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2019-12-24 | Readers 352 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’éducation de nos enfants au niveau des croyances (3)


L’éducation au niveau descroyances

3-Le rôle de la famille

Nous sommes en train d’aborder une autre dimension de l’éducation de nos enfants : celle des croyances – à tenir compte dès leur premier âge. Non pas en vue de les endoctriner mais de développer les potentialités existant en eux, à l’état d’embryon au tout début. Pour dessiner le cadre général de cette dimension de l’éducation de nos enfants à ne pas négliger, nous avons traduit un entretien fait fin 2018 avec sayyed Abbas Noureddine sur l’éducation sur le plan des croyances (at-tarbiyyah al-‘aqâ’idiyyah) et présent sur le site islamona.center*, que nous avons divisé en six parties. Après avoir vu la principale spécificité de l’éducation au niveau des croyances, ses liens avec la « fitra », l’affectif, l’esprit(1), voici la troisième partie.

11-Quel est le rôle de la famille dans l’éducation au niveau des croyances ?

Les croyances sont intégrées, mélangées à tous les détails de notre vie. Elles ne sont pas extérieures à elle ou quelque chose de passager auquel l’être humain est confronté à un moment donné de sa vie. Non ! Elles ne sont pas ainsi. Elles sont quelque chose de lié à la Présence divine, Son Existence, Sa Gestion.

Elles sont des choses vécues à chaque instant de la vie, imbriquées à tout notre devenir – comme les questions de la vie après la mort, des raisons de notre existence et de nos responsabilités sur terre.. Ce sont des questions que l’on ne peut pas séparer de notre vie [même si malheureusement nous les négligeons souvent].

De plus, dans la vie, il y a beaucoup de choses, de questions qui interpellent les enfants et les poussent à s’interroger (et à interroger les proches) sur des questions de croyances.

C’est donc aux parents d’être prêts à agir, à orienter, à soutenir cette réflexion chez leurs enfants, en les aidant à cela, en discutant avec eux de façon consciente et lucide.

Le plus important dans tout cela est de renforcer la dimension rationnelle, c’est-à-dire le raisonnement, la déduction logique, saine, juste dans ces questions.

Nos enfants vont certainement faire face à toutes ces questions de croyances durant leur vie. Que ce soit directement – s’ils vivent dans des situations de guerres, de misères, ou encore de cataclysmes – ou indirectement via les médias etc. Tout cela amène nos enfants à se poser des questions, à réfléchir et à interroger. Et dans de telles situations, le mieux pour les parents (la famille en général) est de chercher à renforcer le côté du raisonnement, de la déduction logique dans la personnalité de leurs enfants. C’est même leur rôle.

12-Y a-t-il un rôle particulier pour la mère dans ce cadre ?

Le père et la mère ont un rôle particulier. Je ne crois pas qu’ils se distinguent dans ce domaine.

Oui ! Sans doute, la mère, ayant une présence plus grande durant la première étape de la vie de l’enfant, doit-elle plus faire attention au fait que cette première étape est aussi importante que les autres suivantes au niveau des croyances et de la réflexion, même si cela n’apparait pas au niveau de l’enfant, et se préoccuper de cette dimension rationnelle au même titre qu’elle se préoccupe du corps, de la santé et autres besoins de l’enfant.

Cela demande un art particulier, parce que les enfants ne laissent pas apparaître, lors de leurs premières années de vie, cette dimension rationnelle. La mère a besoin d’une certaine habileté, ingéniosité pour développer cette dimension rationnelle.

Elle doit aussi profiter de ces différentes questions auxquelles les enfants sont affrontés durant leur petite vie, qui n’ont pas de relation directe avec le dogme mais qui peuvent avoir une relation directe avec la réflexion rationnelle. Là aussi, elle joue un rôle particulier en faisant attention à cela, en cherchant à alimenter et à développer cette dimension rationnelle chez ses enfants.

Et le plus important pour la mère est de ne pas utiliser, à cet âge de l’enfant, ce que nous appelons le « sophisme » (« al-mughâlatat », le raisonnement vicié utilisant de faux arguments ou aboutissant à une conclusion absurde) dans son comportement avec lui.

Un exemple de « sophisme » (« al-mughâlatat ») qui peut arriver : un enfant désire ardemment manger quelque chose par exemple d’acide, de très sucré ou de très salé. La mère ne devrait pas lui dire alors que cette chose est mauvaise ou laide, ou la lui interdire parce qu’elle est mauvaise ou laide, alors que l’enfant la trouve bonne ou belle et prend du plaisir à la manger. (L’enfant a peut-être un besoin particulier de cette matière acide (ou salée ou sucrée) pour la désirer de cette façon. Pourquoi ? Parce que l’interdiction de quelque chose d’agréable est ce qui fonde chez l’enfant, dans sa « fitra », dans son être – sans qu’il ne s’en rende compte – la répugnance de choses authentiquement jolies dans l’avenir, pour des grandes questions. C’est un exemple, parmi d’autres, auquel on doit faire attention et bien sûr plus particulièrement les mères au début.

13-Cela veut dire que la première responsabilité est de sauvegarder saine la « fitra » de l’enfant ? Certains parents, soucieux de donner à leurs enfants une éducation sur le plan des croyances, le font de façon dictée, alors que vous insistez sur l’importance de développer leur capacité de raisonner et de déduire. Est-ce à dire que les parents ne doivent pas s’asseoir avec leurs enfants et leur expliquer, et que leur comportement face à certaines situations ferait passer plus facilement les choses voulues ?

Oui ! Comme nous l’avons dit précédemment, les parents doivent veiller à sauvegarder la « fitra » et à la développer, à la renforcer de façon saine.

Quant à la « dictée » (talqîn), elle n’a en fait un grand défaut que dans une seule situation : si celui qui dicte, qui diffuse son enseignement sous forme de dictée, vit lui-même une dualité. C’est là où réside le grand danger de la « dictée ».

Par exemple, un des parents recommande quelque chose à son enfant et l’enfant voit – et il le voit sûrement, pas comme nous l’imaginons – qu’il n’applique pas ce qu’il lui a recommandé, qu’il ne le met pas en pratique dans sa propre vie. C’est cela le grand danger. Ce qui a été dicté se retourne en lui, en son for intérieur, au contraire de ce qui est demandé.

Par contre, si nous supposons un être humain majestueux, sincère, crédible, pur, hautement considéré dans les âmes, et notamment dans l’âme de cet enfant, qui lui dit que « Dieu est Un » – sans explication ou démonstration supplémentaires. Il est certain que là l’Unicité divine a pénétré dans le cœur de cet enfant, s’y est établie et y restera jusqu’à la fin de sa vie. Ce genre d’appel, d’annonce est positif.

Ainsi, le danger de la dictée réside dans le fait que celui qui dicte une vérité, ne la dit pas du fond de son cœur. L’enfant remarque cet ordre – je le répète – beaucoup plus que se l’imaginent les grands. C’est-à-dire l’enfant remarque le côté de sincérité ou d’hypocrisie dans la personnalité de cette personne.

C’est pourquoi, quand les enfants entendent leur père (ou mère) leur parler de questions de croyances auxquelles il (ou elle) ne croit pas, ou fait semblant d’y croire, ils le sentent. Cela peut semer des graines d’hypocrisie dans leur propre personnalité – ce qui est le contraire de ce qui est voulu. C’est là que réside le danger de la « dictée ». Au moindre mal, les paroles de ce parent n’auront aucun effet sur lui.

23-Comment des parents qui n’ont pas assez de connaissance sur le plan des croyances peuvent-ils aider leurs enfants ?

« Celui qui n’a pas une chose ne peut pas la donner » dit le dicton. Si des parents, au niveau d’eux-mêmes, n’ont aucune préoccupation pour les croyances et la foi, il est difficile qu’ils aient un rôle positif dans l’éducation de leurs enfants dans ce domaine. Il nous faut faire attention à cela.

Les croyances ne sont pas comme la musique par ex. Un père peut ne pas être musicien et éduquer ses enfants à la musique, en leur présentant des instruments de musique, en leur amenant un professeur de musique ou en les enregistrant dans un institut de musique d’où ils sortiront avec des capacités musicales. Mais les croyances ne sont pas comme cela.

Tout manque ou toute défaillance dans la personnalité des parents se reflèteront négativement chez les enfants. C’est pourquoi la réponse unique ici est que chaque fois que les parents chercheront à développer leur propre personnalité sur le plan des croyances, cela aura un effet positif sur les enfants et amènera un renforcement de leur rôle d’éducateur dans le domaine des croyances. Les parents doivent commencer par eux-mêmes, se préparer eux-mêmes pour pouvoir éduquer les autres. L’éducation sur le plan des croyances n’est pas quelque chose de passager dans la vie des enfants. Si nous voulons leur transmettre cette éducation saine, il faut commencer par nous-mêmes. Puis viennent les questions de méthodes et d’autres points.

* http://www.islamona.center/2mv

(1)cf. L.S. No99 & 100

www.lumieres-spirituelles.net     No101 Jumâdî I & II 1441 – Janvier.Février 2020


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