles lui élargissent l’horizon et son champ de réflexion. Mais, les parents doivent veiller à ne pas noyer l’enfant dans trop d’informations qu’il n’arriverait pas à gérer ou qui l’empêcherait de réfléchir de lui-même et de rechercher la vérité à partir de preuves et d’argument, sans parler du danger de « voiles » qu’elles pourraient créer sur le cœur de l’enfant, l’entraînant vers d’autres problèmes. 

Quant aux habitudes, traditions, coutumes, leur problème réside essentiellement au niveau de l’abandon de l’utilisation de la raison. Les versets coraniques(4) qui parlent de ce sujet, ne disent pas que les gens qui se réfugient dans les habitudes le font parce qu’ils n’ont pas de raison, mais ils affirment qu’ils ne l’utilisent pas, qu’ils n’agissent pas selon les principes primordiaux rationnels comme demandé.

Cependant, il est peu probable que l’enfant se réfugie vers les coutumes, les traditions, sauf :

-s’il sent de la faiblesse, résultat de la prédominance de la société, de la famille, de l’école ;

-ou si la famille les suit elle-même, les lui impose et lui demande de s’y plier sans preuve. Il s’y pliera sans doute lors de la première étape de sa vie, surtout si la famille manifeste de la satisfaction et si l’enfant se sent rassu. Mais quand il grandira, il commencera à les refuser, s’il ne reçoit aucun argument, aucune preuve de leur nécessité.

En fait, c’est aux parents de veiller à deux choses :

-assurer l’ouverture d’esprit de leurs enfants devant les grandes questions de la vie et du devenir dans l’Au-delà, en évitant de les réprimer sur le plan de la pensée (en fonction bien sûr de leurs capacités) ;

-refuser les habitudes, coutumes ou traditions, même si elles sont justes, en s’assurant que les enfants n’adoptent une pensée ou une croyance que s’ils en sont convaincus, avec preuves et arguments à l’appui. C’est ainsi que se réalise l’éducation rationnelle.

Par exemple, la question de l’Unicité divine. Ne pas se contenter de la déclaration de foi récitée à chaque prière, mais attirer l’attention sur le sens de l’Unicité jusqu’à arriver à ce que cette conviction se manifeste au niveau des actes, à travers aussi le refus de toute forme d’associationnisme, notamment les coutumes et les habitudes en tant que telles, en tant que leur a été donnée une force en dehors de Dieu.

8-Peut-on parler d’éducation spirituelle des enfants ? Est-ce que les croyances (ou le dogme) en font partie ou est-elle une autre sorte d’éducation avec des méthodes particulières ?

Il faut d’abord savoir ce qu’on entend par la spiritualité. Selon ce qui est connu à l’heure actuelle, la spiritualité constitue ces orientations et ces interactions avec ce qui est derrière ce monde sensible. Voilà ce qui est connu, répandu mondialement quand on parle de l’intelligence spirituelle ou de la spiritualité. Ils se sont mis d’accord sur le fait que la spiritualité est liée à ce qu’il y a derrière ce monde matériel.

Si l’on considère ce genre général de la spiritualité, alors il n’y a pas de doute que les croyances alimentent cette dimension spirituelle. Le dogme, les croyances constituent le plus important pilier de l’éducation spirituelle parce qu’ils renforcent, chez les enfants et chez tout être humain, de façon générale, l’attention, l’orientation et la préoccupation de ce qu’il y a derrière cette matière.

Les questions de dogme, de croyances sont les plus importants éléments qui alimentent l’éducation spirituelle et la maintiennent.

* http://www.islamona.center/2mv

(1)cf. L.S. No99 – tournant autour de la raison.

(2)cf. L.S. No93 pp26-27 Entretien de s. Abbas Noureddine sur « L’éducation de nos enfants » où est expliqué ce que représente la « fitra ».

(3)cf. L.S. No61 pp24-25 Entretien avec Ghada Huballah sur « Comment faire connaître Dieu à son enfant ? ».

(4)cf. 22 & 23/43 az-Zukhruf et 170/ 2 al-Baqara : {Ils disent : « Non ! Nous suivons ce sur quoi nous avons trouvé nos pères. » Et si leurs pères n’utilisaient en rien leur raison}

قَالُواْ بَلْ نَتَّبِعُ مَا أَلْفَيْنَا عَلَيْهِ آبَاءنَا أَوَلَوْ كَانَ آبَاؤُهُمْ لاَ يَعْقِلُونَ شَيْئاً

www.lumieres-spirituelles.net     No100Rabî‘ I & II 1441 – Novembre.Décembre 2019


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