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2020-02-21 | Readers 296 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Bhimrao Ramji Ambedkar (1891-1956)


Bhimrao Ramji Ambedkar (1891-1956)

Peut-on revendiquer une certaine spiritualité, une lutte victorieuse contre le « moi » et l’attachement à ce monde et mener une politique (injuste) de divisions la société en castes immuables ? A cette question, Bhimrao Ramji Ambedkar répondit par la négative de façon catégorique. Originaire de la caste des « intouchables », il ne mena pas seulement un combat sur le plan juridique et politique pour obtenir des droits aux « intouchables », mais il s’attaqua au problème de fond qu’il rattacha à la religion dominante du pays, l’hindouisme.

Bhimrao Ramji Ambedkar (né le 14-4-1891 à Mhow en Madhya et décédé le 6-12-1956 à Delhi), surnommé Babasaheb Ambedkar, était un juriste et un homme politique indien. Il fut le principal rédacteur de la constitution de l’Inde et ministre de la Justice (1947-1951). Mais il était surtout connu comme leader des intouchables dont il était originaire, prêt à lancer des mouvements de désobéissance civile pour leur permettre de rentrer dans les temples ou boire de l’eau des fontaines.

Quand il devint convaincu que le statut d’« intouchabilité », lié au système des castes, était inhérent à l’hindouisme, il changea radicalement au niveau de ses croyances. Il commença à dénoncer ce que l’hindouisme véhiculait en croyances qui renforçaient l’esprit de castes, justifiaient et perpétuaient l’injustice à l’encontre des autres catégories sociales (comme les intouchables).

Puis il se mit à chercher ailleurs ce qui pourrait répondre à ses aspirations fondamentales de perfection-nement et à ses exigences de justice.

Il devint convaincu que le bouddhisme était la meilleure religion assurant à la fois une vie spirituelle sereine et une situation matérielle et sociale possible.

Le 14 octobre 1956, à Nagpur, il décida de renier publiquement l’hindouisme et de se convertir au bouddhisme, devant près de 380 000 « intouchables », en prenant de Bhadant U Chandramani (un des plus anciens moines bouddhistes en Inde à l'époque) les Trois Refuges et les Cinq Préceptes, de la façon traditionnelle.

Il le fit sous forme d’une déclaration publique de 22 vœux qu’il avait lui-même rédigés.

« 1- Je n’aurai pas de foi en Brahma, Vishnou et Makeshwara et je ne les vénérerai pas. 2-Je n’aurai pas de foi en Râma et en Krishna, qui sont considérés comme des incarnations de Dieu, et je ne les vénérerai pas. 3-Je n’aurai pas de foi en Gauri, Ganapati et autres dieux et déesses des hindous, et je ne les vénérerai pas. 4-Je ne crois pas à l’incarnation de Dieu. 5-Je ne crois pas et ne croirai pas que le Seigneur Bouddha était l’incarnation de Vishnou. Je crois que ceci est simple folie et fausse propagande. 6-Je ne ferai pas de Sraddha (rituel fait aux ancêtres), et ne donnerai pas de pind-dan (offrande hindoue). 7-Je n’agirai pas d’une manière violant les principes et l’enseignement du Bouddha. 8-Je ne permettrai pas que des cérémonies soient menées par des brahmanes. 9-Je croirai en l’égalité des hommes. 10-Je m’efforcerai d’établir l’égalité. 11-Je suivrai le Noble Chemin octuple du Bouddha. 12-Je suivrai les dix paramitas prescrites par le Bouddha. 13-J’aurai de la compassion et de la bienveillance envers tous les êtres vivants, et je les protégerai. 14-Je ne volerai pas. 15-Je ne mentirai pas. 16- Je ne commettrai pas le péché de la chair. 17-Je ne prendrai pas d’intoxicants tels que l’alcool, les drogues, etc. 18- Je m’efforcerai de suivre le Noble Chemin octuple et de pratiquer la compassion et la bienveillance dans la vie quotidienne. 19-Je renonce à l’hindouisme, qui défavorise l’humanité et qui empêche son avancée et son développement, car il est basé sur l’inégalité, et j’adopte le bouddhisme comme religion. 20-Je crois fermement que le Dhamma du Bouddha est la seule religion. 21-Je considère que je suis né à nouveau. 22-Je déclare solennellement et j’affirme que dès maintenant je mènerai ma vie selon les enseignements du Dhamma du Bouddha. »

On peut noter que le rejet des croyances hindouistes (les vœux de 1 à 5) précède l’adoption des cinq préceptes bouddhiques, le premier sous sa forme positive, les quatre autres sous leur forme négative (les vœux de 13 à 18). Ces vœux insistent très clairement sur le fait que l’entrée dans le bouddhisme signifie le fait de quitter définitivement la religion et la vie hindoues, afin d’éviter tout amalgame ou syncrétisme entre bouddhisme et hindouisme.

 

À la suite de cela, il organisa une conversion massive au bouddhisme des « Intouchables » présents qui le désiraient et il leur administra ses 22 vœux. C’est ainsi qu’Ambedkar réintroduisit le bouddhisme en Inde, en lui impulsant un mouvement de renouveau (appelé « mouvement du bouddhisme Dalit »), après qu’il eut quasiment disparu du sous-continent indien au début du XIIIe siècle.

www.lumieres-spirituelles.net     No102  -  Rajab-Sha‘bân 1441 – Mars-Avril  2020


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