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2020-06-16 | Readers 268 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

A propos de l’Apocalypse de Jean (1)


A propos de l’Apocalypse de Jean (1)

Un article écrit par Régis Burnet sur l’Apocalypse de Jean* a particulièrement attiré l’attention de la revue Lumières Spirituelles. Il expose différentes interprétations de ce Texte de Jean (a)), avec les commentaires de l’auteur Régis Burnet (b)) qui se veulent « scientifiques » selon des critères actuels (matérialistes) occidentaux. La revue L.S. en reproduit ici les principaux passages avec des remarques ajoutées entre crochets.


[R.B. commence par récuser l’interprétation catastrophique de l’Apocalypse de Jean et constate que cette interprétation est très récente, de plus reprise et largement diffusée par les médias pour en faire une idéologie dominante à l’heure actuelle aux Etats-Unis.]

1-a)« Dansla cinquième saison de « Supernatural » une série télévisée à succès diffusée depuis douze ans aux Etats Unis, les héros, Sam et Dean Winchester, doivent empêcher Lucifer, tout frais sorti des Enfers, de déclencher l’Apocalypse. Ses nuées de démons et les Quatre Cavaliers (la famine, la peste, la guerre, la mort) conduisent pour l’occasion de grosses voitures américaines de couleur noire, blanche, rouge et crème. Grâce à l’aide d’un ange quelque peu déchu, les frères Winchester parviennent à éviter de justesse la fin du monde. Juste illustration de la culture populaire, cette série fantastique pour adolescents reprend les poncifs qui circulent sur l’Apocalypse de Jean: un ouvrage rempli de bruit, de sang et de fureur, qui décrit un futur épouvantable, où seuls quelques-uns seront sauvés.

b)Assez curieusement, cette lecture, que l’on pourrait croire très classique, n’apparaît pas avant le milieu du XIXesiècle et provient de sphères pentecôtistes américaines, qui interprétaient l’Apocalypse comme une annonce des événements à venir dans les derniers temps. Cette théorie pessimiste, appelée «dispensationalisme»(1), voit dans la période ultime (la «dispensation» finale) un moment d’épreuve où se révélera le tout petit nombre des élus. »

[En contrepartie, R.B. présente une autre approche de ce texte faite par des « spécialistes de la Bible ».]

2-a)« Pour contrer cette lecture, tellement répandue par le biais du cinéma et de la littérature qu’elle en paraît consacrée, les spécialistes de la Bible produisent alors une vision du livre, présentée comme « nouvelle », beaucoup plus optimiste. Celle-ci note :

—que le mot « apocalypse », en grec, ne signifie pas « terrible catastrophe à laquelle l’humanité n’échappera pas [(…)] », mais bien « révélation » ;

—que le lecteur y est confronté à une sorte de récits « à clefs » dans lequel il peut reconnaître de nombreux évènements du contexte historique de l’auteur [Jean]– le 1er siècle –, comme les famines en Asie Mineure où Jean résidait, les incessantes guerres civiles du temps de Néron et de ses successeurs, les persécutions qui touchaient les chrétiens.

—L’Apocalypse ne parle pas du futur, mais du présent, martelèrent les biblistes, et d’ailleurs elle finit bien puisque Satan et ses satellites sont définitivement vaincus, tandis que la Jérusalem qui descend du ciel annonce de nouvelles révélations avec Dieu.

—Elle a donc pour but de rassurer des communautés en butte à l’oppression du pouvoir romain, et non de les inquiéter. »

b)« A vrai dire, il n’y a pas plus traditionnelle que cette analyse, puisqu’elle domine toute histoire des interprétations du livre à de très rares moments près – comme le XIIIe siècle d’un Joachim de Flore(2) ou l’époque des réformes [avec Calvin & Luther fin XVIe-XVIIe s] –.

C’est celle que défend d’ailleurs Augustin(3) dans la Cité de Dieu (Ve siècle), qui enseigne qu’il faut comprendre l’Apocalypse comme un discours symbolique sur le présent. La Jérusalem céleste n’est pas un lieu, mais une expérience qui se vit continuellement au présent : elle naît dans l’âme de celui qui croit avec foi, tandis que la Babylone terrestre représente ceux qui refusent la loi de Dieu.

[RB fait le point sur la situation des théories novatrices actuelles qui qualifient la démarche de Jean comme étant une « magistrale leçon d’économie et de politique ».]

*L’Apocalypse selon Jean Nouvelles révélations,par Régis Burnet, professeur du Nouveau Testament à l’Université catholique de Louvain en Belgique - publié No26 dans le numéro 26 Hors-Série du Monde des religions du 03/08/2016, pp10-14.

(1)Cf. L.S. No57 John Nelson Darby (1800-1882) fondateur de cette théorie (2)Cf. L.S. No27 – (3)Cf. L.S. No22

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